La communauté hospitalière dénonce les attaques contre
l’hôpital public
Débat sur la Loi HPST : Lettre ouverte de la FHF à l'attention du
gouvernement et des parlementaires
10/02/2009
Alors que s'ouvre au Parlement le débat relatif à la Loi Hôpital Patient
Santé et Territoire, dans un contexte budgétaire très tendu dans les
établissements, la Fédération Hospitalière de France tient à rappeler son
soutien aux principales dispositions qu'elle prévoit.
Celles-ci sont en effet de nature à répondre au souci de promouvoir une
organisation plus efficiente de l'hôpital public et à favoriser l'émergence
des coopérations nécessaires, mais également à développer une vision
cohérente de la place des établissements sanitaires et médico-sociaux dans
chaque territoire.
La FHF tient cependant à rappeler que ce projet de Loi reste insuffisant sur
deux questions clés, qui conditionnent la pérennité de l'égal accès aux
soins de nos concitoyens. Il s'agit en premier lieu de la liberté
d'installation des médecins. Alors que la situation actuelle est déjà source
de graves inégalités, qui compliquent la permanence des soins et pèsent
lourdement sur nos établissements, il n'est pas acceptable que la baisse
attendue du nombre de médecins crée de véritables déserts sanitaires. Les
Français sont déjà confrontés à des difficultés d'accès aux soins faute de
compétences médicales disponibles et de filières de soins cohérentes. Sans
mesures courageuses et volontaristes, on assistera à la multiplication des
« pertes de chance » dont seront victimes nos concitoyens, ce qu'aucun
intérêt catégoriel ne saurait justifier.
En outre, il est également urgent d'encadrer les dérives constatées en
matière de dépassements d'honoraires, principalement en ville, mais
également dans l'activité libérale d'une petite minorité de praticiens
hospitaliers. Le respect du « tact et de la mesure » doit être garanti par
un renforcement des contrôles si l'on veut éviter que ne s'aggravent les
difficultés d'accès aux soins de nos concitoyens les plus modestes.
La Fédération Hospitalière de France, qui se situe comme toujours en dehors
de tout cadre partisan, soutiendra toute initiative allant dans ce sens.
Claude Evin, Président
Gérard Vincent, Délégué Généra
Paris, le 10 Février 2009
La communauté hospitalière, réunie le 26 janvier 2009 à l’initiative de la
FHF, alerte l’opinion et les pouvoirs publics sur la situation très
préoccupante de nos hôpitaux, ainsi que sur les stigmatisations injustes
dont ils sont l’objet.
On ne peut prétendre que l’hôpital aurait suffisamment de moyens ou que tous
les problèmes qu’il rencontre seraient dus à une mauvaise organisation,
responsable de plusieurs drames médiatisés. La communauté demande que la
plus grande transparence soit faite sur ces derniers.
L’hôpital est un service public essentiel à la cohésion sociale, sans lequel
l’égal accès des Français à des soins de qualité ne peut être garanti, mais
également un véritable « amortisseur de crise ».
Il n’est plus acceptable de lui faire subir plus longtemps l’asphyxie
financière qui lui est imposée au nom d’une convergence des tarifs avec le
secteur lucratif, qui n’a ni les mêmes contraintes ni les mêmes missions, et
par le principe de l’enveloppe fermée que constitue l’ONDAM hospitalier.
C’est pourquoi la communauté hospitalière demande l’arrêt immédiat de cette
convergence injuste, le financement de l’ensemble des missions assumées pour
la collectivité, et l’obtention des moyens humains en emplois qualifiés
nécessaires à son fonctionnement et correspondants aux besoins de santé de
la population.
Signataires :
FO, Confédération Force ouvrière
CFTC, Confédération Française des Travailleurs Chrétiens
CGC, Confédération Générale des Cadres
UNSA, Union nationale des syndicats autonomes
CPH, Confédération des praticiens des hôpitaux
CMH, Coordination médicale hospitalière
INPH, Intersyndicat National des Praticiens Hospitaliers
SNCH, Syndicat National des Cadres Hospitaliers
CH-FO, Syndicat National des Cadres Hospitaliers Force Ouvrière
AFDS, Association Française des directeurs des soins
ADESM, Association Des Etablissements gérant des Secteurs de Santé Mentale
ANHL, Association Nationale des Hôpitaux Locaux
ADH, Association des Directeurs d’Hôpitaux
Conférence des Directeurs Généraux de CHU
FHF, Fédération Hospitalière de France
Réaction à ce communiqué d'un PH:
Le seul point sur lequel on est d'accord avec la FHF, c'est que les pouvoirs
publics sont en train d'asphyxier financièrement les hôpitaux publics.
La FHF soutient le principe d'un seul "patron" à l'hôpital, mais en dehors
des cadres du SNCH et Gérard Vincent, je connais de nombreux directeurs
d'hôpitaux qui considèrent que cette injonction n'a pas de sens dans un
hôpital.
Comme les remontées commencent à être nombreuses en ce sens, la FHF cherche
à retrouver un peu de légitimité auprès des syndicats des personnels
médicaux et non médicaux.
Ce qui ne l'empêche pas de signer d'autres communiqués plus confidentiels
comme celui ci-dessous.
Jacques Trévidic
Autre PH:
Oui, certains sont encore à se disputer le pouvoir au sein de l'institution,
pendant que le bateau coule... Ridicule, et pas à la hauteur des enjeux.
Certains directeurs, et la FHF initialement, ont voulu être les patrons
ABSOLUS, car l'ordonnateur des dépenses, le nerf de la geurre, a toujours
été le chef d'établissement. Ceci se fait contre le politique (CA déclassé
en conseil de surveillance a posteriori) et le corps médical en prenant en
otage un président de CME consentant, et en choisissant les membres de son
directoire en pouvant les virer en cas de besoin.
Le gouvernement dit "ok, mais je vous vire (remis à disposition du conseil
de gestion, pour être technocratiquement correct) quand je veux, entendre au
moindre dérapage"... budgétaire, en conseil des ministres chaque mercredi
pour les DG de CHU
Or dans le contexte, la pression économique va être prégnante, et les
directeurs de CHU voient ce qui s'est passé avec les préfets, et les autres
ce qui a déjà commencé de sa faire avec les dirlos : cf. Grenoble, limogeage
immédiat, puis promotion laborieuse... On tire d'abord, on discute ensuite.
Avec ces CHT, les dirlos ne pourront plus être aussi rapidement chef
d'établissement de toutes ces petites structures qui auront perdu leur
autonomie. Or ils sont autant attachés à cette possibilité qu'ils reprochent
volontiers aux médecins leurs "tours d'ivoire"...
Larcher a dit que les hôpitaux perdent de l'argent si moins de 200 lits ou
plus de 650 lits : un passage mal lu sans doute?