Sondage IFOP 9 Mars 09
Santé et protection sociale : les médecins jugent sévèrement l'action de
Sarkozy
Le gouvernement et la ministre de la Santé ont du travail pour convaincre
les médecins des avancées du projet de loi « Hôpital, Patients, Santé et
Territoires ». Qu'il s'agisse des praticiens hospitaliers ou des libéraux,
la désillusion est flagrante, comme le montre le sondage réalisé auprès de
ces deux populations médicales par l'IFOP pour le Quotidien. La situation
est d'autant plus préoccupante pour le pouvoir que sept médecins sur dix,
PH et libéraux confondus, portent un regard très critique sur la politique
menée par Nicolas Sarkozy en matière de santé et protection sociale.
LA LUNE DE MIEL semble bel et bien terminée entre les médecins et le
Président de la République. Selon le sondage réalisé par l'IFOP pour le
Quotidien (1), après de 502 médecins hospitaliers et libéraux, 70 % des
praticiens s'affirment déçus par la politique menée par Nicolas Sarkozy et
le gouvernement en matière de santé et de protection sociale. Seuls 28 %
des médecins approuvent l'action du Chef de l'État. PH et libéraux sont
aussi sévères les uns que les autres. Ce résultat confirme la désillusion
du corps médical. S'agissant des seuls médecins libéraux, les lecteurs du
Quotidien se souviennent qu'ils approuvaient la politique de Nicolas
Sarkozy à 57 % en septembre 2007?; ils n'Útaient plus que 38 % en fÚvrier
2008, puis 37 % en septembre dernier. Ils sont seulement 28 % aujourd'hui.
La dÚcrue est forte et atteint mÛme les Úlecteurs du PrÚsident, puisque 51
% de ceux qui ont votÚ pour lui en mai 2007 portent aujourd'hui un
jugement nÚgatif sur son action dans le domaine de la santÚ. « Le décrochage est plus important
chez les médecins que dans le reste de
la population », commente Damien Philippot, directeur d'études à l'IFOP. Il est certain
que les inquiétudes nées des débats autour du projet de loi « Hôpital,
Patients, Santé et Territoires », peuvent en grande partie expliquer ces
mauvais résultats pour le Président et le gouvernement.
Sans ambiguité
Ces résultats montrent aussi que les arguments avancés par les
responsables de l'UMP pour convaincre les praticiens hospitaliers que la
loi Bachelot ne leur était pas défavorable, n'ont pas été entendus. Entre
les propos du Pr Bernard Debré, jugeant que ce projet donnerait tout
pouvoir aux directeurs d'établissements de soins et ceux du Pr Philippe
Juvin, secrétaire national de l'UMP affirmant le contraire (voir le
Quotidien du 25 et du 26 février 2009), les praticiens hospitaliers, et
même les médecins libéraux ont été plutôt sensibles aux arguments du
premier. Ainsi, seuls 7 % d'entre eux estiment que cette loi renforce le
pouvoir du médecin. Alors que 79 %, (mais 84 % de l'ensemble des PH et
même 91 % des médecins de CHU-CHR, 92 % des autres Centres hospitaliers)
estiment qu'elle plutôt favorable aux directeurs d'établissements.
Le résultat est donc sans ambiguïté, même s'il est vrai que 18 % des
libéraux (et 8 % des PH) n'ont pas voulu se prononcer, sans doute par
méconnaissance de cette disposition. L'opposition est forte dans
l'ensemble du monde médical et le gouvernement avec l'aide de ses relais
régionaux UMP, aura fort à faire pour inverser la tendance.
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