Lundi 2 mars 2009 - 15:03
Les Français doutent de l'égalité d'accès aux soins, selon
un baromètre du Ciss
PARIS, 2 mars 2009 (APM) - Les Français continuent de douter de l'égalité
d'accès aux soins dans leur système de santé, 54% jugeant qu'il ne permet pas à
tous les habitants de bénéficier de la même qualité de soins quelle que soit
leur situation contre 56% en 2008, selon le baromètre des droits des malades
publié lundi par le Collectif interassociatif sur la santé (Ciss).
Ce sondage a été effectué par LH2 pour le Ciss les 6 et 7 février, par
téléphone, auprès d'un échantillon de 1.052 personnes représentatif de la
population âgée de 15 ans et plus, selon la méthode des quotas.
L'enquête, qui porte sur la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades,
aborde sept grands thèmes: l'informatisation des données de santé, la relation
médecin/patient, les dysfonctionnements du système de soins, l'accès à
l'assurance et à l'emprunt, la qualité du système de soins, l'accès aux soins et
la représentation des usagers au sein du système de santé.
Sollicitées sur la qualité du système de santé, les personnes interrogées
remettent en cause l'idée selon laquelle le système de santé permettrait à tous
les habitants de bénéficier de la même qualité de soins quelle que soit leur
situation sociale à 54% (contre 45% d'avis contraire) et quelle que soit leur
situation géographique, à 56% (42% d'avis contraire).
Cette remise en cause était légèrement plus marquée en 2008 (cf dépêche APM
VGLBP003).
La perception d'une amélioration du système de santé est en baisse mais reste
élevée, 61% des personnes interrogées le jugeant plus performant (64% en 2008),
comme le sentiment d'être "bien informé" sur le coût des soins reçus (55% contre
59%), contrairement à l'information sur la qualité de la prise en charge qui
demeure stable (80% d'opinions positives).
Interrogées sur l'accès aux soins, 3% des personnes témoignent avoir subi un
refus de soins de la part d'un professionnel (13% parmi les celles ayant des
revenus inférieurs ou égaux à 1.000 euros). Parmi elles, 62% se déclarent
bénéficiaires de la couverture maladie universelle (CMU).
Environ 62% des personnes interrogées (contre 65% en 2008) se déclarent "bien
informées" sur les actions à mener en cas de problème suite à un acte de soin
effectué à l'hôpital ou en ville, contre 35% jugeant du contraire (34% en 2008).
POUR DES MESURES CONTRAIGNANTES A L'INSTALLATION
Les enquêteurs ont également sollicité l'échantillon sur des mesures destinées à
lutter contre le "manque de médecins dans certaines régions".
Parmi les solutions recueillant l'aval du plus grand nombre, figurent la
formation de davantage de médecins (96% de personnes d'accord), l'obligation
pour les médecins de s'installer dans les zones concernées par des "manques"
(71% d'accord), un recours accru aux médecins étrangers (63%) et une délégation
d'actes médicaux à d'autres professionnels de santé spécifiquement formés (55%).
Environ 20% des personnes interrogées ont déclaré avoir été confrontées
personnellement ou dans leur entourage à des refus d'accès au crédit de la part
d'une banque ou d'un assureur en raison d'un handicap ou d'une maladie.
Chez ces personnes, seules 15% indiquent être parvenues à accéder à l'emprunt
dans le cadre de la convention Aeras (s'assurer et emprunter avec un risque
aggravé en santé), 38% répondant par la négative, 40% n'ayant pas connaissance
du dispositif et 7% ne se prononçant pas.
Interrogés sur l'intérêt du "développement de l'informatique pour le suivi des
données de santé" des résidents en France, notamment grâce à un dossier médical
informatisé, les répondeurs sont d'accord pour dire qu'il s'agit d'un "moyen de
mieux soigner les patients" (80% dont 43% tout à fait d'accord) et d'un "moyen
de réduire les coûts pour la sécurité sociale" (68% dont 33% tout à fait
d'accord).
Toutefois, ils considèrent à 52% que cela constitue un "risque d'atteinte à la
vie privée du patient", contre 46% jugeant le contraire. Environ 88% estiment
que le consentement du patient est "souhaitable" avant tout traitement
informatique de données personnelles de santé.
Les médecins arrivent en tête des acteurs considérés comme les plus légitimes
pour représenter les usagers (88%), devant les associations de malades et
handicapés et de consommateurs (84%), l'administration (ministère, caisse
d'assurance maladie) (75%), les mutuelles (74%), les syndicats (44%) et les
partis politiques (25%).
Sondage : une majorité de Français souhaite plus de fonctionnaires à
l'hôpital et dans l'enseignement
L'immense majorité des Français (92,5%) juge qu'il faut augmenter le
nombre de fonctionnaires à l'hôpital, ainsi que dans l'enseignement (68,2%),
d'après un sondage de l'institut Obea-Infraforces pour "20 Minutes"-France-Info
qui révèle que 72% des sondés ont une bonne image des fonctionnaires.
Près de la moitié des sondés (47,7%) estiment que le gouvernement doit
renoncer à son plan de réduction des fonctionnaires contre 45,9% qui pensent le
contraire. Ils sont 92,5% à prôner une augmentation des embauches à l'hôpital,
72,4% dans la recherche, 68,2% dans l'enseignement et 49,6% pour les forces de
l'ordre.
Par contre, le nombre de fonctionnaires devrait être diminué dans les
administrations aux yeux de 36,9% des personnes interrogées.
Globalement, 72% des Français ont une bonne image des fonctionnaires
(57,2% assez bonne image, 15,2% une très bonne image), contre 11,9% qui en ont
une mauvaise image et 4,3% une très mauvaise image. Ils sont même 73,2% à
trouver qu'on peut en être fiers.
Ce sondage a été réalisé par téléphone du 10 au 19 février 2008, auprès
d'un échantillon national représentatif de 1.057 personnes âgées de 18 ans et
plus, constitué selon la méthode des quotas. AP
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