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Dysfonctionnements Hospitaliers - Morts accidentelles à l'Hôpital à l'hôpital Janv 09

Hôpital: 10.000 morts accidentelles par an, selon Mme Bachelot 

Environ 10.000 personnes meurent chaque année à l'hôpital du fait de 

l'exercice de la médecine, a indiqué mardi la ministre de la Santé 

Roselyne Bachelot, confirmant un chiffre cité au cours du week-end. 

Le chef des urgences à l'hôpital Beaujon de Clichy (Hauts-de-Seine), Philippe Juvin, qui est 

également secrétaire national UMP chargé de la santé, avait indiqué au Journal du Dimanche qu'"au 

moins 10.000 personnes meurent chaque année à l'hôpital du fait de l'exercice de la médecine". 

Par ailleurs, "de 300.000 à 500.000 événements indésirables graves se produisent chaque année", 

avait indiqué M. Juvin. 

"Ce sont des extrapolations, mais je pense que ces chiffres doivent être à peu près de bon niveau", a 

déclaré mardi Mme Bachelot sur Canal+. 

Ils sont "issus d'une étude de 2005 qui extrapolent des chiffres à partir d'une étude américaine" et 

"mériteraient d'être affinés", a-t-elle ajouté. 

"Mais ce qu'il faut voir, c'est le nombre des vies sauvées à l'hôpital", à savoir "des centaines de 

milliers de vies", a-t-elle dit. 

"Ces effets indésirables, parfois graves, sont en constante diminution", notamment les accidents liés 

à l'anesthésie "dont le nombre a été divisé par dix en 30 ans", a aussi souligné la ministre. 

Mme Bachelot a en outre indiqué que les premiers éléments des enquêtes sur les accidents qui se 

sont passés pendant la fin de l'année seront divulgués à partir du 15 janvier. 

- Entre affaires tragiques et effets d'annonce, le point sur les erreurs médicales 

en France... 

Dix mille morts par an à cause d’erreurs médicales. C’est le chiffre qu’a avancé ce dimanche Philippe Juvin, chef des 

urgences de l’hôpital Beaujon et secrétaire national de l’UMP chargé de la Santé. Une statistique qui fait peur, mais qui ne 

repose sur aucune étude. 20minutes.fr se penche sur le problème avec deux médecins. 

D’où sort ce chiffre? 

Pour le Dr François Douchain, «c’est un chiffre balancé comme ça, qui ne repose sur rien de scientifique». Le président du 

collège des pédiatres des hôpitaux généraux et vice-président du Syndicat des praticiens des hôpitaux publics (SPHP) 

estime que ce genre d’annonce «relève plus de la contre-communication que de la réflexion». Son confrère, le Dr 

Dominique Courtois, président de l’Association d’aide aux victimes d’accidents corporels, rappelle en effet qu’il ne peut 

s’agir que d’une estimation, «puisqu’aucune déclaration officielle n’est obligatoire en cas d’accident médical», le chiffre 

annoncé ne peut donc être qu’une «extrapolation». 

Est-ce crédible? 

«Ca me semble un peu élevé, avance François Douchain, mais je ne vais pas me perdre en conjecture alors que c’est 

justement le reproche que je fais à ce genre d’annonce.» Un avis que ne partage pas tout à fait le Dr Dominique Courtois 

qui, au vu de son expérience en la matière, estime que «ce chiffre est tout à fait plausible.» 

Y-a-til plus d’accidents médicaux actuellement? 

Dominique Courtois pense qu'«il n’y en a pas plus actuellement que d’habitude», citant au passage de nombreux cas 

récents qui n’ont pas été médiatisés. Un sentiment partagé par François Douchain. «Cela fait des années que nous nous 

penchons sur le problème des accidents thérapeutiques, nous y consacrons même régulièrement des congrès», raconte le 

pédiatre. 

Comment expliquer ces dysfonctionnements persistants? 

Quitte à se mettre à dos l’ensemble de la profession, Dominique Courtois avance une explication: «En plus du manque de 

personnel, il y a un problème de compétence.» Les infections nosocomiales? «Mauvais lavage des mains.» Les erreurs de 

manipulation? «Conscience professionnelle en baisse.» Quant aux urgences, «alors qu’on devrait y mettre les personnels 

les plus expérimentés, ce n’est plus le cas aujourd’hui. D’où les problèmes de retard et d’orientation». Du côté du SPHP, 

on reconnaît que des ajustements en terme d’organisation sont nécessaires, comme le pointe le Pôle santé sécurité soins. 

