Libération: 30/12/2008
A l'hôpital, «les services de réanimation se remplissent mais ne se vident pas» INTERVIEW Pour le
professeur Bertrand Guidet, de l'hôpital Saint-Antoine à Paris, le patient mort ce week-end faute de
soins a «probablement été victime de l'engorgement des services hospitaliers».
Recueilli par MARIE PIQUEMAL
Dans la nuit de samedi à dimanche, un homme est décédé d'un arrêt cardiaque alors que les équipes
de secours tentaient de lui trouver un lit dans un service de réanimation approprié.
Ce drame est révélateur des dysfonctionnements du système hospitalier français et en particulier des
services de réanimation, explique le professeur Bertrand Guidet, responsable du pôle urgence à
l'hôpital Saint-Antoine à Paris et président de la Société de réanimation de langue française.
Y a-t-il en France un déficit de lits dans les services de réanimation ?
C’est très variable selon les régions. Dans le Nord, le manque de lits est un problème récurrent. En
revanche, à Paris, la situation est moins tendue avec près de 1.200 lits sur 6.000 au total en France.
Alors comment expliquer que samedi soir, ce patient n’ait pas eu rapidement une place dans un
service de réanimation adapté?
Ce n’est pas tant le nombre de lits disponibles en service de réanimation qui pose problème que la
manière dont ils sont utilisés. Une partie des lits en réanimation est occupée par des malades qui
n’ont rien à y faire ! On est pourtant obligé de les garder faute de pouvoir les transférer dans les
services classiques de l’hôpital qui sont saturés. Autrement dit, les services de réanimation se
remplissent mais ne se vident pas…
Est-ce la raison qui explique le décès de ce patient samedi selon vous?
Il est encore trop tôt pour se prononcer sur ce drame: une enquête est en cours. Mais il semble très
probable en effet que ce patient ait été victime des dysfonctionnements de l’hôpital public,
particulièrement exacerbés en période hivernale. Quand la demande de soin augmente d’un coup (à
cause d’une épidémie par exemple), les hôpitaux n’ont aucune réserve de sécurité. Alors bien sûr,
en fonctionnant à flux tendu, certains malades subissent une «perte de chance».
Qu’entendez-vous par «perte de chance»?
Reprenons le cas de ce patient décédé samedi soir. Rien ne dit qu’il aurait survécu s’il avait été pris
en charge rapidement et dans les meilleures conditions. Mais à partir du moment où tout n’a pas pu
être mis en œuvre pour le sauver, il y a problème. Et donc perte de chance potentielle.
La qualité de l'hôpital public mise en accusation
LE MONDE | 30.12.08 | 12h04 • Mis à jour le 30.12.08 | 12h04
La mort, à quelques jours d'intervalle, de deux personnes en région parisienne
repose le problème des urgences hospitalières et de l'hôpital. Il y a d'abord eu
celle d'un enfant de 3 ans, mercredi 24 décembre, après l'injection par erreur
d'un produit à l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul (Paris), puis celle d'un homme de
57 ans victime d'un malaise cardiaque dimanche 28. Il a été pris en charge par
le SAMU de l'Essonne sans que ce dernier ne trouve un lit en réanimation, malgré
24 appels. Une place s'est finalement libérée, mais le patient est décédé en
arrivant.
Pourtant, a affirmé lundi 29 Roselyne Bachelot, la ministre de la santé, "nous
avions onze lits disponibles en région parisienne, à moins de vingt minutes du
malade". Pour Mme Bachelot, "il y avait une offre de soins qui n'a pas rencontré
la demande".
Après la plainte contre X pour non-assistance à personne en péril déposée par
l'épouse du malade, une enquête pénale devait être ouverte à Evry. La ministre a
demandé à l'Inspection générale des affaires sociales d'éclairer les "zones
grises" et les raisons des délais "incompréhensibles" de l'affaire de l'Essonne.
Syndicats, mutuelles et partis d'opposition dénoncent le manque de moyens de
l'hôpital public. Le ministère, comme l'UMP, n'y voit qu'un problème de
régulation et de pilotage régional des hôpitaux d'Ile-de-France.
Le budget de l'hôpital est-il insuffisant ?
