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réformes hospitalières et de santé antérieures - Hopital 2007 Association 31

 GROUPE REFLEXION SANTE  31                              1                               JACQUES  RICHAUD 

CONTRIBUTION NUMERO VINGT-DEUX                                                PRATICIEN HOSPITALIER 

SEPTEMBRE  2006                                                                                           j.richaud@wanadoo.fr 

                                             DOCTEUR  « SROS »  ET MISTER  « T2A » 

                                   HOPITAL  2007 :   LE TERRITOIRE DU SOIN ASSASSINE 

                                                              SENEQUE ; Lettre à Lucilius , premier siècle av. JC, Cordoue : «  Nous 

                                                              ne  demandons plus ce que sont les choses, mais combien elles coûtent ? » 

PREAMBULE : 

Malaise dans les territoires ; fermetures de lits, puis de maternité, de dispensaires ; fermeture d’hôpitaux de 

proximité, plus de trois cent blocs opératoires menacés ; création partout de « comités de défense » …Le 

caractère étendu de la menace fait «sens ». Il oblige à une réflexion globale et au dépassement de la défense de 

telle ou telle structure menacée, pour imposer une réaffirmation du besoin de service public et le respect de leur 

mission, partout sur le territoire. 

Au cœur de ces bouleversements, les directeurs d’Agence Régionale d’Hospitalisation (ARH) sont poussés à la 

schizophrénie par une double contrainte : 

- Ils ont pour mission de mettre en œuvre la réforme «plan Hôpital 2007 », sa gouvernance et sa tarification à 

l’activité (T2A). 

- Ils ont aussi pour mission d’élaborer et imposer le Schéma Régional d’Organisation Sanitaire (SROS) 

pour répondre aux besoins des populations. 

La question est de savoir si ces deux logiques sont compatibles ? Et laquelle l’emportera ? 

RESUME : 

Parce que  les inégalités sociales de santé sont perçues comme une des injustices les plus inacceptables, il 

nous a paru utile d’analyser les conséquences des politiques libérales actuelles sur ces inégalités, dans le 

domaine particulier des « INEGALITES TERRITORIALES ». 

Les réformes ; plan hôpital 2007, nouvelle tarification de l’activité, suppression de la carte sanitaire et nouveau 

schéma régional d’organisation sanitaire, restructurations, sont envisagées au regard de cette interrogation. 

Le premier chapitre rappelle ce que fut, historiquement, la constitution des « territoires du soin » et ce qui a été 

introduit comme changement par la « rupture libérale », avec une emprise de l’approche économique au 

détriment des autres modes de raisonnement ; l’histoire des réseaux est au cœur des contradictions évoquées. 

Le deuxième chapitre analyse le sens du nouveau paradigme libéral dans le concept de la mondialisation et sa 

dimension politique, philosophique et  sociologique ; il est démontré combien les « territoires du soin » seront 

victimes de cette évolution. 

Le troisième chapitre récapitule le cheminement politique qui a abouti au schéma régional d’organisation 

sanitaire de troisième génération, qui a du s’accompagner de profonds changements culturels et d’une succession 

de réformes législatives nationales. Les rapports entre cette évolution et l’influence pressante de l’Europe 

libérale ont été résumés en même temps que les inquiétudes fortes pour l’avenir. 

Le quatrième chapitre démontre la vraie nature de la tarification à l’activité, T2A, en rappelant les sources 

idéologiques de cette réforme, mais aussi ses effets pervers observés ou prévisibles. Il est dénoncé la « fuite en 

avant idéologique » que représente cette réforme encore inachevée. 

Enfin est dénoncé sans ambiguïté l’écrasement de la logique d’une carte sanitaire qui aurait pu être 

favorable à l’atténuation des inégalités, au profit d’une logique tarifaire de rentabilité incompatible avec 

l’amélioration du contrat social.  Des perspectives de résistances et d’alternatives sont ébauchées pour une 

reconquête des territoires du soin qui ne peut que s’inscrire dans le cadre plus vaste d’une reconquête de 

l’Etat Social.

                                                                                   2 

RAPPEL : 

L’actuel constat ne fait que confirmer les craintes d’une évolution que la contre-réforme libérale laissait 

prévoir depuis plusieurs années, préparée par des renoncements qui furent l’œuvre de gouvernements 

successifs. 

Les « contributions »  antérieures de l’auteur ont tenté d’éclairer les différentes étapes et de poser en temps voulu 

les questionnements qui appelaient d’autres réponses politiques que celles qui ont été fournies par le 

gouvernement en place ou proposées par une opposition sociale-libérale en espérance d’alternance, mais qui a 

largement contribué, elle aussi au temps de son pouvoir, à la dégradation de notre « Contrat Social ». 

La question restera pertinente, au terme de ce travail, de savoir quand et comment et par qui sera 

défendu un modèle social qui respecte la solidarité, l’égalité de tous devant les risques d’atteinte à la santé, 

l’égalité aussi dans les territoires pour que ne se creusent pas les fossés déjà existants qui contribuent à un 

apartheid social et à une exclusion croissante ? 

Nous renvoyons aux contributions antérieures de l’auteur : (disponibles sur demande à l’adresse : 

j.richaud@wanadoo.fr ou sur le site ONALA développé par Michel HUSSON en rubrique « Groupe Réflexion 

Santé 31 ») 

- Nos 10 : « Libéralisme et santé, les trois offensives » .(Février 2000) démontrant que la stratégie 

néolibérale prévoyait clairement , déjà, une main mise sur la protection sociale ; puis sur le système de soins 

au détriment de la fonction publique ; enfin sur la formation des soignants. 

- Nos 13 : « Libéralisme-Santé-Protection Sociale : Un enjeu exemplaire. Alerte, la réforme est en 

marche. »  ( Février 2004) Reprenant l’histoire de la protection sociale il était évoqué les étapes  des 

renoncements de gouvernements successifs ayant contribué à préparer la venue d’une contre-réforme 

libérale. Recettes et dépenses sont analysés. L’attaque libérale est explicitée. 

- Nos 14 : « Santé-Protection Sociale. Contre réforme libérale : Les  mots de l’imposture. Péril Libéral, 

péril global. » ( Mars 2004) La conquête libérale s’accompagne d’une stratégie de détournement sémantique 

qui représente une imposture dont la prise de conscience est nécessaire pour réagir. Cette approche du 

langage libéral sera ultérieurement approfondie en dehors du seul champ de la santé par Eric Hazan dans 

« LQR, la propagande au quotidien ». 

- Nos 15 : « 1944-2004 – Une alternative globale a bâtir sans oublier les leçons du passé ». ( Mars-Avril 

2004) Pose à l’occasion de la commémoration des soixante ans de la Sécurité Sociale , la question politique 

dans le contexte de l’altermondialisme. 

- Nos 16 : « Société cancérigène : Fatalité ou enjeu politique ? » ( Décembre 2004) Montre l’incapacité de 

notre société à se poser des questions sur elle-même ; et combien la problématique de la lutte contre le 

cancer illustre la nécessité d’une réflexion plus globale sur le modèle de développement capable de créer un 

environnement et des conditions de vie et de travail , favorables au maintien de la santé. Publié aussi dans 

Pratiques, nos 25 avril 2004, 26 juillet 2004 et 28 janvier 2005. 

- Nos 17 : « Déontologie et citoyenneté : Pour une résistance et une alternative » ( Juin 2005). Montre le 

lien entre la déontologie et le social, ses dérives, et les nécessaires questionnements concernant les 

professionnels de santé eux-mêmes. Publié aussi dans Pratiques nos 13-14 2001, nos15 2001, nos 16 2002 et 

nos 18 2002. 

- Nos 18 : « Réforme de l’Hôpital Public, la fuite en avant idéologique » .(Septembre 2005) Montre le 

mécanisme et l’aboutissement de la main mise de l’idéologie libérale sur l’hôpital, les méthodes et les effets 

du formatage de la pensée des acteurs soignants eux-mêmes, et les dangers de cette évolution.

                                                                          3 

DOCTEUR « SROS » ET MISTER « T2A »,   LAQUELLE  DE  CES  LOGIQUES  L’EMPORTERA ? 

Pour comprendre les enjeux et apporter une réponse à ce questionnement, nous procéderons en quatre 

étapes : 

- I -     Rappeler ce que fut la construction des territoires du soin 

- II -   Définir ce que fut la « rupture libérale » 

- III -  Comprendre le processus qui a rendu cette rupture possible 

- IV -  Analyser les conséquences sanitaires et sociales prévisibles 

En conclusion de ces réflexions seront dégagées quelques perspectives 

-CHAPITRE I  - 

                                    LA CONSTRUCTION DES TERRITOIRES DU SOIN : 

Cette construction peut être décrite de plusieurs manières : 

- 1/ Dans une vision historique longue, elle ne semblerait représenter qu’une évolution logique, sans cesse 

renforcée par des pouvoirs publics successif partageant le même objectif. 

- 2/  Mais au regard de l’histoire plus contemporaine apparaissent des changements qui correspondent à 

une rupture conceptuelle et  philosophique en relation directe avec le libéralisme. La compréhension de ce 

deuxième aspect est essentielle pour l’analyse ultérieure de notre sujet. 

- 3/ L’histoire singulière des «réseaux » illustre bien la capacité de l’idéologie libérale à neutraliser ou 

pervertir une expérience socialement prometteuse. 

1/ - La vision historique longue : 

Nous retiendrons quatre aspects : 

1 – Une conquête sociale 

2 -  Une exigence déjà ancienne à l’origine de ce que sont nos services publics 

3 -  Un succès à relativiser 

4 -  La « carte sanitaire » et le « schéma régional d’organisation sanitaire » 

* 1 *  UNE CONQUETE SOCIALE : 

L’accès au soin excluant toute sélection sur critère économique ou géographique est une conquête sociale. 

Cette conquête résulte d’une conception «politique » de la solidarité inscrite dans le Droit. Le Droit à la 

santé est inscrit dans le préambule de notre constitution et fonde un des socles de notre « Contrat Social ». 

L’organisation des « territoires de soins » vise à la satisfaction des besoins des populations et à la 

réduction des inégalités géographiques autant que sociales. 

* 2 *  UNE EXIGENCE DEJA ANCIENNE A L’ORIGINE DE NOS SERVICES PUBLICS 

Loin d’être moderne, cette exigence motivait déjà l’ancien régime qui nous a légué un patrimoine hospitalier 

considérable, même en zone rurale, et les républiques successives qui ont contribué à doter notre pays d’un 

«maillage sanitaire » performant. L’organisation ancienne des « territoires du soin » comportait bien la 

création d’établissements par nature « non rentables » que furent nos hospices et hôpitaux généraux. 

C’est là, au cours des siècles écoulés que les pathologies et les misères du monde venaient trouver un 

soulagement et bénéficiaient de soins « gratuits », les médecins intervenant trouvant ailleurs, auprès d’une 

clientèle plus privilégiée la source de leurs revenus ; c’était le temps d’un certain « apostolat médical » qui prit 

fin bien avant la révolution libérale contemporaine (Voir contribution nos 17 de l’auteur)

                                                                                4 

Cette histoire est aussi celle de la définition puis du développement des services publics : 

Le 26 août 1789, la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, dans son article 17, prévoit que 

« La propriété privée peut être limitée par la nécessité publique légalement constatée » et en 1793 

« L’égalité des Droits est reconnue comme la condition de la liberté réelle ». Les services publics seront 

alors pensés comme « Des choses communes hors du commerce des particuliers et destinés à l’usage du 

public ». Le principe est que l’intérêt général doit primer sur l’intérêt particulier. 

Au début du XXème siècle la « doctrine des services publics » est approfondie, elle englobe « La continuité 

du service dans l’espace territorial » et « L’égalité d’accès de tous aux services garantis ». 

C’est autour de la construction des services publics, pas seulement de la santé, que s’est structurée la 

République démocratique, élaborant par ces services un instrument essentiel du « Contrat Social ». 

Nul ne remettra en cause ces fondamentaux jusqu'à la «contre-révolution libérale ». 

*  3 *  UN SUCCES A RELATIVISER 

L’amélioration progressive de ces structures et les progrès de la médecine curative ont permis un accès au 

soin du plus grand nombre au cours du siècle écoulé.  Nul ne se plaint de ce que l’Organisation Mondiale de la 

Santé (OMS) nous désigne bénéficiaires du  « meilleur système de santé » qui soit…Cette qualité reconnue 

résulte d’une protection sociale solidaire et aussi d’un réseau sanitaire qui, au côté de la médecine libérale, offre 

un service public très développé dans lequel CHU, hôpitaux généraux et locaux, dispensaires, jouent un très 

grand rôle. 

Nous verrons cependant que ce «classement favorable » de l’OMS mérite quelques nuances au regard des 

inégalités de santé persistantes ou s’accentuant. 

