MG-France s´allie avec neuf autres professions de santé pour dire oui à la réforme
La déclaration commune sonne comme une réponse à la campagne choc du Centre national des
professions de santé (Cnps) contre les « effets néfastes » du projet de loi Bachelot. Dix
organisations de professionnels de santé libéraux, rassemblant des médecins, infirmiers,
pharmaciens, chirurgiens dentistes, masseurs-kinésithérapeutes, podologues, orthoptistes,
biologistes et sages-femmes - MG-France en tête- s´inscrivent ostensiblement dans la dynamique de
la réforme du système de santé. Une réforme jugée « indispensable » et qui « pour être utile, doit
être accompagnée par les professionnels de santé », soulignent les syndicats. « Les tentations de
repli sur soi et de corporatisme sont réelles, mais doivent être évitées. Participer à l´effort de
réorganisation permettra en effet des avancées tant au niveau de la coordination des acteurs de soins
de villes que de l´ensemble des professionnels responsables des soins primaires », assurent-ils.
Pour Martial Olivier-Koehret, président de MG-France, à l´origine de ce rassemblement, il s´agit de
se positionner face à d´autres acteurs du système de santé « plutôt en retrait ou qui souhaitent que
rien ne change ». Et cela à l´heure où le texte est débattu encore deux semaines dans l´hémicycle.
Le leader du syndicat de généralistes s´est mis d´accord avec les représentants des autres
professions de santé pour mettre en avant deux points du projet de loi Hôpital, patients, santé,
territoires, jugés essentiels : la coopération interprofessionnelle et la mise en place d´un Contrat
santé solidarité. Sur la coopération, les signataires du communiqué réclament « de penser une
protocolisation des pratiques », garante, selon eux, de l´indépendance des soignants, de la qualité et
de la sécurité des soins. Le patron de MG-France considère qu´en définissant les différents niveaux
de recours, « la loi donne naissance à l´équipe de soins de ville qui est le pendant de l´équipe
hospitalière ». « Nous souhaitons dans ce cadre-là que les compétences des uns et des autres soient
reconnues », précise-t-il.
S´agissant des réponses à apporter pour résoudre les problèmes de démographie des professions de
santé, les dix organisations évoquent le contrat Santé-solidarité, qu´ils considèrent comme « une
proposition constructive et purement incitative susceptible de répondre aux questions posées par l
´évolution démographique actuelle ». Le Dr Olivier-Koehret rappelle que le contrat de solidarité,
qui consiste à aller prêter main forte aux confrères des zones sous dotées, est « issu des Egos (Etats
généraux de l´organisation de la santé) » et qu´il « remplace l´avenant 20 qui contient l´idée d´une
pénalisation financière ».
Néanmoins, le texte comprend quelques insuffisances, admet-il. MG-France demande ainsi un
éclaircissement quant aux conditions de la représentativité et de la façon de contractualiser les
accords, souhaitant rester dans le cadre légal actuel. En clair, explique-t-il, les syndicats doivent être
les seuls concernés, en ce qui concerne la capacité de signer un accord et l´exercice du droit d
´opposition. L´autre réclamation de MG-France a trait au numéro de la permanence des soins. Le
syndicat défend toujours l´attribution du 33 33, « un numéro national exclusif et connu des patients
».
Syndicats signataires du communiqué : MG-France, Syndicat national des infirmiers et
infirmières libéraux (Sniil), Union syndicale des pharmaciens d´officine (Uspo), Confédération
nationale des masseurs kinésithérapeutes libéraux-Objectif Kiné, Union des jeunes chirurgiens
dentistes-Union dentaire, Union nationale pour l´avenir de la podologie-Syndicat national des
podologues, Union nationale des pharmacies de France, Syndicat national des orthoptistes,
Syndicat des biologistes, Union nationale des syndicats de sages-femmes françaises.