La ministre de la santé met en avant l'augmentation de 3,2 % de l'enveloppe
budgétaire de l'hôpital dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour
2009, adoptée en décembre, mais aussi les 7 500 places nouvelles et les 5 200
embauches réalisées de 2003 à 2007. Pourtant en novembre, dans une démarche
inédite, l'ensemble des présidents des comités consultatifs médicaux des 37
hôpitaux de l'AP-HP ont dénoncé "l'étranglement financier délibéré" de leurs
établissements et des "restrictions budgétaires sans objectifs médicaux",
aboutissant à "une paupérisation de nos hôpitaux et à un découragement de
l'ensemble des personnels". Qui a raison ? "Les deux affirmations sont exactes,
répond Edouard Couty, ancien directeur des hôpitaux au ministère, enseignant à
la chaire Santé de Sciences-Po. Il y a bien une augmentation au niveau
macroéconomique, mais depuis 2008, la tarification à l'activité est devenue la
seule source de financement pour les activités de court et moyen séjours, ce qui
a plongé tous les CHU dans le rouge." Le problème vient du fait que les tarifs
établis par l'Etat pour certains actes médicaux sont sous-évalués. "L'hôpital
public assume des activités qui lui coûtent plus qu'elles ne lui rapportent."
En réalité, conclut ce spécialiste, "le système fonctionne avec des ordres
contradictoires : l'hôpital doit fournir plus de qualité, plus de sécurité, être
plus rationnel, tout en réalisant plus d'économies".
A-t-on fermé trop de lits ?
L'ouverture administrative d'un lit nécessite un nombre minimal de personnels.
Par exemple, en réanimation, il faut deux infirmières pour cinq malades, ainsi
qu'une aide-soignante pour quatre malades. Dans la réalité, des lits restent
ouverts sans respecter ces normes. Mais en fin d'année, lorsqu'il faut tenter
d'équilibrer le budget de l'établissement, la pression pour suivre les normes
devient plus forte. La masse salariale, qui représente 70 % des dépenses, sert
souvent de variable d'ajustement budgétaire. Les syndicats ont dénoncé à
plusieurs reprises les manques d'effectifs.
Les hôpitaux et les pouvoirs publics pratiquent une gestion prévisionnelle des
besoins en lits. L'AP-HP fonctionne avec "20 à 30 lits de réanimation
disponibles", explique son directeur général, Benoît Leclercq. Mais celui-ci
souligne que pendant les périodes de fêtes, la tension est plus importante. Le
directeur adjoint de l'agence régionale de l'hospitalisation d'Ile-de-France,
Jean-Yves Laffont, précise qu'il est arrivé plusieurs fois de tomber "en dessous
des 20, voire en dessous des 10 lits de réanimation disponibles et qu'il n'y a
eu aucun problème".
Ce fonctionnement à flux tendu pèse sur les responsables hospitaliers. "Les
directeurs d'hôpitaux jouent leur tête. Ils risquent d'être virés si le budget
est en déséquilibre, explique M. Couty. Il y a donc besoin d'une autorité de
coordination qui prenne la responsabilité d'ordonner la réouverture de lits
quand ceux disponibles vont commencer à manquer." Mme Bachelot a insisté, lundi,
sur la nécessité d'une régulation régionale des lits disponibles.
Les 35 heures sont-elles responsables des difficultés de l'hôpital ?
La mise en oeuvre des 35 heures à l'hôpital à partir de 2002 s'est accompagnée
d'une désorganisation dans les services. Mais M. Couty conteste que les effets
s'en fassent encore sentir. "Nous avons épongé des problèmes comme celui du
manque d'infirmières en augmentant le nombre de celles sortant des instituts de
formation", assure-t-il. En revanche, l'ancien directeur des hôpitaux reconnaît
que plusieurs freins empêchent une bonne mutualisation des moyens en Ile-de-
France et pénalisent fortement l'AP-HP par rapport à d'autres régions.
La sécurité des patients est-elle compromise aux urgences ?
"La sécurité des patients n'est plus assurée pendant cette période de fêtes", a
affirmé Patrick Pelloux, président de l'Association des médecins urgentistes de
France (Amuf), au lendemain du drame de l'Essonne. Le président de SAMU de
France, Marc Giroud, a lancé une "alerte rouge" avant le "double pont du Jour de
l'An", demandant "la réouverture des lits de réanimation qui ont été fermés tout
à fait à tort pendant cette période de forte activité saisonnière".