La précarité ou seulement les faibles revenus sont très présents dans les zones territoriales éloignées des grands 

centres. L’Institut de Recherche et de Documentation en Economie de la Santé (IRDS) a publié en 2003 une 

étude montrant que la répartition des médecins, en particulier spécialistes, varie du simple au double selon les 

régions ; en juillet 2006 une autre étude montrait que pour les 20% de la population dont le revenu est le plus 

faible, le taux de « Couverture complémentaire de santé » n’est que de 70%. Il persiste donc une frange 

importante de la population pour laquelle la non-accessibilité géographique aux soins primaires peut 

représenter un risque majoré de renonciation au soin. 

* 4 * CARTE SANITAIRE ET SCHEMA REGIONAL D’ORGANISATION SANITAIRE 

- Le concept de «Carte Sanitaire », depuis longtemps mis en œuvre, a été inscrit dans la «loi Hospitalière » 

du 31 décembre 1970 avec pour objectif de «prévoir et de susciter les évolutions nécessaires de l’offre de 

soins en vue de satisfaire de manière optimale, la demande de santé…pour répondre aux besoins de la 

population ». 

- Il  est  défini  un  « Schéma Régional d’Organisation Sanitaire »  (SROS)  qui  «fixe  les objectifs en vue 

       d’améliorer la qualité, l’accessibilité et l’efficience de l’organisation sanitaire ». 

Jusqu’aux années quatre-vingt cet objectif de réduction des inégalités territoriales a été réaffirmé par les 

gouvernements successifs et a été financé  en «toute connaissance » du coût du renforcement des structures et 

équipements d’une médecine qui se voulait «déconcentrée » ; les grands hôpitaux ne conservant le monopole 

que des activités à très haute technicité. 

Même encore en 2002 Mc KEE et HEALY qui tiraient pour la revue médicale de l’assurance maladie, les 

« Leçons de la réorganisation des systèmes hospitaliers dans l’Europe de l’Ouest », après enquête de 

l’observatoire européen des systèmes de santé, écrivaient : 

« Les hôpitaux ne font pas que soigner les malades…Ils jouent un rôle important dans la 

société…particulièrement dans les régions ou l’offre d’emploi est limitée…La présence de l’hôpital peut 

encourager l’investissement local alors que sa fermeture peut être un coup fatal porté à la communauté 

souffrant déjà d’un déclin industriel ».

                                                                                 5 

2/ - La rupture conceptuelle libérale : 

Il existe deux manières d’évoquer cette rupture : 

1 - La première, incontournable, consiste à mettre en perspective historique la pénétration et l’évolution de 

la   pensée économique dans la santé. 

2 - La seconde, moins commune, consiste à analyser les changements politiques et philosophiques qui ont 

inspiré ou qui  résultent  de cette emprise économique hégémonique. 

* 1 – ASPECT HISTORIQUE : L’EMPRISE DES ECONOMISTES SUR LA SANTE : 

Cette réflexion est rarement abordée d’un point de vu historique. Il fut un temps ou les grands commis de 

l’Etat ou les notables régionaux contribuaient à la dotation du territoire en équipements qui étaient autant de 

marques de la prospérité et du progrès d’une société qui pouvait s’enorgueillir de ses réalisations. 

Après la conquête de la Protection Sociale en 1945, il est apparu aux pouvoirs publics une nécessité de gestion 

qui a fait naître une nouvelle sorte d’économistes, ceux consacrant leurs travaux à la santé. Les travaux 

historiques sur l’évolution de ces derniers sont rares, mais Marina SERRE a bien synthétisé le parcours effectué 

et surtout les changements intervenus dans « De l’économie médicale à l’économie de la santé .. » en 2002, 

succédant à sa thèse de doctorat en science politique « Le tournant néolibéral de la santé ? » : 

- « Les économistes s’intéressant au secteur de la santé dans les années 1950-70 sont d’abord des médecins 

hospitaliers proches de la sphère publique, qui produisent des travaux sur la consommation médicale et les 

dépenses de santé ». On parle alors « D’économie médicale », prolongeant dans le secteur de la santé 

l’effort de rationalisation impulsé par « Le Plan ». C’est au sein du « Centre de Recherche et de 

Documentation sur la Consommation » (CREDOC) créé en 1953 et rattaché au Plan que sera créé en 

1955 une « Division d’Economie Médicale » (DEM) dont les membres les plus influents sont chrétiens 

démocrates, souvent issus des cercles Laennec (Chrétiens) ayant fourni une part importante des cadres 

hospitaliers de cette période. Ils fourniront des données statistiques sur lesquelles va se fonder la 

« Planification Sanitaire » dés les années soixante. 

- A cette époque , l’économie de la santé n’induit pas une limitation de l’autonomie  professionnelle et aucun 

« regard extérieur » n’est porté sur les « pratiques ». 

- Au contraire « l’économie médicale participe à l’extension du champ de la médecine. 

- Pour les pionniers de la DEM, l’économie médicale est une branche de la médecine et doit à ce titre être 

exercée par des médecins. 

- Le raisonnement économique est présenté…comme un prolongement du raisonnement médical. 

- L’économie médicale se refuse, en théorie, à servir de base normative aux choix publics ». 

- A partir de 1960 des statisticiens sont incorporés à ce noyau dur du DEM, puis des économistes travaillant 

en étroite collaboration avec les médecins encore présents. 

- L’enseignement de l’économie de la santé devient obligatoire dans les facultés de médecine en 1970. 

- A partir des années 70 les économistes de formation proviennent des facultés de sciences économiques. 

Ils gagnent rapidement en autonomie par rapport à la médecine mais aussi par rapport à l’Etat.  Apparaissent 

des « économistes académiques » qui définiront les normes de leur formation et de leurs publications . 

- L’économie de la santé devient une branche de l’économie  ; le terme « d’économie médicale » est 

remplacé par « économie de la santé », plus proche de la version anglo-saxonne (Wealth economics). 

- Dans les années 80-90 est mise en œuvre une politique budgétaire restrictive en santé. Des expertises 

sont demandées pour rompre avec l’image du « payeur aveugle », la sécurité sociale commandite des études 

en économie de la santé. En 1985 la DEM quitte le CREDOC et devient un organisme indépendant 

spécialisé en économie de la santé : Le « Centre de Recherche , d’Etudes et de Documentation en 

Economie de la Santé » ( CREDES). Les économistes y remplacent rapidement les médecins.

                                                                                    6 

- C’est au sein de cet organisme et sous l’influence de l’internationalisation des formations et des 

publications que se fera la pénétration des idées anglo-saxonnes et surtout nord-américaines, avec une 

       rupture dans  la manière dont est pensée l’action publique : « La santé est désormais considérée comme 

       un marché qu’il convient de réguler » à partir des années 80. 

- Les « nouveaux économistes » préconisent très tôt le désengagement de l’Etat et la mise en concurrence du 

système de santé. Un « think tank » libéral est créé en 1979, « l’Institut La Boétie » qui regroupe des 

économistes et des cadres patronaux ; il est énoncé que « l’instauration du marché, dés lors qu’elle est 

encadrée conduit à l’efficience ». 

- Ce sont donc les économistes de la santé, plus encore que les médecins eux-mêmes qui serviront de 

« passeurs » de l’idéologie néolibérale, qui a la période actuelle aboutit non pas au désengagement 

complet de l’Etat mais au renforcement de son pouvoir de pilotage au profit d’intérêts privés. 

- Les médecins libéraux, majoritairement, et du fait de  leur attache idéologique à l’exercice libéral inscrit 

dans la « Charte libérale » comme dans les « Principes déontologiques fondamentaux », accueilleront 

plutôt favorablement cette évolution, même si la frange la plus ultra-libérale est demandeuse d’une 

suppression de toutes les tutelles, d’honoraires libres et de dérégulation totale ( voir contribution nos 17). 

- Les médecins exerçant dans le service public recevront de plein fouet une évolution imposée sans 

concertation et en dehors de tout processus démocratique et qui semble contraire à l’intérêt des usagers, tout 

en fragilisant leur statut de soignant et prétendant influencer leurs pratiques. 

- C’est ce changement de paradigme qui aura une influence considérable sur le développement de l’idée 

même de territoire de soin et d’aménagement du territoire. 

- A un changement radical d’objectif, correspondra un renoncement aux fondements des politiques 

antérieures et un bouleversement dont les conséquences déborderont amplement, nous le verrons, le 

seul champ de la médecine. 

2 – LES CONSEQUENCES  POLITIQUES ET  PHILOSOPHIQUES DE CES CHANGEMENTS : 

Pourquoi une telle interrogation ? 

- Il semble essentiel dans l’analyse de ces changements de s’affranchir de l’hégémonie de la pensée 

économique dominante, même si la prise en compte des coûts de la santé reste une exigence légitime. 

- Ne pas le faire serait capituler devant une idéologie libérale qui a justement pour caractéristique et 

stratégie de délégitimer toute critique non fondée sur une approche économique. 

- Mais tenter de le faire c’est revenir à la recherche du « sens » et de la finalité de l’organisation d’un 

système de soins destiné à la satisfaction de besoins sociaux reconnus utiles. 

- Christiane VOLLAIRE écrira, en septembre 2003, que « Ceux qui veulent nous imposer de copier le 

modèle américain ne sont pas des réalistes économiques mais des dogmatiques extrémistes » . Ils veulent 

ignorer les responsabilités sociales de la communauté et même la réalité de l’interdépendance économique et 

politique  entre  les  sujets, qu’Adam SMITH lui-même, théoricien du libéralisme au XVIII ème siècle, avait 

décrit dans la « Théorie des sentiments moraux », avec l’évidence de déterminants psychologiques dans les 

relations humaines qui ne peuvent être réduits à leur seule dimension marchande. 

- Lorsque «  la  dérégulation du marché est imposée par conviction idéologique elle produit inévitablement 

une dérégulation de la politique sociale ».Cette conséquence révèle l’autre facette d’une idéologie libérale 

qui englobe la promotion de l’individualisme, mais aussi un désintérêt authentique pour la solidarité 

sociale.

                                                                            7 

- Pour Jacques RANCIERE : « Le discours intellectuel dominant rejoint la pensée des élites censitaires et 

savantes du XIX me siècle : L’individualité est une bonne chose pour les élites, elle devient un désastre de la 

civilisation si tous y ont accès » et « La vie démocratique devient la vie apolitique du consommateur 

indifférent de marchandises »  Et  « La conclusion qu’on nous invite à tirer est que la démocratie est une 

forme politique d’un autre âge…Tout ce qui peut rattacher les hommes entre eux semble une chaîne servile 

à la démocratie individualiste » . Ce qui s’exprime en fait c’est « Simplement la haine de l’égalité ». 

- Ce versant « obscur »  est celui d’un extrémisme inavouable qui nie l’importance du lien social et de 

l’altérité elle-même. 

- Ce sont des siècles d’histoire politique, religieuse et philosophique de construction d’une certaine 

civilisation qui sont niés, au profit d’un autre modèle, marchand, qui se révèle aussi néfaste au Nord 

qu’au Sud de la planète. 

- Amartya SEN, prix Nobel d’économie 1998 à l’apogée de son parcours d’économiste a compris que 

« L’économie doit être une science morale et contribuer aux finalités éthiques de la décision politique ». 

Au centre de cette exigence éthique se trouvent « Les Droits dont sont dotés les groupes vulnérables ». 

- La vraie « rationalité » est celle qui impose d’assurer cette responsabilité sociale de la puissance 

publique ; toute autre politique est un extrémisme fanatique du profit. 

- François DUBET nous explique que certaines inégalités posent « Indissociablement un problème de 

sociologie et un problème de philosophie politique ». Il rappelle que « Toutes les théories du contrat social, 

qu’il soit politique comme chez ROUSSEAU, ou économique comme chez SMITH, posent le principe d’une 

égalité de départ…De ce point de vue l’égalité est une valeur et les inégalités injustes, encore faudrait-il 

les définir, apparaissent comme un scandale » .La plupart des inégalités   « Apparaissent  comme  le 

produit  plus  ou moins pervers de pratiques ou politiques sociales qui ont, justement pour objectif de les 

limiter ». Même les politiques sociales accomplies « Sont souvent favorables a ceux qui en ont le moins 

besoin ». Cyniquement « La pensée libérale conservatrice dénonce souvent cette passion pour 

l’égalité…qui engendre une considérable inefficacité économique ». Mais « Parcequ’il est inévitablement 

attaché au principe de responsabilité de soi, le désir d’égalité entraîne une exigence continue de 

reconnaissance…Les pauvres n’acceptent pas d’être réduits au statut de cas sociaux, d’être ignorés et 

surtout, d’être contraints de s’affirmer comme des porteurs de projets, alors même qu’ils sont dépossédés de 

cette capacité ». Il constate aussi « Tandis que la honte socialise l’expérience sociale, le mépris la 

désocialise, il en fait une affaire de pure image de soi, il dégrade l’expérience de classe en une série 

d’interactions narcissiques ou blessantes ». 

- Il est possible d’imaginer que certains renoncements au soin tirent leur origine de ce mépris, en sus de 

causes économiques possibles, lorsque certains territoires sont dépossédés de leurs services publics de santé. 

- Les inégalités induites débouchent inévitablement sur une société plus autoritaire et sécuritaire pour 

prévenir et contenir les mécontentements résultant des injustices sociales. 

