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Démographie Déserts médicaux permanence des soins - Démographie médicale en 2030

La démographie médicale à l’horizon 2030 

Presque autant de médecins, plus de femmes, moins de spécialistes 

Les dernières projections démographiques de la Drees dessinent le paysage médical suivant : en 

2030, les médecins seront 206 000 (contre 208 000 aujourd’hui, un « maximum historique » en 

effectifs ou en densité, soulignent les statisticiens), la proportion de femmes passera de 39 à 54 % et 

les spécialistes seront moins nombreux qu’actuellement. Les disparités de densité médicale selon 

les régions seront fortement modifiées mais pas réduites, et l’âge moyen passera de 48,8 ans à 44,5 

ans. 

LA DREES (direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques, au ministère du 

Travail), vient de publier une étude sur la démographie médicale à l’horizon 2030 (1). Partant de 

l’hypothèse suivante : un numerus clausus augmentant progressivement jusqu’à 8 000 en 2011, 

maintenu à ce niveau jusqu’en 2020, puis diminué progressivement pour atteindre 7 000 en 2030, 

ces travaux brossent le tableau de l’évolution démographique de la profession en pariant sur une 

répartition des postes ouverts aux ECN (55 % de postes ouverts à la médecine générale) identique 

entre 2008 et 2030. 

Premier enseignement, le nombre de médecins baisserait jusqu’en 2019, passant de 208 000 en 

2006 à 188 000 à cette date, soit une baisse de 9,7 % de la population médicale. Ce n’est qu’à partir 

de 2020 que la démographie repartirait à la hausse pour atteindre en 2030 le nombre de 206 000 

(voir graphique). Un chiffre inférieur de 1 % à celui que nous connaissons aujourd’hui. Mais entre- 

temps, la population française, selon les projections actuelles, devrait progresser de 10 %. Alors 

qu’il n’y a jamais eu autant de médecins rapportés au nombre d’habitants qu’aujourd’hui - la Drees 

parle de « maximum historique » -, la donne aura bien sûr changé dans vingt ans. A effectifs quasi 

identiques, la densité, elle, aura singulièrement chuté. Elle passerait entre 2006 et 2030 de 327 à 292 

médecins pour 100 000 habitants et atteindrait son point le plus bas à l’horizon 2020 avec 276 

médecins pour 100 000 habitants. 

Le choc du vieillissement. 

Mais attention, préviennent les auteurs de l’étude : « le rapport entre le nombre de médecins et la 

population n’est qu’un indicateur très grossier de l’adéquation entre offre et demande de soins »

Entre 2006 et 2030 en effet, la population continuera de vieillir et la consommation de soins est 

croissante avec l’âge : « le rapport entre les effectifs de médecins et les recours qui leur seront 

adressés serait donc très inférieur à son niveau actuel », notent à ce sujet les auteurs. Par ailleurs, le 

scénario reposant sur une hypothèse de 55 % de postes ouverts à la médecins générale dans les 

ECN, le nombre de spécialistes serait en 2030 inférieur de 2,7 % à son niveau actuel, passant de 

104 000 à 101 000. Avec des évolutions d’effectifs contrastées selon les spécialités : certaines 

perdraient beaucoup, comme la médecine du travail (- 62 %), l’ophtalmologie (- 35 %), ou la 

rhumatologie (- 30 %). D’autres un peu moins, comme les ORL, les anapaths ou les pneumologues 

(- 19 %). D’autres enfin gagneraient considérablement en effectifs comme la neurologie ou la santé 

publique (47 %), la chirurgie (24 %), ou la pédiatrie (20 %). 

Dans le même temps, la population médicale se caractériserait par un rajeunissement et une 

féminisation de ses membres. L’âge moyen des médecins en activité passerait de 48,8 ans en 2006 à 

44,5 ans en 2030, tandis que la part des femmes passerait de 39 % en 2006 à 53,8 % en 2030. Quant 

aux disparités de densité médicale selon les régions, « elles seraient fortement modifiées, mais pas 

réduites », notent les auteurs de l’étude. En effet, selon des projections élaborées à partir de la 

répartition régionale du numerus clausus, la densité médicale chuterait de 35 % en Corse, de 30 % 

en Languedoc-Roussillon, de 26 % en Ile-de-France et en PACA, et de 22 % en Midi-Pyrénées. 

Mais elle augmenterait de 10 à 16 % en Poitou-Charentes, en Franche-Comté, en Basse-Normandie, 

en Bretagne, en Auvergne et en Lorraine. 

Les auteurs de l’étude se sont également attachés à analyser les tendances à partir de scenarii 

différents.Ainsi, sur la base d’un numerus clausus fixé à 7 000 en 2011, et qui se maintiendrait à de 

niveau jusqu’en 2030, on arriverait à cette date à un nombre de médecins inférieur de 12 000 aux 

projections du scénario initial, soit 194 000 médecins. De même, sur la base de 60 % de postes 

ouverts aux ECN à la médecine générale, le nombre de médecins serait en 2030 supérieur de 7 000 

à celui du scénario initial. 

› HENRI DE SAINT ROMAN 

(1) Ketty Attal-Toubert et Mélanie Vanderschelden, « La démographie médicale à l’horizon 2030 : 

de nouvelles projections nationales et régionales », « Etudes et résultats » n°679. 

Le Quotidien du Médecin du : 23/02/2009


Date de création : 06/04/2009 @ 02:08
Dernière modification : 25/04/2009 @ 12:17
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