Mais ceux-ci ne peuvent être mis en place qu’avec «du personnel en nombre suffisant». 

Que peut-on faire? 

Pour réduire les risques, François Douchain prône la mise en place de procédures de sécurisation: «Les systèmes de 

prescriptions informatisées, les mesures de double contrôle pour certains médicaments dangereux ou encore les protocoles 

de soins systématiques» sont autant de pistes à développer ou à explorer. Autre idée: «La mise en place d’un organisme qui 

recense tous les incidents, car ils sont autant d’informations utiles pour éviter qu’ils ne se reproduisent.» Dominique 

Courtois abonde dans son sens: «Rendre obligatoire la déclaration de tous les accidents permettrait une sensibilisation du 

corps médical et augmenterait la vigilance face à des situations déjà signalées.» L’idée, selon lui, a fait son chemin aux 

Etats-Unis. Et avec succès, puisqu’il estime que «le nombre d’accidents médicaux a ainsi baissé de 30 à 50%». 

Julien Ménielle 

Bruno Vergerie, Président du Syndicat des praticiens des hôpitaux publiques 

«Ces chiffres, jetés à l’opinion, sont scandaleux et mensongers. C’est inadmissible 

déontologiquement de la part d’un chef de service, quel que soit son engagement politique. De la 

part de Nicolas Sarkozy, par ailleurs, il y a eu erreur de diagnostic. Le système de santé a certes 

besoin d’une réforme, et l’organisation est perfectible, mais l’hôpital manque avant tout de 

personnel, nous ne sommes pas assez nombreux pour faire face.» 

Vent de colère à l’hôpital Beaujon 

Les récentes déclarations de Philippe Juvin, patron des urgences et élu UMP, 

suscitent des protestations en série au sein de l’hôpital de Clichy. 

Christine Henry | 14.01.2009, 07h00 

La colère gronde à l’hôpital Beaujon. Alors que le chef des urgences, Philippe Juvin, également 

secrétaire national de l’UMP chargé des questions de santé et maire de La Garenne-Colombes, 

multiplie les interventions médiatiques sur les erreurs médicales, les médecins ont décidé de sortir 

de leur réserve. 

Hier, la commission médicale d’établissement de l’AP-HP a voté à l’unanimité une motion 

condamnant les prises de position de leur confrère. « Les chiffres avancés, en particulier celui 

concernant les décès évitables, sont faux, sans aucun fondement scientifique et 

incompréhensibles de la part d’un médecin ayant des responsabilités. » 

A la fin de la semaine dernière, Philippe Juvin avait déclenché la polémique en affirmant que 10 

000 personnes décèdent chaque année à l’hôpital « du fait de l’exercice médical ». Une 

déclaration de trop, selon les médecins responsables de pôle de l’hôpital de Clichy. « La 

communauté médicale de Beaujon ne se reconnaît pas dans le discours de Philippe Juvin, 

affirment-ils dans une pétition. Utiliser des accidents dramatiques à des fins politiciennes ne 

servira qu’à effrayer les patients qui nous font confiance et à décourager un personnel soignant 

compétent et dévoué. » 

« Mélange des genres » 

Philippe Ruszniewski, président du comité consultatif médical et chef du service de gastro- 

entérologie, critique ces « projections grossières. Rien ne vient étayer les chiffres avancés ». Il 

rappelle également que les solutions préconisées par Philippe Juvin sont déjà en mises en oeuvre. 

Gilles Catoire, le maire socialiste de Clichy, s’associe à l’émotion du personnel de l’hôpital et 

pointe « le mélange des genres ». 

« Tous les documents dont j’ai pris connaissance, articles de presse ou dépêches d’agence, font 

état de sa fonction de chef du service des urgences de l’hôpital Beaujon et donnent le sentiment 

qu’il s’exprime aussi à ce titre. Si les médecins ont le droit de s’exprimer librement dans le 

domaine scientifique, je demande au directeur général de l’Assistance publique de rappeler à 

celui-ci son obligation de réserve par rapport à des propos qui ne peuvent que mettre en 

difficulté sa hiérarchie. » 

Le Parisien 

 


Date de création : 06/04/2009 @ 02:04
Dernière modification : 25/04/2009 @ 12:07
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