L'USAP-CGT rappelle que "tous les jours les professionnels de santé sauvent des
vies en situation dégradée". Au-delà des mesures immédiates prises après les
deux drames de décembre, c'est l'adaptation des moyens et de l'organisation de
l'hôpital à sa mission de service public qui se joue. Le gouvernement compte sur
son projet de loi "Hôpital, patients, santé et territoire", qui doit être soumis
au Parlement début 2009. Ses adversaires dénoncent la logique d'"hôpital
entreprise" contenue dans la réforme.
Paul Benkimoun
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CHIFFRES
ACTIVITÉ.
En 2006, près de 8,4 millions de personnes ont été hospitalisées dans les
établissements publics, près de 3,5 millions en secteur privé à but lucratif et
1,2 million dans le secteur privé à but non lucratif. Pour le secteur public,
cela représente 260 000 hospitalisations de plus qu'en 2004.
NOMBRE DE LITS.
En 2006, l'offre hospitalière était de 451 652 lits, dont 293 667 dans le
secteur public, 94 571 dans le secteur privé à but lucratif et 63 414 dans le
secteur privé à but non lucratif. Le nombre de lits a décru de manière
significative, avec la suppression de près d'un lit sur quatre dans le public et
de près d'un lit sur cinq dans le privé par rapport à 1981.
OBJECTIFS.
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2009 prévoit 50,9 milliards
d'euros de dépenses pour l'hôpital, sur un total de 157,6 milliards d'euros pour
la santé. La somme prévue pour les soins de ville est de 73,2 milliards d'euros.
URGENCES.
Les 625 unités d'accueil et de traitement des urgences ont reçu plus de 15
millions de personnes en 2008 (1 million de plus qu'en 2004).
Article paru dans l'édition du 31.12.08
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Hôpital : "Cela fait des années que la pénurie en
personnels est organisée"
LE MONDE | 30.12.08 H| 08h28 • Mis à jour le 30.12.08 | 10h50
Patients plus nombreux, 35 heures, nouvelles règles de gestion : les conditions
de travail à l'hôpital ont changé ces dernières années. Trois professionnels
témoignent d'une situation tendue.
Dominique Lahbib, infirmière à l'hôpital Paul-Brousse à Villejuif (Val-de-Marne)
: "En trente-sept ans d'exercice, j'ai vu se dégrader les conditions d'accueil
et de travail, alors que, dans le même temps, la qualité technique progressait.
Concrètement, les infirmières ont beaucoup moins de temps pour parler aux
patients, les informer, eux et leurs familles, les rassurer. Les conflits
augmentent aussi parce que nous n'avons plus la disponibilité pour expliquer.
Qu'une famille porte plainte est normal, elle a besoin de savoir ce qui s'est
passé. Nous, on court tout le temps et on finit par zapper les familles.
Cela fait des années que la pénurie de personnel est organisée : moins
d'infirmières, d'aides-soignantes, de manipulateurs radio. S'il y avait plus de
brancardiers, on n'aurait plus à faire du brancardage. Le problème est le même
avec la diminution du personnel administratif, ce qui nous contraint à faire
plus de papiers. Les conditions de travail et les responsabilités font fuir les
jeunes."
Professeur Rémy Nizard, service de chirurgie orthopédique et traumatologique de
l'hôpital Lariboisière (Paris) : "Faute de place, l'Assistance publique-Hôpitaux
de Paris (AP-HP) refuse chaque année 5 000 à 6 000 victimes de traumatismes, qui
sont transférées vers le privé. Cela fait des années que cela dure. J'ai
toujours l'impression d'être sur le fil et les choses se sont aggravées.
Nous prenons en charge des problèmes sociaux que d'autres ne veulent pas
assumer. Dans ma spécialité, les trois hôpitaux de la zone Nord-Paris
accueillent en moyenne 13% de patients en situation précaire; ils ne
représentent que 6% dans d'autres hôpitaux de l'AP-HP.
Les 35 heures ont beaucoup désorganisé, mais d'autres facteurs se sont ajoutés,
comme le manque d'organisation dans la gestion des lits disponibles.
L'accumulation des réformes hospitalières – une tous les trois ou quatre ans –
empêche de construire sur la durée et favorise les conflits de pouvoir. Sans
oublier les logiques purement financières : un responsable financier a demandé
au chef d'un service de soins palliatifs comment il comptait améliorer le
turnover de ses lits… Il faut au contraire donner les moyens de fonctionner et
investir dans la santé."