3 /  –  L’ HISTOIRE  SINGULIERE  DES  RESEAUX : 

L’histoire singulière des « réseaux » illustre cette capacité de l’idéologie libérale à pervertir et récupérer 

une évolution qui se voulait prometteuse de modification des pratiques après une réflexion approfondie 

sur les objectifs sociaux: 

Les « Réseaux de soins  puis les  Réseaux de santé  se sont construit à la marge du système de distribution des 

soins pour tenter de faire face à des problématiques de santé que le système en place n’était pas en mesure de 

solutionner » 

- .Didier MENARD, président de la coordination nationale des réseaux, a été témoin de la dérive d’un 

système innovant et prometteur : Les réseaux ont « Inversé le principe selon lequel les personnes devaient 

s’adapter à la pratique des professionnels, et proposé que ce soit les professionnels qui adaptent leurs 

pratiques à la réalité des personnes malades » en « Faisant voler en éclat le rapport dominé / dominant 

dans  la  relation médecin / malade…permet  aux  personnes  malades  de  se   réapproprier  leur santé »  en 

«  Passant au concept de santé bio-psycho-sociale. C’est à dire …ne plus réduire la santé à la médecine ». 

Il s’agit de « Proposer à la personne un projet thérapeutique qui mobilise ses propres compétences et 

celles de son entourage, en  écoutant  les  exigences de la personne pour la faire adhérer au projet au terme

                                                                                     8 

- d’un processus de négociation ». Il s’agissait de faire face, comme le précisait une « habitante relais » 

Fatima BOUTIH à « La complexité de l’accès aux soins et aux droits sociaux les plus élémentaires »   en 

créant  «  Un  maillon   relationnel   manquant  »  qui   s’ appuyait  sur  «  Un  réseau interprofessionnel 

déjà constitué » ; la fonction a pu être reconnue sous l’appellation de « médiatrice socio-sanitaire ». 

Mais de la réflexion à la mise en pratique, les errements ont été nombreux : 

- Les premières expériences après les ordonnances d’avril 1996 «  Se proposaient d’utiliser le réseau de soins 

comme un outil spécifique pour la mise en place des protocoles de soins afin de rationaliser les dépenses 

de santé » . 

- Ces réseaux devaient être « accrédités  par la « Commission SOUBIE : Un échec patent de la technocratie 

bureaucratique ». 

- Ce modèle ne correspondait pas aux réseaux à vocation bio-psycho-sociale. 

La reconnaissance législative elle-même a contribué à la perversion du concept : 

- Les « réseaux » ont été reconnus et légitimés par la Loi , au travers de la Loi du 4 mars 2002 puis du 

décret du 17 décembre 2002, mais ces textes ont contribué à complexifier la définition des réseaux. 

- En effet les logiques institutionnelles en ont perverti l’esprit : 

D’abord par le dispositif des « Fonds pour l’Amélioration de la Qualité des Soins de Ville » 

(FAQSV), qui restent rattachés aux institutions plus qu’a l’écoute des populations. « Ils privilégient 

l’activité des soins au détriment de l’approche médico-psycho-sociale qui a constitué l’innovation 

principale des réseaux ». 

Puis par la Loi du 4 mars 2003 qui décide que ce seront les duos URCAM/ARH qui géreront les 

réseaux , hospitalo-centrés, au dépens des réseaux de santé qui se voulaient être un outil de la 

transformation des pratiques professionnelles. Les réseaux autour du « Plan Cancer » illustrent cet 

hospitalo-centrisme. 

« C’est parcequ’il y a une crainte profonde de voir remettre en cause la domination du modèle biomédical, 

face à l’approche médico-psycho-sociale, que les URCAM/ARH décident de financer les réseaux de soins 

pseudopodes de l’hôpital ».(Didier MENARD) 

La « politique des réseaux » reste donc soumise à des enjeux parfois contradictoires : 

- Il existe toujours une confusion : 

entre réseau de soin et réseau de santé ; 

entre réseau thématique et réseau populationnel ; 

entre réseau de structure et réseau de proximité ; 

entre filière et réseau. 

- L’objectif du réseau est bien « D’améliorer la santé des populations, non de résoudre la crise de 

l’institution médicale et sociale . Nous sommes dans la reconstruction d’un système de santé des 

personnes, pas dans la promotion du tout médical ». 

- Le réseau s’inscrit «  Dans une dynamique de progrès social » . 

Mais les réseaux sont aussi un enjeu économique, en particulier pour les assurances complémentaires. 

- Elles peuvent avoir la tentation, au travers de réseaux, de sélectionner leur clientèle et de contribuer à ce que 

la prestation soit « la moins onéreuse possible ». 

- Parce que le réseau « produit » des soins à meilleur coût, il devient « économiquement intéressant ». 

- Le risque est qu’une emprise sur les réseaux en fasse « Un outil d’exécution d’une gestion économique 

des dépenses maladies ». 

- Cette dérive peut aussi « tuer les réseaux ».

                                                                              9 

- CHAPITRE  II – 

                                                 LE NOUVEAU PARADIGME LIBERAL : 

Le développement de l’ultralibéralisme au sein de la société capitaliste correspond : 

- 1 / A une rupture dans un contexte de mondialisation 

- 2 / Se réalisant avec de nouveaux outils qui en santé sont ceux de l’hôpital entreprise 

- 3 / Au détriment d’autres approches possibles 

- 4/  Le territoire local n’est plus une priorité 

1/ UNE RUPTURE DANS LE CONTEXTE DE LA MONDIALISATION 

Une double rupture, historique et conceptuelle majeure sont intervenue avec la tempête libérale des deux 

dernières décennies. 

La recherche de la «rentabilité économique » dans tous les domaines, nouveau paradigme libéral, a vu 

s’accentuer toutes les inégalités et les exclusions ; le secteur sanitaire et social n’a pas échappé à cette 

évolution désastreuse. 

Il ne s’agit pas d’une affaire franco-française ; l’idéologie dominante est celle de la mondialisation libérale 

faisant de la santé «un marché comme les autres » et de la maladie une matière première dont il convient 

d’extraire quelques plus-values. 

La tendance lourde est au désengagement des financements étatiques pour la promotion d’acteurs privés, tant au 

niveau de la protection sociale que de l’organisation des soins. 

- La révolution néolibérale a été initiée en Europe dés les années quatre-vingt, succédant aux politiques de 

Ronald REAGAN aux USA et Margaret THATCHER en Grande Bretagne. 

- Son premier défenseur en France fut un socialiste Jacques DELORS qui a beaucoup contribué à la 

disparition de la différenciation « gauche-droite » et à la propagation de la « pensée unique ». En 1984 

« L’acte unique européen » consacrait l’entrée de l’Union Européenne dans le libéralisme avec le soutien 

consensuel des gouvernements majoritairement socialistes en Europe à cette période. 

- La révolution financière des années 80 correspond à la prise de pouvoir de la bourse dans le 

«  management »  des entreprises, mais aussi de l’ensemble de l’économie. Les managers eux-mêmes 

perdent toute vision prospective et toute idée de « responsabilité sociale » envers le monde du travail ; ce 

sont au contraire le profit à court terme, la chasse aux avantages et stock-options pour eux-mêmes et la 

spéculation boursière maximale qui deviennent les nouveaux rites de la religion du profit, quel que soit le 

coût social de ces pratiques. Daniel COHEN parlera de la « trahison des managers ». Même la « droite 

dure » reconnaîtra les excès des « patrons voyous »… 

C’est dans ce contexte que l’immense marché de la protection sociale et des réseaux de soins,  comme d’autres 

services publics, sera livré aux appétits d’opérateurs privés, qui voient ces activités comme une proie potentielle 

trop longtemps tenue à l’écart du marché . 

La santé soumise désormais aux lois du secteur marchand et à l’appétit de ses actionnaires ne peut que 

subir le retour et l’accentuation de fortes inégalités territoriales. 

- Le libéralisme s’accommode fort bien d’une construction très inégalitaire de l’accés aux soins. Cette 

inégalité est constatée de façon flagrante  à l’échelle planétaire dans les relations Nord-Sud, mais aussi au 

cœur même de l’empire libéral que représentent les USA. 

- L’apartheid social est inscrit dans la logique du système libéral et représente même une des conditions 

de sa «prospérité » si mal partagée. La nouvelle « pensée unique » équivaut à l’extinction de toute pensée 

politique et sociale, remplacée par un seul dogmatisme, économique.

                                                                                10 

La déconsidération organisée de l’hôpital public a été, selon l’auteur en avril 2000,  une entreprise organisée 

dans laquelle des groupes de pression parfois occultes et des relais médiatiques ont joué un grand rôle . L’hôpital 

déjà fragilisé par un étranglement budgétaire se voit « classé » selon des « palmarès » (Le Figaro 18 9 1999) ou 

jugé par un mystérieux « groupe hôpital » anonyme, dans « Le sombre bilan de l’hôpital public » (Le Figaro 8 

10 1999) . Peu d’observateurs remarqueront que les critères du palmarès sont le chiffre d’affaire (volume 

d’activité),  le caractère attractif  (notoriété),  la productivité (durée brève de séjour)  ;  mais sans évaluation de la 

qualité des  soins ou la validité des pratiques. Le « Sombre bilan » n’est qu’un pamphlet contre le statut public 

des personnels (qui devrait être abrogé) « pour une saine épuration (sic !) devant rendre possible la performance 

économique ». (voir contribution nos 10 de l’auteur). 

La «révolution libérale » a tourné la page du contrat social et d’un aménagement du territoire visant à 

réduire les inégalités. 

2 / - LES OUTILS MIS EN PLACE : L’HOPITAL ENTREPRISE 

Les outils mis en place et les objectifs définis sont ceux de la «marchandisation » de la Santé. L’" Hôpital- 

Entreprise" avec sa nouvelle «gouvernance », ses «pôles » d’activité, sa «tarification à l’activité » et la 

«contractualisation » de ses missions comme de ses personnels a pour seul objectif la rentabilité.(voir 

contribution nos 18 de l’auteur). 

- C’est l’appauvrissement de la pensée et l’hégémonie de l’économie (voir chapitre I-2) qui ont permis 

une telle dérive absurde. 

- On pouvait comprendre que la notion de « gain de productivité » ait un sens dans le domaine industriel ou 

les machines par exemple, décuplent et parfois plus, les performances humaines. Mais appliquer ce même 

dogme de la recherche de gains de productivité à des activités de service dans lesquelles la relation 

humaine, le temps passé et sa qualité font partie de la nature même de l’activité, est dépourvu de sens. 

- Cela se traduit par  des réductions de moyens, de personnels et de temps consacré qui ne peuvent qu’altérer 

le service rendu. 

- Pour se conformer aux règles de l’économie, on oublie de définir d’abord « l’utilité sociale » d’une 

activité ; ce qui aurait conduit à lui affecter les moyens considérés nécessaires ; sans refuser une 

amélioration des organisations et des pratiques, mais avec d’autres exigences que celles édictées par les 

économistes autoproclamés spécialistes en santé ! 

Le 1 mars 2004, 1160 chefs de services et  praticiens hospitaliers de toute la France, (après une première 

démarche de 244 professeurs de médecine de l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris), ont signé une lettre 

ouverte au président de la République Jacques CHIRAC, restée sans réponse, pour l’alerter sur la dégradation de 

l’hôpital public et le manque de moyens : «  L’augmentation des besoins de santé de la population…appelle à 

l’évidence une redéfinission des fonctions et des structures de l’hôpital…Le pire serait d’utiliser cette crise pour 

restructurer l’hôpital, non pas en fonction de projets médicaux, mais en fonction de critères purement 

gestionnaires » ; et « Il ne nous appartient pas de gérer la pénurie en restreignant l’accès aux soins ». 

Mais le « formatage de la pensée médicale » est en marche et le caractère autoritaire de la nouvelle 

gouvernance crée dans chaque établissement un rapport de force bien peu favorable à la dénonciation d’une 

dérive observable par tous. 

- Même si les syndicats de praticiens hospitaliers sont très majoritairement hostiles à la réforme de la 

tarification autant qu’a la nouvelle gouvernance et la remise en cause des statuts publics ; on trouve comme 

toujours un syndicat minoritaire qui joue le jeu de la collaboration avec la réforme présentée comme 

indispensable pour « sauver l’hôpital » , alors qu’il s’agit en fait de le rendre plus vulnérable pour organiser 

sa privatisation. 

- Le Pr. André GRIMALDI précisera : « Le but ultime de la réforme des hôpitaux est d’en finir avec le statut 

de la fonction publique en permettant aux hôpitaux déficitaires d’élaborer des plans sociaux ou de déposer 

leur bilan. Pour mener à bien une réforme aussi brutale, il faut passer par une phase intermédiaire où les 

hôpitaux, tout en gardant un statut public, devront être gérés en fonction de leur rentabilité »(14 1 2006)

                                                                              11 

3/ - LES AUTRES APPROCHES POSSIBLES SONT ECARTEES 

Rares sont ceux dans le monde hospitalier qui osent dénoncer le dogme libéral lui-même. On peut citer 

cependant des réflexions et analyses de médecins de santé publique, de sociologues, d’anthropologues ou de 

philosophes qui essayeront de montrer la « face cachée » d’un processus dont le sens et les conséquences 

débordent très largement le champ de la santé . Ces critiques concernent pour l’essentiel les conséquences de la 

T2A, sans faire toujours le lien avec le dogme libéral qui en est la source : 

* 1 *.En santé Publique : 

Didier FASSIN, médecin de santé publique et anthropologue qui en 2002 analysait dans : « De l’assurance 

maladie aux inégalités de santé » le paradoxe français : 

- La France qui est classée en 2002 au premier rang des systèmes de soins par l’Organisation Mondiale de la 

Santé (OMS) , observe cependant un très fort écart d’espérance de vie à l’âge de 35 ans, de moins neuf ans 

chez l’homme et moins cinq ans chez la femme, selon les catégories socioprofessionnelles. Ce constat 

« relativise …le rôle du système de soins…dans l’analyse des bénéfices pour la population, si l’on se 

place du point de vue de la justice sociale» . 

- Il en est déduit que cette question, la justice sociale « doit se penser au niveau de l’ensemble des politiques 

publiques…et non uniquement au niveau du système de soins ». et que « L’état est une instance totalement 

légitime pour arbitrer les différentes affectations des ressources publiques…A condition bien sur que l’on 

ait affaire à un Etat Social ». 

La santé des personnes n’est pas fonction de la richesse d’un pays, mais  de la politique sociale qui y est 

menée. Pour les USA, Amartya SEN, prix Nobel d’économie 1998 nous rappelle que ce pays, parmi les mieux 

placés  en  terme de  « Produit National Brut » (PNB) par habitant, n’est que douzième pour l’espérance de vie 

et que aux USA la prise en charge d’un « cancer » est inaccessible pour un salaire moyen, alors qu’elle est 

encore a prés de 100% en France. 

Nous verrons que les inégalités dans les territoires du soin sont un des facteurs explicatifs de ce constat. 

Mais l’idéologie dominante tente de nier les principaux déterminants de ces inégalités. Didier FASSIN 

rappelle ainsi que les déterminants des inégalités sociales de santé se partagent entre 

Ce que les Anglais appellent le « Life style », c’est à dire les comportements et les prises de risque en 

général 

Et ce qu’ils appellent le « Living conditions », tenant compte de la situation sociale, de l’histoire 

personnelle et de l’appartenance de classe. 

Chez nous en France, les études du Haut Comité de Santé Publique insistent sur le premier déterminant, 

celui du comportement ; ce qui permet de « culpabiliser » les malades et de « dépolitiser » le débat en 

faisant l’économie de la prise en compte des réalités sociales. 

- Cette orientation partiale des analyses produites, écartant les questionnements politiques, est centrale dans 

l’idéologie ultra-libérale. Il est dés lors plus facile de donner à la politique en matière de santé une 

orientation « curative », avec un « zeste » de prévention et d’éducation. Cette orientation curative est celle 

qui alimente le mieux le secteur « lucratif ». 

- Paradoxalement même, lorsque des mesures d’éducation et de prévention sont prises, elles sont mieux 

reçues par les catégories déjà favorisées, ce qui contribue à accentuer les inégalités de santé par la meilleure 

attention portée sur les sujets les moins exposés. 

- En renvoyant chacun à la gestion de son « capital santé » , on exonère de leur responsabilité et on 

exclue du débat social, tous ceux qui sont à l’origine de la dégradation des conditions de vie, de 

travail, ou de difficultés de recours au soin. 

- La question « du territoire du soin » devient, par déni, une question très accessoire, alors même que la 

quantification des inégalités exprimée en terme d’espérance de vie, démontre les conséquences 

dramatiques en terme d’injustice sociale de ces inégalités… 

- La suppression de la « carte sanitaire » qui interviendra en septembre 2003 prend ici son vrai « sens » 

et révèle sa dimension idéologique.

                                                                                12 

Ainsi Didier FASSIN peut conclure : 

«  On paie en terme de morbidité, de mortalité et d’écarts d’espérance de vie le prix des inégalités 

sociales ». 

«  Notre bon système de santé ne permet pas de corriger les disparités que la société produit ». 

- Devant ce constat, la santé publique nous enseigne donc qu’ il est de première importance que 

l’organisation des territoires du soin et l’aménagement du territoire puisse contribuer à réduire ces 

inégalités et non à les accentuer. 

- L’objectif  doit bien être de vivre mieux et de mieux vivre ensemble, ce que ne peut permettre un projet 

libéral poussé dans sa logique économique jusqu'à des choix extrêmes détruisant le tissu des solidarités. 

* 2 * En sociologie : 

Dans les soins, il « se passe autre chose que la question du corps, du bien être et de la santé publique. Ce 

qui est en cause c’est la question des Droits Sociaux, de la Citoyenneté, de la dignité de la personne ». 

(Didier FASSIN) 

Alain CAILLE, professeur de sociologie à Nanterre et directeur de la revue du « Mouvement Anti-utilitariste 

dans les Sciences Sociales » (MAUSS) écrivait « La révolte contre la deshumanisation de la médecine ». – 

- Son objet est d’interroger la médecine prétendument scientifique, la « biomédecine », sur ses limites et ses 

insuffisances. 

- Il nous rappelle que les anthropologues-sociologues comme Marcel MAUSS savent reconnaître qu’il existe 

des « Maladies considérées comme fonctionnelles, c’est à dire inassignables à une cause organique 

objective ». 

-  Ces faits sont « De ceux ou la nature sociale rejoint très directement la nature biologique de l’homme ». 

Isabelle STENGERS, épistémologue et historienne des sciences contemporaines, ose la question : « Est-il sur 

que la médecine moderne…, soit en effet scientifique ? ». 

Tobie NATHAN et Isabelle STENGERS, dans « Médecins et sorciers » s’interrogent sur « L’écart 

considérable entre les croyances que l’expérimentation permet de démonter, négativement ; et la capacité à 

expliquer de manière positive les situations rencontrées » et cet écart, pour elle , « n’a rien d’anecdotique ». 

Pierre BOURDIEU, sociologue écrivait : « Les politiques néolibérales qui sont aujourd’hui imposées, au nom 

des sciences économiques…ne sont que l’universalisation des présupposés éthico-politiques d’une tradition 

historique particulière, celle des Etats-Unis ». Cette tradition « Va jusqu'à faire de l’insécurité sociale un 

principe positif d’incitation…avec une  vision  néo-darwiniste  en  tous points opposée à la vision solidariste » 

Cette philosophie « traite la santé comme un capital individuel » . 

Pour Marcel GAUCHET : « Le besoin de protection fait partie de la nature sociale de l’homme 

contemporain…Il est…naïf de prétendre que l’abolition de ces protections libérerait un individu qui n’attendrait 

que cette occasion pour déployer enfin toutes ses possibilités. C’est la naïveté de l’idéologie néolibérale 

dominante » (1991). 

- Si la médecine est bien « A l’intersection du biologique et du social », on comprend que « Les 

thérapeutiques qui guérissent agissent par le rétablissement d’un équilibre multidimensionnel ». 

- Cette dimension est totalement ignorée par la biomédecine qui ne voit le corps que comme une 

accumulation d’organes, séparé de son existence sociale, de son territoire et de ses conditions de vie. 

- Prétendre soigner « hors du territoire » et en ignorant le social est sans doute dans de nombreuses 

circonstances un choix voué à l’échec.

                                                                                 13 

* 3 * Un enjeu démocratique 

Au-delà même de l’objectif d’atténuation des inégalités entre les territoires, leur préservation dans 

l’espace public est un enjeu démocratique fort, comme le montrait aussi François DUBET cité plus haut. 

- C’est « Sur le territoire » que « Se construit une entité communautaire . Et toute entité politique ne peut se 

définir qu’a partir de son lieu géographique : Etre c’est être quelque part » 

Les conséquences de la restructuration de nos territoires sanitaires dépassent très largement le seul domaine 

sanitaire : 

- Pour Christiane VOLLAIRE : «  L’ampleur prise…par les phénomènes de privatisation apparaît alors 

pour ce qu’elle est : Une vaste entreprise non pas de reconnaissance de la vie privée et de la liberté, mais 

au contraire de négation des possibilités de survie privée au nom de la défense d’intérêts privatisés, c’est à 

dire soustrait au droit de regard de la communauté et confisqués à l’espace commun. La privatisation est 

devenue la négation même de ce qui fonde la reconnaissance de la vie privée sur la possibilité d’une 

existence commune, à partir de ressources communes, sur un territoire commun.». 

- Hannah ARENDT aussi avait bien montré que « L’atomisation des intérêts privés, en détruisant la notion 

de bien commun, détruit tous les fondements d’une morale privée , puisque toute morale authentique 

repose sur une reconnaissance individuelle de la valeur du collectif ». Et cette destruction de la 

« subjectivité morale » est la condition du totalitarisme. 

La notion même de Santé Publique est donc liée à cet enjeu démocratique puisque : « La 

privatisation…prive l’espace public de sa dimension symbolique, et discrédite ainsi l’idée même de 

solidarité ». 

4 / - LE  TERRITOIRE  LOCAL  N’EST  PLUS  UNE  PRIORITE : 

Pour revenir aux conséquences pragmatiques de ces réflexions, il apparaît que c’est bien «  dans le 

territoire» que le sujet peut être « approché, écouté et aidé » dans la majorité des situations pathologiques 

observées dont le caractère pluridimensionnel est une évidence pour qui veut bien l’observer. 

- Cela revient , pour un professionnel de santé, tel que Patrice MULLER à « Affirmer la primauté des soins 

primaires » et « Aller d’un système de soins vers un système de santé ». 

- Car, dit-il « Le local (est) , tenant et aboutissant de la refonte de l’Assurance maladie ». L’essentiel est 

donc de prendre en compte « Au plan local et régional les rôles des trois acteurs principaux que sont les 

usagers, les professionnels du soin du secteur sanitaire et social et les gestionnaires » participant tous à une 

régulation et à une gestion tripartite. 

- Un système doit être totalement repensé ; un niveau local de gestion et de concertation est à créer et il faut 

sortir du paiement à l’acte curatif exclusif des médecins. Il est imaginé de pouvoir créer des « Chambres de 

santé » pour le suivi des actions de santé publique entreprises au niveau local, ouvertes aux professionnels et 

aux non-professionnels. (Voir dernier chapitre, sur les perspectives) 

- Ces réflexions rejoignent celles concernant les « réseaux de santé » et confirment l’importance du 

« territoire du soin » à une échelle qui ménage le lien et l’environnement social. 

- Mais il apparaît, au terme de ce chapitre décrivant la « rupture libérale », que le territoire local n’est 

plus considéré comme une priorité. 

- L’idéologie qui considère la santé comme « un marché comme les autres » débouche sur la promotion 

de « l’hôpital entreprise », dont la rentabilité est attendue. 

- La satisfaction des besoins locaux des populations environnantes n’est plus une exigence première.

                                                                                    14 

CHAPITRE  III – 

                                             LA MISE EN ŒUVRE A ETE PROGRESSIVE 

La révolution libérale dans les territoires du soin a nécessité plusieurs étapes : 

- 1 / La mise en place des SROS I et II 

- 2 / Le SROS III (de troisième génération) 

- 3 / Avec l’accompagnement de changements culturels importants 

- 4 / Ceci n’a été rendu possible que par une succession de réformes législatives 

- 5 / Nous verrons que la dimension européenne de ces réformes est essentielle 

1 - Les SROS 1 (1994) et 2 (1999)  préexistaient à la réforme «Hôpital 2007 » ( élaborée en 2002) . 

Ils avaient initié les processus de restructurations, parfois bénéfiques, des établissements de santé ; mais ils 

avaient aussi préparé la mise en concurrence entre les établissements, sans que le cadre juridique permette encore 

les dérives qui seront plus tard observées. 

 Ces deux premiers SROS ont cependant entraîné la fermeture de 90.000 lits en douze ans (Les Echos 3  avril 

2006).. 

- Le SROS II à partir de 1999 sera accompagné d’un apparent souci de légitimité démocratique en 

instaurant une nouvelle forme de débat public sur les questions de santé : « Les états généraux de la santé » 

qui avaient été annoncés dans la campagne de Lionel JOSPIN pour les législatives de 1997 et lancés par le 

Conseil des Ministres du 13 mai 1998. Chaque région organisera au moins un forum sous l’autorité des 

Directions Régionales des Affaires Sanitaires et Sociales (DRASS) autour de quinze thèmes retenus. 