Christine Welty, directrice de l'hôpital Beaujon, à Clichy (Hauts-de-Seine) :
"L'hôpital public fonctionne 24 heures sur 24. Le nombre des personnes affectées
aux activités est très réglementé, on ne peut pas faire n'importe quoi. Avec les
congés et les 35 heures, cela signifie que je dois fermer des lits à certaines
époques de l'année comme les fêtes ou les mois d'été. Actuellement, j'ai 343
lits ouverts sur une capacité de 471 normalement.
On redimensionne alors nos capacités d'accueil, en décommandant des malades
programmés afin de garder des lits pour les personnes qui arrivent en urgence.
On peut aussi refuser un patient quand on sait que l'on ne pourra pas le
surveiller après une intervention ou lui donner un lit. En cas de refus, le
médecin orienteur du SAMU donne une autre direction. L'Agence régionale
d'hospitalisation sait parfaitement le nombre de lits vacants et où ils sont.
Quant aux accidents, ils ne sont pas tous dus au manque de personnel. Depuis que
je suis directrice d'hôpital, en 1991, j'ai toujours connu des budgets
inférieurs à ce qui était nécessaire. On a toujours été dans une logique de
recherche d'économies. Aujourd'hui, on a des affaires monstrueuses, avec des
décès de patients, mais l'hôpital public n'est pas en faillite. Il y a
médiatisation, judiciarisation, et les syndicats s'engouffrent là-dedans pour
dénoncer les manques de moyens.
Nous faisons un métier stressant. Avoir la vie des gens entre ses mains est
stressant, la relation est plus difficile avec les familles qui sont plus
exigeantes, mieux informées. Ma mère est actuellement hospitalisée et je vois
bien qu'avec mes questions, je suis un facteur de stress supplémentaire pour les
infirmières et les médecins."
Propos recueillis par Rémi Barroux et Paul Benkimoun
its de réanimation: le Samu 91 affirme avoir contacté le Samu 75 dans la nuit de
samedi à dimanche
PARIS, 30 décembre 2008 (APM) - Le Samu 91 a affirmé
mardi à l'APM qu'il avait contacté plusieurs autres
Samu, dont le Samu 75, dans la nuit de samedi à dimanche afin de
trouver une place en réanimation pour un patient souffrant de détresse
respiratoire, réfutant ainsi les déclarations de la ministre de la santé.
Après le décès de cet homme dimanche matin pour lequel il a mis près de six
heures à trouver un lit de réanimation, le Samu 91 est resté sur la réserve afin
d'éviter toute surenchère au moment où la polémique enflait autour de cette
affaire. Toutefois, les propos de la ministre de la santé lundi après-midi lors
d'une conférence de presse l'ont incité à réagir mardi.
"Nous avons été heurtés par des déclarations hâtives que nous contestons", a
déclaré à l'APM Nicolas Briole, responsable du Smur de Corbeil-Essonnes, en
charge mardi de la communication du Samu 91.
Roselyne Bachelot a reconnu lundi que les établissements franciliens étaient en
période de tension mais a balayé tout "dysfonctionnement structurel" au niveau
des urgences et des services de réanimation, indiquant que 11 lits de
réanimation étaient disponibles cette nuit-là à moins de 20 minutes de l'endroit
où se trouvait l'homme pris en charge par le Samu 91.
Elle a alors évoqué un éventuel problème de régulation, se demandant notamment
pourquoi le Samu de l'Essonne n'avait pas téléphoné directement au Samu 75 qui
avait la liste des lits disponibles en réanimation (cf dépêche APM CBLLT004).
"Bien sûr que nous avons contacté le Samu 75!", a assuré Nicolas Briole en
soulignant que cela peut être facilement vérifié grâce aux bandes
d'enregistrement. Le Samu 75 aurait indiqué au Samu de l'Essonne un lit
disponible à l'hôpital Saint-Antoine à Paris mais cette place n'était en fait
pas libre.
Nicolas Briole a insisté sur la "grande solidarité entre les régulateurs" des
différents Samu. Il précise que le Samu 91 a également contacté le Samu 92 et a
cherché un lit dans le grand Sud de l'Ile-de-France, jusqu'à Chartres.