« L’accessibilité » était une des attentes clairement exprimées par ces Etats Généraux conclus le 30 juin 

1999 par le Premier ministre (Rapport Etienne CANIARD sur la place des usagers dans le système de 

santé). Mais le bilan oblige à constater que les recommandations exprimées ne seront guère prises en compte 

dans le domaine de la planification sanitaire,( même si elles l’ont été dans d’autres domaines concernant en 

particulier les « droits des malades hospitalisés » ).Le « bilan du SROS » par la ministre de la santé 

socialiste en 2001,  Elisabeth GUIGOU s’inscrira comme un désaveu de la démarche des « forums » 

lorsqu’elle déclarera : « Nous avons atteint un objectif de croisière sur la fermeture des lits, il nous reste 

encore trente mille lits à fermer en médecine, chirurgie et obstétrique ». ( !) 

- Depuis 1987 la moitié des maternités française ont disparu ; huit départements n’en comptent qu’une 

seule localisée dans le chef-lieu. Mais au terme de ces restructurations , la carte des maternités recoupe 

celle des inégalités sociales : La ville de Neuilly-sur-Seine avec ses 70.000 habitants, conserve trois 

maternités ; mais tout l’ouest du Val de Marne, pour plus de 400.000 habitants et quatorze agglomérations 

ne possède plus que deux maternités., six mille accouchements par an doivent avoir lieu hors du 

département ! Un référendum d’initiative locale est prévu le 19 novembre 2006 par le Maire d’Ivry pour 

dénoncer le projet de fermeture de l’hôpital Jean-Rostand d’Ivry qui accueille plus de deux mille naissances 

par an. Le préfet conteste déjà cette initiative qui prévoit le vote de tous les résidents. On pourrait donner de 

nombreux autres exemples de ces « restructurations annoncées » arbitrairement imposées. 

- Le nombre de lits était de 570.000 en 1987 dont 65% dans le public ; les fermetures s’accentuent à partir de 

1990 ; il reste moins de 470.000 lits en 2003 avec encore 65% de lits publics. Beaucoup de cliniques privées 

se sont dans le même temps regroupées. 

2 - Le SROS 3 (de troisième génération) 

- A partir de la circulaire du 5 mai 2004, il envisage dans chaque région des mesures plus radicales qui 

clairement ne correspondent plus aux «besoins des populations » mais à l’objectif économique de 

rentabilité : La mise en concurrence, la comparaison des coûts et l’alibi des normes sécuritaires que 

l’on voudrait partout calquer sur celles des grands centres de référence, servent de justificatifs au 

démantèlement de l’existant quel que soit l’avis des populations concernées.

                                                                                     15 

- Désormais les services de chirurgie sont les premiers visés et le départ des anesthésistes entraîne de fait 

l’incapacité à maintenir certains services d’urgence ; l’argument avancé est la « sécurité », mais l’objectif 

est bien la réalisation d’économies. On appelle cela « améliorer l’efficience ». 

- Il s’agit aussi de marier public et privé. Certaines fermetures sont présentées comme des « chances » pour 

pouvoir héberger de nouveaux services de gériatrie en proposant des « échanges de services » qui 

préserveront l’emploi. 

- Les conséquences du « numerus clausus » et la pénurie organisée depuis deux décennies de médecins 

spécialistes sert d’alibi a des choix présentés comme inévitables. 

On oublie de rappeler que depuis le « Plan Juppé » en 1995-96, il était affirmé que réduire le nombre de 

médecins et donc l’offre de soins serait un facteur déterminant de réduction de la consommation médicale 

et donc des dépenses de santé, ce qui s’est avéré faux. 

Le SROS 3 suscite de très nombreuses réprobations : 

- La coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternité de proximité a été, fondée 

en avril 2004 à SAINT-AFFRIQUE. 

- Les Maires , présidents des conseils d’administration des établissements concernés , sont soumis à un 

chantage à la responsabilité qu’ils devraient assumer en cas d’incident grave dans « leurs » établissements, 

dont ils auraient refusé la fermeture recommandée ; seront ainsi fermés des blocs opératoires presque neufs 

ou remis aux normes, ou dotés d’équipements coûteux  dont la population sera privée. Un seuil de deux 

mille interventions par an pour un bassin de cinquante mille habitants est  proposé par le Conseil National de 

       la  Chirurgie (Dont l’actuel président est A VALLANCIEN). Il  est pourtant  observé par David CAUSSE de 

       la Fédération Hospitalière de France que des dizaines de cliniques privées n’atteignent pas ce seuil ! 

- Plusieurs Conseils Régionaux, même non investis de la « compétence sanitaire» réservée aux ARH, ont 

voté en 2005 et 2006 contre l’application du SROS 3 dans leurs régions respectives (Rhone-Alpes, Poitou- 

Charente, PACA, Ile de France, Nord Pas de Calais..). 

- La non-adhèsion en même temps que l’impuissance des assemblées régionales élues face aux réformes 

imposées par les structures exécutives non-élues que sont les ARH pose un sérieux problème 

démocratique et révèle en même temps les aspects antisociaux des récentes Lois de décentralisation. 

3 - Une telle évolution a nécessité de profonds changements « culturels ». ( Voir chapitres 1 et 2 ). 

- Une nouvelle génération de « managers » et une nouvelle «  race » de médecins sont apparus complaisants 

aux réformes proposées, en particulier dans le secteur public.( Voir contribution nos 18 ) On peut décrire : 

* 1 -  Une idéologie managériale 

* 2 -   Associée au formatage de la pensée des acteurs 

* 3 -   Dans un formatage juridique singulier 

* 4 -   Avec un déni de l’autonomie des professionnels 

1 – L’idéologie managériale : 

- Tout au long de cette période, « l’excellence », qui évoquait la qualité, a été remplacée par 

« l’efficience » qui évoque la productivité. 

- Vincent de GAULEJAC parlera de « La part maudite du management : L’idéologie gestionnaire » en 

décrivant un processus singulier : « La gestion se présente comme pragmatique, un outil parfaitement neutre 

destiné à optimiser le fonctionnement des organisations » . Il précise : « Evoquer le caractère idéologique 

de la gestion consiste à montrer qu’il n’y a pas de neutralité de cet outil…Au lieu de considérer l’entreprise 

comme une communauté humaine, la théologie gestionnaire tente de mettre la société au service d’une 

certaine conception de l’économie et du développement économique ». 

-  Cette idéologie parvient, au nom d’un « paradigme utilitariste » a ne considérer « la pensée comme utile 

que dans la mesure ou elle est opératoire ». Ainsi « la pensée critique (est  placée) du côté de 

l’insignifiant ». 

-  Pour les nouveaux managers « Ce n’est plus le corps qui est l’objet principal du pouvoir mais la psyché : Il 

s’agit de canaliser la psyché pour la rendre utile, docile et productive »

                                                                            16 

- L’idéologie managériale gestionnaire, indépendamment de ses effets et de son champ d’application, 

apparaît  comme  un  anti-humanisme,   qui   s’accommode  de  l’instrumentalisation  de  l’humain.    Cette 

idéologie redonne une « modernité » à l’idéologie esclavagiste qui était la forme primitive de l’utilitarisme ; 

elle réactive aussi le mythe du « sous-homme », l’employé jetable, en ce sens que le sujet ne vaut que par sa 

productivité et la plus-value dont il est capable ; c’est à dire qu’il vaut « lui », moins que le profit que 

l’on peut espérer de son exploitation ! 

- L’accentuation du pouvoir de l’administration passe par un renforcement de ses effectifs :Entre 1997 

et 2001, selon le rapport de Gérard CORNILLEAU, l’effectif administratif est passé de soixante et onze 

mille à soixante et quinze mille, pendant que le nombre de médecins « pleins temps » dans les hôpitaux 

restait autour de cinquante mille ! Pour Jean Marie CLEMENT, professeur de Droit Hospitalier et Médical 

(Université Paris VIII)  la dérive  est  flagrante : « Est-il nécessaire de consacrer toujours plus aux dépenses 

d’organisation administrative au détriment de la production médicale ? » et « Le scientisme n’est pas 

seulement d’ordre médical, il consacre actuellement le raisonnement des décideurs politiques ; pour eux 

tout peut se résoudre par l’organisation administrative… ». «  Les Lois deviennent des textes longs et confus 

où le Droit s’efface devant le détail organisationnel. On ne compte plus le nombre de textes, législatifs et 

réglementaires qui s’imposent aux établissements de soins…La complexité (est) le dernier avatar d’une 

société en panne d’arbitrage. La encore le recours à l’Ethique s’impose ». « Faut-il une organisation 

centralisée…de type agence (ARH), par exemple, pour rendre viable le concept de système de santé ? Le 

choix du système est déjà le signe d’une volonté de tout contrôler, jusqu’au détail. N’est-ce pas d’une 

totale vanité ? » (Avril 2006). Jacques BRUNIER, directeur du Centre Hospitalier de Vendôme s’insurge : 

« L’école (Nationale de Santé Publique) nous a enseigné l’obéissance aux règles de l’organisation panifiée 

alors que le directeur se trouve chaque jour en face de la nécessité d’obéir aux faits…Il faut rompre avec 

des rites bureaucratiques ». 

2 – Le formatage de la pensée des acteurs : 

- Des officines spécialisées sont mobilisées pour le formatage de la pensée des acteurs : La société « Reed 

Business Information » spécialisée en formation de « managers », par sa division « Commundi », est 

chargée d’organiser des séminaires de management pour les coordonateurs de « pôles » et autres médecins 

impliqués dans la nouvelle « gouvernance » de « l’hôpital-entreprise ». Un premier séminaire est prévu les 

21  et   22 novembre  2006   à  Paris ;  y   seront  enseignés   les  vertus  de  la  T2A,  la   « dynamisation  des 

       Professionnels »  c’est à dire  la  manière  de  vaincre  les  résistances, et le « benchmarking » qui est devenu 

       le   nom d’une comptabilité  analytique  rigoureuse  orientée  vers les économies maximales avec, s’il le faut 

       une  « approche par les contraintes ». 

3 – Un formatage juridique singulier : 

- En analysant d’un point de vue juridique la « nouvelle gouvernance », Claudine ESPER, professeur de 

Droit (Université Paris V) observe que l’ordonnance du 2 mai 2005 « Simplifiant le régime juridique des 

établissements de santé » prévoit des mesures singulières : Les modalités de recrutement des responsables 

de « pôles » et surtout la nature de leur « contractualisation » avec la direction de l’hôpital et le président 

de la Commission Médicale d’Etablissement (CME), lui-même contractualisé, prévoient de « Définir les 

objectifs d’activité, de qualité et financiers…(et) les conséquences en cas d’ inexécution du contrat…(ainsi 

que) l’évaluation annuelle entre les cosignataires ». Mais il est cependant remarquable que le responsable 

de pôle, face à son directeur, ne dispose lui « D’aucune personnalité juridique » mais seulement d’une 

« Délégation de gestion » dont le contenu et les modalités sont définis par le seul directeur. 

- Toutes les conditions d’une subordination complète sont réunies, auxquelles seraient bien avisés de 

réfléchir ceux qui croient que leur collaboration avec de telles instances exprime encore la persistance 

d’un quelconque « pouvoir » médical dans nos hôpitaux  qui pourrait défendre l’intérêt des malades! 

4 – Une autonomie des professionnels reniée : 

- En opposition avec cette idéologie libérale dévastatrice certains développent une réflexion sur le risque 

même de ces pratiques.

                                                                             17 

- Anne CHEVALIER dans « Les défis du management de la qualité dans les institutions sociales et médico- 

sociales- La qualité  comme  antidote  du risque idéologique », montre que : « Le risque est réel de voir des 

bonnes pratiques se convertir en une espèce de formalisme creux, satisfaisant aux exigences des autorités 

de contrôle mais dénué de sens ». 

- La solution préconisée est : « L’autonomie des professionnels, (qui) doit être pensée comme principe de 

base de l’organisation institutionnelle…A condition de se fonder sur une éthique de direction prenant en 

considération les personnes comme valeur de la pertinence et de la qualité de l’action menée ». 

- Ce ne sont visiblement pas de telles réflexions qui fondent la nouvelle « gouvernance »… 

 4 - Cette contre-réforme libérale n’a été rendue possible que par une succession de réformes législatives : 

- La Loi Hospitalière du 31 juillet 1991 distinguait une double notion : L’installation de «lits » était 

classifiée en plusieurs catégories ; médecine-chirurgie-obstétrique (MCO), soins de suite et réadaptation, 

longue durée et soins psychiques. L’autre notion était celle «d’activité de soins » en fonction de leur coût et 

soumises à autorisation de durée déterminée, renouvelables tous les 5 ans pour les plus coûteuses, 7 à 10 ans 

pour les autres ; sur décision ministérielle pour les premières ou des ARH pour les autres .Les décisions 

envisagées étaient soumises pour avis consultatif au « Comité Régional de l’Organisation Sanitaire et 

Sociale » (CROSS) ou au « Comité National de l’Organisation Sanitaire et Sociale » (CNOSS) selon la 

nature des activités.. 

- La Santé est définie depuis 1995 dans l’Accord Général sur le Commerc des Services (AGCS) de 

l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) comme un «Service Commercial ». Cette organisation 

non élue s’est accordée la prérogative de régir les rapports économiques entre les Etats, mais aussi d’en 

définir la philosophie générale qui vise à libéraliser , c’est à dire à privatiser tous les services y compris les 

services publics. Cet accord a été signé au nom de la France par le gouvernement Juppé en 1995, sans être 

dénoncé ultérieurement par le nouveau gouvernement socialiste d’alternance. 

- L’ordonnance du 24 avril 1996 crée les 26 Agences Régionales de l’Hospitalisation (ARH) ; mise en 

place des « contrats d’objectifs et de moyens » et de la  « procédure d’accréditation ». Le réseau de santé est 

officialisé. Les conférences régionales de santé sont créées et le décret  du 17 avril 1997 complète le 

dispositif. Les membres représentants des usagers sont désignés par le préfet ( !). 

- La loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé fait de 

« L’organisation régionale de la santé » (Art 35 à 44) un pilier de la mise en œuvre de la « Démocratie 

sanitaire » (Titre II de la Loi) mais sans préciser vraiment les lieux de décisions politiques ou juridiques, ou 

la population pourrait influencer vraiment la politique sanitaire. Une contradiction apparaît d’emblée dans le 

fait que c’est à l’échelon régional que la population est censée s’exprimer dans la « démocratie sanitaire » 

annoncée (Loi KOUCHNER) alors que les élus régionaux n’ont aucune compétence juridique reconnue sur 

les décisions sanitaires relevant des ARH. La question pouvait déjà être posée concernant la volonté 

authentique de cette démocratie sanitaire ou l’organisation simple de son simulacre ? Les « forums 

citoyens » organisés par Bernard KOUCHNER émettront des avis mais ne participeront à aucune instance 

décisionnelle de délibération. 

- Le plan « Hôpital 2007 » est présenté le 20 novembre 2002 par le ministre de la santé Jean François 

MATTEI (Démocratie Libérale) en Conseil des Ministres : « Un plan pour les établissements hospitaliers 

publics et privés » centré pour ces deux secteurs sur la  rentabilité de « L’hôpital-entreprise ». Ce projet est 

directement inspiré de la logique de l’AGCS. En ce qui concerne l’implication des usagers, le nouveau 

ministre Jean François MATTEI est clair : « J’ai toujours contesté l’expression démocratie sanitaire » ( in 

Libération 3 mars 2003) 

- La «loi Constitutionnelle » du 28 mars 2003 sur la «décentralisation » prévoit des «expérimentations » 

possibles  dans les régions et la remise en cause du statut unique de la fonction hospitalière. 

- La même année, 2003, est confiée à Messieurs Debrosse, Perrin et Vallencien, une «Mission sur la 

modernisation des statuts de l’Hôpital public et de sa gestion sociale » qui préconisera un certain nombre 

de mesures, pour l’essentiel similaire à celles recommandées par «l’Institut Montaigne », officine de 

réflexion libérale dirigée par Claude Bébéar (ancien patron des assurances AXA)

                                                                                   18 

- L’ordonnance du 4 septembre 2003 dite «De simplification de l’organisation et du fonctionnement du 

système de santé » ainsi que «des procédures de création d’établissements » prévoit la « suppression de la 

carte sanitaire » ainsi que des indices « en lits et places » à dater du 31 mars 2006 échéance prévue 

d’achèvement des « SROS de troisième génération ». 

- L’ordonnance prévoit immédiatement le transfert de pouvoirs du Préfet vers les Directeurs d’ARH, y 

compris pour le contrôle de l’application des Lois et règlements. La «gouvernance régionale » sous autorité 

des ARH concerne désormais l’ensemble des établissements de santé. De nombreuses mesures de Droit 

Privé sont transposées en Droit Hospitalier. 

- L’Institut Montaigne remet en janvier 2004 au gouvernement Raffarin le document rédigé par Dominique 

COUDREAU « L’Hôpital réinventé, synthèse et propositions ». En juin 2005 le même « think tank » 

libéral produira un autre document de Denise SILBER « Hôpital, le modèle invisible » encourageant la 

promotion de la T2A, de la gouvernance et de la remise en cause des statuts publics des établissements 

comme des personnels. 

- La circulaire du 5 mai 2004 prépare la parution des  « SROS de troisième génération », qui substituera 

à la carte sanitaire la notion de « territoire de santé ». 

- La « Réforme de l’Etat territorial »    sera  complétée par des  « pôles régionaux »  issus  du  décret  du  

5 octobre 2004 et de la circulaire du 19 octobre 2004. Huit pôles sont constitués dans chaque région, dont un 

« Pôle santé publique et cohésion sociale » qui regroupe sous autorité du préfet, les services de l’ARH 

avec ceux de la Direction Régionale des Affaires Sanitaires et Sociales (DRASS), le GIP Santé Publique, les 

organismes de protection sociale et le Fonds d’action et de soutien pour l’intégration et la lutte contre les 

discriminations. Mais comme le précise Henri OBERDORFF «  L’administration déconcentrée de l’Etat 

dispose de nouveaux outils administratifs et financiers (ainsi que de ) la loi organique relative aux lois de 

finance (LOLF) de 2001 » et « Sous des apparences administratives, des mutations plus profondes 

s’opèrent…La philosophie de la LOLF y oblige et les administrations territoriales de l’Etat doivent s’y 

plier » 

- La circulaire du 27 mai 2005 relative à « L’élaboration quantifiée de l’offre de soins » précise qu’une 

annexe du SROSS 3 prévoira des « Contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens de chaque 

établissement ». 

- Les « missions régionales de santé » désigneront « Le lieu… de réalisation d’une activité de soins, et non 

l’entité juridique ». Le SROS prévoit clairement de définir une « offre cible » mais sans définir le 

statut juridique de l’établissement, (public ou privé). 

Il faut retenir que l’ensemble de ces réformes législatives possède une cohérence qui « fait sens » : 

- La suppression de la « carte sanitaire », remplacée par les « territoires de santé » apparaît comme 

l’instrument utilisé pour annuler la distinction entre structures publiques ou privées. 

- Elle supprime du même coup toute obligation de couverture du territoire par des services publics,  si 

des structures  privées lucratives peuvent prétendre à une offre de soins jugée comparable dans le 

cadre du SROS 3. La privatisation d’établissements publics étant même envisageable. 

- Pour NICOLAS TANTI-HARDOUIN, « Les fortes recompositions en cours ont lieu à la fois sous l’effet de 

l’action des pouvoirs publics, mais également des mécanismes du marché » et il observe « La constitution 

d’un capitalisme sanitaire va de pair avec la rationalisation de l’appareil hospitalier voulue par les 

pouvoirs publics » 

- La «Loi sur l’avenir de l’assurance maladie » du 13 août 2004 n’était qu’une «loi cadre » suivie de 

multiples décrets. 

- L’élaboration du plan «hôpital 2007 » largement inspiré des rapports Vallencien et de l’Institut 

Montaigne sera imposé par ordonnances sans débat parlementaire. 

- Ce plan englobe la suppression de la carte sanitaire, mais aussi la nouvelle gouvernance, la tarification 

à l’activité (T2A), l’organisation par pôles et la «contractualisation » sur des objectifs économiques 

quantifiés de l’ensemble des acteurs, avec précarisation du statut des personnels et privatisation 

possible des établissements.

                                                                                     19 

- Quelques innovations technologiques sont mises au service du projet : La télémédecine est présentée 

comme l’outil de compensation de la désertification des territoires. Les technologies nous offrent en effet le 

moyen « vertigineux » de pouvoir nous passer presque du patient lui-même pour savoir de quoi il souffre et 

quoi-qu’il en dise ; il devient possible au « téléthérapeute de formuler à distance une sentence qui 

s’accommode même de rester anonyme » (Voir J.RICHAUD  Tel est médecin, tel est patient, 2002) 

5 -La dimension européenne du débat est primordiale : 

Cette dimension fait le lien avec la mondialisation libérale. 

Sa  prise  en  compte  est  essentielle  pour  mesurer  la  nature  du  rapport  de  force  qu’il 

convient  d’affronter si on souhaite résister aux effets des réformes en cours et proposer d’autres 

alternatives. 

- Pour LANCRY la logique européenne a influencé très tôt le développement hospitalier: « Au cours des 

années 90, les dépenses pour le développement des soins de santé en France, comme dans d’autres pays de 

l’Europe de l’Ouest, ont chuté car ces pays luttaient déjà pour satisfaire aux critères de convergence pour 

l’Europe monétaire » comme cela a été analysé par KANAVOS et Mc KEE. 

- Il faut observer que la primauté du marché et de la concurrence, y compris dans le domaine sanitaire, était 

inscrite comme devant devenir constitutionnelle et irréversible dans le projet de Traité Constitutionnel 

Européen  ( TCE) qui a été rejeté en France le 29 mai 2005 !… 

-  Mais dans Le cadre juridique européen, l’entité «hôpital » n’existe déjà plus ; les lits sont de l’hôtellerie, 

les dossiers médicaux de l’information, les médicaments des fournitures, la protection sociale de l’assurance 

et les personnels des «producteurs de soins » ! 

- Le Rapport au Sénat de Catherine TASCA remis le 17 mars 2005, avant le référendum sur le TCE, 

analysait clairement les enjeux de la « Directive Cadre sur les services d’intérêt général » : 

Le rapport rappelle que « La France accepte l’ouverture à la concurrence de ses services publics », 

Mais il constate aussi que « Le Droit communautaire initial ignore presque totalement la notion de 

service public, en tant que telle, la seule mention qui en est faite se trouve dans l’article 73 du traité CE 

relatif aux transports…En revanche le Droit Communautaire reconnaît la notion d’entreprise publique 

ou chargée d’intérêt général, dont il admet la spécificité » . 

L’article 82 cependant « prohibe les abus de position dominante » ; l’article 86 précise que les 

dérogations aux règles communautaires « ne sont pas laissées à la libre appréciation des états 

membres, elles sont encadrées par la commission », donnant à la commission un « pouvoir normatif 

propre, à la fois d’initiative et de décision ». 

Il apparaît clairement que « les services sociaux d’intérêt général recouvrant notamment les services 

de santé, les soins de longue durée, la sécurité sociale, les services de l’emploi et du logement social » 

sont des services dont l’accès, dans le traité, doit être « compatible avec le Droit de l’Union ». La 

« directive sur les services dite BOLKESTEIN …avec irruption du principe du pays d’origine dans le 

domaine des services est symptomatique d’une vision qui privilégie nettement l’objectif de libre 

circulation sur celui du développement des services publics » . 

La rapporteuse exprime « Le principe du pays d’origine pose des difficultés liées en particulier au 

contrôle des qualifications professionnelles des prestations de soins ». Ce principe « fait courir un 

risque de dumping juridique » puisque les entreprises « implantées dans un pays dont la 

réglementation est la moins contraignante auraient un avantage indéniable sur leurs concurrents. Ce 

phénomène serait susceptible d’abaisser le niveau global de protection des utilisateurs »… «  Le champ 

très vaste …du projet de directive BOLKESTEIN est d’autant plus dangereux que…le champ des 

services d’intérêt général reste insuffisamment déterminé ».

                                                                              20 

- La conclusion du rapport sénatorial se prononce pour « la définition d’un Droit positif, protecteur des 

services publics marchands et non marchands » parce que « Cela relève d’un choix fondamental entre un 

modèle européen de société basé sur les seules forces du marché, au détriment des plus faibles 

économiquement, et le modèle d’une Europe plus ambitieuse fondée sur les principes de solidarité et de 

cohésion sociale garantissant à chacun des conditions de vie digne ». 

- Dans l’examen du rapport M Robert BRET précisait « Il y a une distinction de fond entre les services 

publics et les services d’intérêt général (SIG). Ce dernier terme entérine un objectif de rentabilité 

financière par rapport à celui d’utilité sociale ». 

- La délégation conclue à la demande que « les services d’intérêt économique général soient exclus du champ 

de la future directive sur les services dans le marché intérieur ». 

- Le 23 mars 2005, peu avant le référendum et lors de la montée du NON dans les sondages, une résolution 

européenne déclare que « La proposition de directive (relative aux services dans le marché intérieur) est 

inacceptable en l’état » et «  Rappelle que les services d’intérêt général non économiques sont exclus du 

champ de la directive ». 

- La confiance n’a pas été rétablie et le NON l’emporte ! La menace dans le domaine de la santé est réactivée 

en septembre 2006 à propos des règles de libre circulation dans la santé, visant clairement a mettre les 

« producteurs de soins » en concurrence les uns avec les autres au niveau européen. 

- Il faut se souvenir que malgré l’ analyse sévère du rapport de Catherine TASCA, la droite comme le parti 

socialiste feront campagne pour le « oui » à ce traité constitutionnel ! Le slogan du Parti Socialiste était 

même « l’Europe sociale passe par le OUI ! ». 

- Cette ignorance ou cette compromission peuvent nous alarmer sur la capacité ou la volonté  de la social- 

démocratie à promouvoir un modèle social européen qui aurait d’autre déterminant que la loi du marché, 

dénoncée même par un rapport sénatorial ! 