Il s'interroge sur les 11 lits de réanimation disponibles annoncés par le
ministère de la santé, se demandant notamment si ces lits ne sont pas des lits
de réanimation chirurgicale, des lits d'unité de soins intensifs cardiologiques
(Usic) ou d'autres lits de réanimation spécialisés.
Nicolas Briole a également observé que le cas de ce patient est un cas
exceptionnel mais pas rare. Ainsi, le Samu 91 a dû contacter dimanche 17
services de réanimation pour trouver une place à un autre patient.
D'après lui, les Samu étaient le week-end dernier en grande tension et la
situation ne s'est pas améliorée en ce début de semaine et risque d'être encore
plus difficile le week-end prochain.
Il a remarqué que le grand problème des lits de réanimation résidait dans le
flux d'aval car beaucoup de services sont actuellement fermés.
Nicolas Briole appelle à une prise de conscience collective au delà de la
polémique afin de prévenir d'autres situations dramatiques.
LE PATIENT A BENEFICIE DE SOINS CONTINUS
Nicolas Briole est par ailleurs revenu sur les faits de la nuit de samedi à
dimanche, insistant sur le fait que le patient a bénéficié d'une prise en charge
continue malgré les difficultés pour trouver un lit de réanimation.
Peu avant minuit, le centre des appels d'urgences de l'Essonne a été alerté vers
minuit par les proches du patient de 57 ans qui présentait une difficulté
respiratoire. Une équipe des sapeurs-pompiers et l'équipe du Smur de Longjumeau
se sont alors rendues immédiatement auprès du patient. Cette équipe mobile de
réanimation a procédé à une prise en charge médicale spécialisée mais la gravité
de l'état du patient nécessitait une continuité de soins dans un service de
réanimation.
"Devant les difficultés avérées pour trouver les places de réanimation du fait
notamment des épidémies saisonnières, du grand froid, du volume très important
d'activité et des fermetures saisonnières de lits hospitaliers, mais également
face aux premières impossibilités d'admission constatées par le médecin
régulateur du Samu 91, il a été décidé de faire admettre ce patient dans un
premier temps en salle de déchoquage des urgences de l'hôpital de Longjumeau",
précise le Samu 91
Au sein de ce service hospitalier, les soins médicaux ont été poursuivis "sans
discontinuer" dans l'attente d'une place dans un établissement.
Toutefois, l'état du patient s'est brutalement aggravé "malgré la présence
constante de plusieurs équipes médicales, dont celle du Smur et de la
réanimation", explique Nicolas Briole en précisant que le patient a fait quatre
arrêts cardiaques qui ont pu être récupérés par l'équipe de réanimation.
Parallèlement, la recherche active de place a été poursuivie par le médecin
régulateur du Samu 91 ponctuellement renforcé par un de ses confrères qui a pris
en charge la gestion des autres appels au centre 15.
Après plus de 24 impossibilités d'admission du patient auprès de différentes
structures de réanimation, un lit a pu être libéré au sein de l'hôpital Bichat à
Paris.
Compte tenu de l'évolution de l'état du patient, il a été décidé de réaliser une
coronarographie à l'hôpital Lariboisière préalablement à son admission à
l'hôpital Bichat. Il s'agissait simplement d'un examen pour vérifier l'état des
artères coronaires afin que le réanimateur de l'hôpital Bichat ait tous les
éléments pour bien prendre en charge le patient.
Cet examen non urgent ne pouvait pas être fait à Bichat car son appareil était
en maintenance. Afin d'éviter de redéplacer le patient dans la journée de
dimanche, il a été décidé de faire cette coronarographie à l'hôpital
Lariboisière avant son admission à l'hôpital Bichat.
Le transfert du patient entre l'hôpital de Longjumeau et l'hôpital Lariboisière
s'est effectué sous la surveillance médicale continue du Smur de Corbeil-
Essonnes mais malgré les moyens mis en oeuvre, le patient a fait d'autres arrêts
cardiaques et est décédé à son arrivée à l'hôpital Lariboisière vers 6 heures du
matin.
Après le dépôt par l'épouse de la victime d'une plainte pour "non assistance à
personne en danger", le Parquet d'Evry a annoncé lundi qu'une enquête
préliminaire de police allait être ouverte.