- Après un « Avis et rapport du Conseil Economique et Social : Aménagement du territoire, services 

publics et service du public» en avril 2006 Jean Alain MARIOTTI s’interroge : « Quels nouveaux besoins, 

quelle nouvelle organisation pour les services publics » en retenant que « La médecine libérale, qui n’a 

jamais été un service public, est devenue un véritable service au public ; notamment dans les territoires 

ruraux » . 

- Nous passons, précise le rapport « D’une conception organique à la Française à une conception 

fonctionnelle axée sur le service rendu…Qui prédomine dans la construction par l’Union Européenne de 

sa doctrine en matière de service d’intérêt général ». 

- Le 26 avril 2006 la Commission Européenne adopte une « communication » proposée par le Commissaire 

à l’emploi, aux affaires sociales et à l’égalité des chances, M. Vladimir SPIDLA visant à : « Mettre en œuvre 

le programme communautaire de Lisbonne. Les services sociaux d’intérêt général dans l’Union 

Européenne » ( Document COM – 2006, 117 final), présenté à la presse le 27 avril 2006 (ref IP/06/529 

associé à note Mémo 06/170). 

Ce document rappelle que le Conseil Européen de mars 2006 a réaffirmé sa volonté de « Rendre le 

marché intérieur des services pleinement opérationnel » avec création des « Services sociaux d’intérêt 

général » (SSIG) . 

Ces services englobent «  Les régimes légaux et complémentaires de protection sociale, les services liés 

à l’aide aux personnes ou à l’insertion, y compris dans la santé et le handicap ». 

La Commission exprime « un principe de base de solidarité » mais en rajoutant « Une exigence 

générale de modernisation et de qualité » qui se traduit par  la création d’un « Environnement 

concurrentiel propice à une économie sociale ». Ceci englobe explicitement «  L’externalisation des 

taches du secteur public vers le secteur privé », les autorités nationales se transformant en gardiens 

d’une concurrence régulée. Les « partenariats public-privé » sont au cœur du système. 

Pour prévenir les résistances il est rappelé que la liberté, laissée aux états membres, de définir les 

missions d’intérêt général doit s’exercer « Sans abuser de la notion d’intérêt général » (sic !), en 

rappelant le « Primat du Droit de la concurrence » pour « Toute activité consistant à offrir des biens 

ou des services sur un marché donné par une entreprise, indépendamment du statut de cette dernière et 

de son mode de fonctionnement ».

                                                                                    21 

La Commission confirme que « La quasi-totalité des services  dans le domaine social peuvent être 

considérés comme des activités économiques ».Cette communication de la Commission BARROSO 

doit préparer une proposition législative qui vise clairement à ignorer, pour la France et la Hollande, 

le rejet du projet de traité constitutionnel et de sa logique libérale. 

La « stratégie de contournement » mise en œuvre vise explicitement à la privatisation de l’ensemble des 

services publics, en particulier de Santé. 

- Ainsi la victoire du « NON » n’a été qu’une victoire temporaire. La bataille contre des forces libérales 

européennes et mondiales, qui n’imaginent même pas devoir tenir compte d’un scrutin démocratique n’est 

pas achevée! 

- Ne comptons pas sur ceux qui nous disaient hier « L’Europe sociale passe par le oui », pour mener 

demain le combat contre ce qu’ils nous demandaient d’accepter hier ! 

- Le 2 mai 2006 Raoul Marc JENNAR publiait « Alerte, l’Union Européenne attaque de nouveau la sécu ». 

- Cette bataille risque de se prolonger longtemps et elle est centrale pour l’avenir social de l’Europe. Une 

vigilance s’impose et la mobilisation est possible comme l’ont déjà montré les grandes manifestations 

européennes contre la directive BOLKESTEIN. 

En politique intérieure française déjà,  les budgets votés anticipent la braderie des services publics : 

- Les Lois de finances 2004 puis 2005 transfèrent une large part de leur budget d’investissement (provenant 

de l’impôt) vers des secteurs privés d’hospitalisation au travers des « Partenariats Public Privé » (PPP). 

- En 2005 la Fédération Hospitalière de France (FHF) dénoncera ce budget et le parti UDF refusera de le 

voter. 

- Mais il faut aussi observer, pour s’en inquiéter, que ces sujets sont très généralement absents des 

discours développés par les forces politiques sociales-libérales prétendant à l’alternance. On peut au 

moins soupçonner qu’en cas d’alternance la politique menée, nationale ou européenne, serait en continuité 

avec la politique actuelle (Comme la politique de Martine AUBRY a été en continuité avec celle d’Alain 

JUPPE pour les restructurations hospitalières et la poursuite des fermetures de lits). 

Cela signifie que la défense des territoires du soin dans le cadre de services publics renforcés, ne se résume 

pas  à  un choix  entre deux courants libéraux,  l’un de droite  et l’autre de gauche ;  mais  impose  une 

re-fondation plus large de notre contrat social, en particulier dans le domaine de la santé et de 

l’aménagement du territoire.

                                                                                22 

-CHAPITRE  IV – 

                                         L’ERE  DE LA T2A EST DONC ARRIVEE : 

                                                                                           «  J’ai la solution, mais quelle est la question ? » 

                                                                                           WOODY ALLEN 

La nouvelle « Tarification A l’ Activité «  (T2A)  n’est pas qu’une réforme de technique comptable ; on 

peut décrire : 

- 1 -  Son ambition 

- 2 -  Ses principes 

- 3 -  Les inquiétudes que cette réforme suscite 

- 4 – Les missions d’intérêt général semblent les plus menacées 

- 5 – Mais la fuite en avant idéologique se poursuit 

1 – Une ambition : 

- La tarification à l’activité a l’ambition de mesurer, pour pouvoir les mettre en concurrence, le coût 

des soins dans chaque établissement, comme si le soin budgétisé résumait à lui seul l’activité des 

professions de santé ! 

- Une fausse science, le « codage », sert désormais de base à une vraie doctrine qui organise la concurrence, 

c’est à dire la recherche du «moins disant » pour la prise en charge de chaque pathologie. L’économie 

réalisée, même au prix de la qualité ou de la sécurité étant seule mesurable, c’est l’économie qui est  élevée 

au rang de vertu et non le service rendu ! 

- Il s’agit «d’optimiser » la « production de soins » pour dégager des bénéfices. La T2A a pour objectif 

annoncé de « rapprocher les coûts d’une moyenne en baisse tendancielle ». 

- On peut craindre immédiatement que cette méthode de baisse de la dépense globale ne puisse parallèlement 

qu’abaisser la qualité globale du système ; c’est une doctrine qui est appliquée, s’imposant à tous comme 

une pseudo-science. 

- La T2A introduit une logique « productiviste » décalquée sur celle du monde industriel, sans 

questionnement préalable sur la pertinence de cette orientation. 

- Toute contestation sera jugée illégitime ou obscurantiste ; pourtant d’autres économistes de la santé comme 

Olivier HART préconisent pour le secteur public de fixer d’abord la qualité du service souhaité et de 

chercher ensuite à minimiser les coûts. 

2 – Des principes : 

- Le principe de la T2A selon Denise SILBER de l’Institut Montaigne  dans «  Hôpital, le modèle 

invisible » est inspiré du « prospective payment system » mis en place aux Etats Unis en 1983. Il s’appuyait 

sur l’existence d’une classification des actes médicaux en groupes homogènes de pathologies, système 

adopté en France sous le nom de PMSI (Programme de Médicalisation du Système d’Information). 

L’objectif « est évidemment de stimuler une baisse des coûts ». 

Mais bien au-delà « Dans le même esprit…il convient…d’aligner la rétribution des médecins sur leur 

propre activité….L’un des handicaps du secteur public Français…c’est le statut de son personnel ». 

Il convient donc de « généraliser le statut de Droit privé » dans le management des personnels et 

« répartir les salaires au regard des productivités respectives ». 

Il faut favoriser «  L’octroi du statut privé aux groupements de coopération sanitaires (GCS) » et 

« Obliger un établissement public en situation d’échec financier ou de restructuration à changer de 

statut et devenir un établissement privé à but non lucratif » .

                                                                                   23 

Nous retrouverons ces recommandations de l’Institut Montaigne dans la construction du plan hôpital 

2007, sa nouvelle gouvernance et les relations avec les ARH qui auront pouvoir d’imposer les changements 

de statut préconisés par le « think tank » libéral dirigé par Claude BEBEAR ! 

- Compte tenu de la stratégie envisagée, on comprend mieux que de façon apparemment paradoxale le 

plan hôpital 2007 encourage certains établissements , malgré la rigueur budgétaire globale, a investir 

et se sur-endetter. Ils accentuent ainsi leur fragilité financière et le moment opportun peut être déclaré un 

fiasco financier qui servira de motif au changement de statut pouvant aboutir à la privatisation complète 

d’un établissement préalablement rénové ou bien équipé…Plusieurs CHU sont déjà rentrés dans cette spirale 

et se rendent vulnérables aux appétits des groupes financiers déjà en embuscade. 

- Le changement est considérable : Dans un passé récent, le « bon  directeur » d’hôpital était celui qui savait 

éviter à son établissement un endettement excessif et pénalisant . Désormais le « bon manager » est celui 

qui a l’audace d’investir et de s’endetter en vus d’améliorer la « productivité » mesurée au rendement 

de la T2A. Mais ce choix suppose le plus souvent quelques « sacrifices », concernant en particulier la 

nature des prestations de l’établissement, qui ne sont plus déterminées par les besoins de santé 

publique mais par l’attente d’un « retour sur investissement » dans des activités rentables. Il est aisé 

de comprendre que ce ne sont pas les activités médico-sociales qui seront privilégiées , mais plutôt celles 

faisant appel à une technicité bien valorisée par la T2A. C’est au nom de cette logique par exemple que des 

maternités publiques de CHU, comme à Toulouse, se proclament maternité de niveau 3 (pour grossesses à 

risque justifiant un plateau technique lourd) en organisant la sélection « sur dossier » des femmes qui seront 

autorisées à accoucher à l’hôpital, les autres étant arbitrairement renvoyées vers le secteur libéral à 

honoraires le plus souvent libre, pas toujours souhaité par les femmes de milieux peu favorisés. 

- Les ambitions de la réforme sont clairement intriquées avec la promotion des partenariats public- 

privé et la privatisation des établissements, y compris ceux déjà englobés dans des circuits boursiers 

soumis à pression des actionnaires. 

*     On peut lire avec attention une lettre du Ministre de l’Economie, des finances et de l’Industrie, 

par délégation Benoit PARLOS, en date du 4 décembre 2003 adressée aux conseils de la Société CAPIO 

Santé projetant l’acquisition de 100% des parts et droits de vote de la Clinique des Cèdres de Cornebarieu, 

prés de Toulouse, plus grand établissement hospitalier privé de France, après contrat de cession déjà établi le 

9 octobre 2002 : «  Le système de tarification introduit par la T2A est donc basé sur un mécanisme de 

concurrence par comparaison (Yardstick competition)…Avec des comparaisons de performances des 

différents établissements au plan National…Les établissements de santé devraient logiquement se 

concentrer sur ce qu’ils savent le mieux faire afin d’optimiser leurs coûts fixeset privilégier le meilleur 

taux d’occupation et une durée moyenne de séjour optimisée » . Ils devraient « Maximiser la mise à 

disposition de leurs plateaux techniques aux praticiens spécialistes susceptibles de se voir adresser par le 

réseau des médecins de ville une patientèle importante… » Et « Dans le cadre des groupements  de 

coopération   sanitaire,   le   plan   hôpital  2007  ouvre  l’accès  des praticiens libéraux aux 

établissements publics, qui pratiqueront à leur tour la refacturation et interviendront alors dans la 

concurrence que se livrent les établissements de santé en vue d’attirer les praticiens de renom ». 

Un tel       « conseil » du ministère à un établissement côté en bourse révèle tout le cynisme d’une 

politique « publique »    mais asservie aux intérêts du marché. 

*    Les groupes privés d’hospitalisation soumis à la nouvelle tarification, malgré leurs « plaintes » 

lorsque le ministre Xavier BERTRAND annonce une baisse du tarif de remboursement des actes, se portent 

bien : La « Générale de Santé » (premier groupe européen de l’hospitalisation privée) voit en 2006 son 

chiffre d’affaire augmenter de 25% (atteignant 915,8 millions d’euros) , avec un bénéfice net en hausse de 

67,9% (46,5 millions d’euros) (in La Tribune 15 septembre 2006). 

*     Une autre conséquence de la  recherche de la rentabilité est que celle-ci ne permet pas de garantir 

l’implantation de ces structures et la diversification de leurs activités pour répondre aux attentes de la 

population. La règle est la sélection des activités et des lieux d’implantation les plus rentables. L’attente à 

satisfaire est celle des actionnaires et non celle des populations. 

*      Lorsque le groupe concurrent de la générale de santé, le groupe suédois CAPIO est l’objet par exemple 

d’une « offre publique d’achat » hostile par les fonds d’investissement Apax Partners et Nordic Capital et du 

fond spéculatif Amber Master Fund qui possède déjà plus de 20% du capital dominé par un holding santé 

SARL italien ; rien ne permet d’imaginer que les managers de ces groupes seront « sensibles » à la logique 

et aux attentes du SROS, alors que leur seul objectif est la valorisation de leur capital au bénéfice de leurs 

seuls actionnaires. 

Un tel constat est indicatif de l’idéologie qui inspire une réforme favorisant les partenariats public- 

privé et les privatisations. La logique même du SROS est totalement étrangère à cette démarche.

                                                                                24 

3 – Des inquiétudes : 

- La mise en place de la T2A a pourtant soulevé quelques inquiétudes ou désapprobations , dont il ne sera 

tenu aucun compte par l’équipe gouvernementale en charge de « la réforme ».. 

- Ces inquiétudes proviendront de juristes éclairés, de professionnels de santé, de la Caisse Nationale 

d’Assurance maladie elle-même, de la Commission des Affaires Sociales de l’Assemblée Nationale, de la 

Cour des Comptes, du Conseil Economique et Social, de la Fédération Hospitalière de France regroupant les 

directeurs d’hôpitaux, …autant d’acteurs dont l’opinion est jugée négligeable ! Sans doute pas assez 

soumise au dogme du marché : 

- Jean Marie CLEMENT, professeur de Droit Hospitalier à l’université Paris VIII écrira en février 2004 : « La 

T2A se révèle complexe et fastidieuse a mettre en œuvre. Autant la tarification à l’activité coule de source 

pour une activité commerciale, autant elle apparaît incongrue pour une activité de service public…On peut 

craindre une égalisation par le bas, puisque inéluctablement la moyenne nationale des tarifs s’infléchira 

vers le bas ». En avril 2006 il rajoutera : « Le marché s’avère très peu favorable à l’égalité des personnes 

devant accéder aux soins » Pour lui , les SROS également demandent réflexion : « La notion de système de 

santé en germe dans la réforme hospitalière du 31 mars 1970 a été consacrée avec la Loi KOUCHNER du 4 

mars 2002 intitulée Droits des malades et qualité du système de santé. Avec cette idée de système tout 

doit être rationnel et les choix économiques sont d’abord des choix d’organisation par le biais des Schémas 

Régionaux  d’Organisation  SanitaireL’illusion technologique est constante dans les prétentions des élites 

à vouloir résoudre des questions sociétales par une avalanche de réglementation. Un véritable scientisme 

juridico-administratif impose ses choix d’organisation. L’éthique ne serait-elle pas la préséance du bon 

sens ? » (Avril 2006) 

- Le Pr. André GRIMALDI ( La Pitié-Sapétrière- Paris) en 2004 analyse ainsi le risque : «  Dans une société 

gouvernée par l’argent, le fossé s’est creusé entre ceux qui disposent d’une machine à sous et ceux dont les 

seuls actes sont intellectuels. La Tarification à l’activité sanctionnera cette dichotomie : malheur aux 

vaincus ! ». Le 9 novembre 2005 il sonnait l’alarme ««hôpital 2007 viole l’éthique 

médicaleNormalement cette réforme devrait provoquer un tollé dans le corps médical. Dans les faits il y 

a capitulation». D’autres voix se lèveront étouffées par la bien pensance collaborationniste des acteurs de la 

réforme formatés à la nouvelle idéologie. (Voir contribution nos dix-huit). Avec la T2A chaque malade 

peut être évalué en terme de rapport coût/bénéfice ; il est possible de discriminer des malades plus 

rentables que d’autres ; il devient plus rentable d’amputer un malade que de consacrer du temps à son 

éducation et à la prévention pour équilibrer son diabète ou son artérite et éviter la mutilation ! (Pr. 

GRIMALDI).  Le risque de sélection des malades est confirmé par tous les observateurs. Pour le Pr. Lortat- 

Jacob A, chef de service chirurgie orthopédique hôpital Ambroise-Paré à Paris « La T2A…cette réforme 

aurait…l’effet dramatique de faire disparaître de la prise en charge hospitalière certaines pathologies et 

tout le versant social. Or ce côté social est justement ce qui fait la qualité et la grandeur de la médecine 

hospitalière ». 

- Les effets pervers prévisibles de la T2A ne se font pas attendre. Une enquête des services de la 

CNAMTS révèle des pratiques frauduleuses, essentiellement dans les cliniques privées déjà soumises à 

100% à la T2A et pouvant concerner plus de deux cent établissements (Le journal du dimanche et Les échos 

du 19 juin 2006). Ces pratiques frauduleuses avaient déjà été observées massivement aux USA, induisant un 

recul sur ce mode de tarification. La fraude possible peut consister à sur-facturer en majorant une 

pathologie ou un acte technique ou une prestation ambulatoire comptabilisée en hospitalisation de journée 

par exemple. Les conséquences « inflationnistes » du système sont reconnues par tous, ne bénéficiant 

qu’aux assurances complémentaires trouvant motif d’augmenter leurs primes devant l’accentuation des 

dépenses. Une autre fraude plus directement préjudiciable au patient peut consister à faire des 

économies sur l’enveloppe facturée, au risque de menacer la qualité ou la sécurité des soins ; cela est 

rendu possible par le forfait consenti pour une pathologie, en l’absence de comptabilité analytique détaillée. 

Cette tentation sera encore majorée lorsque les tarifs seront « tirés vers le bas » comme cela semble 

inéluctable dans la logique de la  comparaison des coûts. Pour Nicolas TANTI-HARDOUIN « C’est tout le 

problème qui est posé par la concurrence par comparaison…(qui) peut encourager le phénomène connu 

d’une sélection des malades »

                                                                                 25 

- Avant même l’affirmation de fraudes, la Commission des Affaires Sociales au travers de son rapporteur 

Alain VASSELLE, concernant la convergence des tarifs entre secteurs public et privé, avait dénoncé le 

caractère inflationniste de la T2A. La Cour des Comptes par un communiqué du 9 juin 2006 présente à la 

commission des affaires sociales les conclusions de son « Enquête sur la mise en œuvre de la réforme du 

financement des établissements de santé publics et privés » aboutissant à la même conclusion et préconisant 

un frein dans l’extension de la T2A dans le secteur public ; mais cette recommandation sera ignorée par 

le ministre. 

- Le Conseil Economique et Social dans le rapport d’Eric Molinié en 2005 avait osé écrire «Il est 

impossible, illégitime et dangereux de réduire l’hôpital à une entreprise productive de soins… » 

- Le Conseil dénonce les dangers de la T2A avec «risque de sélection des patients…économie sur la qualité 

et la sécurité…incidence négative sur les taches de prévention et d’éducation sanitaire…non-respect du 

temps du soin… » 

- Le Conseil affirme que «le citoyen-patient est idéologisé, il devient consommateur face à des 

producteurs…Il faut affirmer la primauté du soin sur l’économique ». 

- Le même rapporteur Eric MOLINIE précisera (dans la Tribune 12 10 2005) : «  Il n’est pas prévu de 

prendre en compte la qualité des soins pour l’allocation des ressources financières…La priorité n’est pas 

de transformer l’hôpital public en établissement privé…a caractère industriel et commercial comme le 

préconisent certains. Il s’agit plutôt d’ouvrir un hôpital public-forteresse sur son environnement, afin qu’il 

partage mieux avec tous les autres acteurs de la santé ce qu’il ne peut faire tout seul ». 

- La Fédération Hospitalière de France (FHF) elle-même, regroupant les directeurs d’établissements, 

s’inquiète des interférences entre les logiques de la T2A et celles du SROS 3 : 

- « Les effets restructurants de la T2A risquent de peser plus que les bonnes intentions des SROSDes 

activités seront supprimées sur critères économiques, indépendamment de leur inscription éventuelle 

dans le SROS ». 

- Claude EVIN, président de la FHF, à l’occasion de l’ouverture du salon « Hôpital Expo » le 16 mai 2006 

dénonce : 

Le « Remodelage du paysage hospitalier par la pénurie », 

Rappelant que 158 hôpitaux dont 18 Centres Hospitaliers Universitaires (CHU) ont voté un budget 

prévisionnel en déficit pour un montant cumulé qui dépasse 400 millions d’euros : « Le sous- 

financement de l’hôpital atteint un niveau historique et il menace la modernisation de l’hôpital et met 

en danger la service public hospitalier » . 

L’impasse devrait dépasser le milliard d’euros en 2006. «  Nous avons le sentiment qu’on ne nous 

demande pas seulement de faire mieux mais…de faire moins. …Pour obtenir in fine une réduction 

massive de l’offre hospitalière sans jamais l’avoir assumé ». 

- On peut craindre aussi que la convergence annoncée des tarifs public-privé dans le cadre de la T2A 

soit défavorable aux structures publiques les plus impliquées dans la prise en charge des pathologies lourdes 

ou de la précarité .la comparaison des coûts servirait alors à justifier des fermetures ou privatisations 

d’établissements pénalisés d’avoir poursuivi leur mission sociale. 

- Les exemples sont déjà nombreux où la logique de la T2A l’ a emporté sur la logique des SROS et de 

l’aménagement des territoires: 

- En octobre 2004 aux Sables-D’Olonne le service de chirurgie de l’hôpital est cédé au privé sous l’effet de la 

« recomposition hospitalière » imposée par l’ARH des Pays de Loire ; les chirurgiens en poste à l’hôpital se 

voient proposé un contrat à durée déterminée (CDD) par la clinique qui occupe désormais le bloc 

opératoire ! 

- En octobre 2004 à Dinan et sous pression de l’ARH le directeur entérine une fusion hôpital-polyclinique à 

laquelle les représentants des personnels médicaux et non-médicaux s’étaient opposés à l’unanimité dans les 

instances consultatives et même au sein du Conseil d’administration (CA).

                                                                         26 

4 - Les missions d’intérêt général et d’aide à la contractualisation (MIGAC) semblent immédiatement les 

plus menacées : 

- Dans son rapport au Sénat sur «  Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2006 », le 

sénateur Jean Jacques JEGOU  exprimait déjà ses craintes : 

*: «  On ne pourra pas imaginer un système de convergence (public-privé) tant que l’on aura pas évalué 

réellement les MIGAC (missions d’intérêt général et d’aide à la contractualisation). Si les MIGAC ne sont 

pas évalués à leur niveau réel il ne sera pas possible de comparer les tarifs entre hôpitaux publics et privés. 

Quand j’entends dire que les MIGAC représenteraient environ 13% des budgets hospitaliers, je me dis 

que l’on est sûrement loin du compte ». 

* Cette proposition de 13%, sans aucune justification méthodologique sérieuse, mais notoirement sous- 

estimée pour l’ensemble des acteurs et en particulier pour la FHF, avait été proposée par le Haut Conseil 

pour l’Avenir de l’Assurance Maladie (HCAAM) dans un avis du 21 juillet 2004 qui préconisait un montant 

forfaitaire uniforme sur la totalité du budget MCO (médecine, chirurgie, obstétrique) de chaque 

établissement. 

- * Ce taux et cette référence n’ont aucune pertinence démontrable. Dans son avis le HCAAM reconnaissait 

lui-même que « La connaissance des coûts des soins dans les établissements hospitaliers était objectivement 

insuffisante ». Les écarts observés sont très importants : 

Pour les CHU les coûts moyens de prise en charge varient de plus de moitié entre les 10% 

d’établissements les plus coûteux et les 10% les moins coûteux. 

Pour les  établissements Privés, cet écart est presque du simple au double. 

Cette ignorance des coûts réels résulte de l’absence de comptabilité analytique dans la majorité des 

établissements, bien que l’obligation de celle-ci soit inscrite depuis douze ans, par décret, dans le Code de la 

Santé Publique. 

*En réponse au rapport JEGOU, le ministre Xavier BERTRAND reconnaissait en outre « Je n’ai pas la 

conviction que nous disposions des sommes prévues à l’origine pour le MIGAC » ( sic !) 

Dans le Nord-Pas de Calais par exemple, l’Agence Régionale d’Hospitalisation (ARH) et l’Union Régionale des 

Caisses d’Assurance Maladie (URCAM) ont décidé en février 2006 la liquidation de dix neuf réseaux de 

proximité intervenant dans les champs de l’addiction (alcool, tabac, toxicomanie), de la santé mentale, de la 

précarité  et  de  l’adolescence.  Ces  réseaux  mobilisaient  environ  quatre  cent  médecins généralistes et 

bénéficiaient antérieurement d’un financement par le Fond d’Amélioration de la Qualité des Soins de Ville 

(FAQSV). 

- D’autres exemples sur l’ensemble du territoire confirment que les choix budgétaires effectués sont des 

choix qui méprisent les besoins sociaux des populations les plus vulnérables ou défavorisées . 

- Le plan d’économie annoncé avant la présentation pour septembre 2006 de « L’objectif National de 

Dépenses d’Assurance-Maladie » (ONDAM) prévoit le gel de 80 millions d’euros qui étaient  destinés 

au « Fond d’Aide à la Qualité des Soins de Ville » ( FAQSV). 

 5 – La fuite en avant idéologique se poursuit : 

La Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) remettait le 23 janvier 2006 un 

rapport au Premier ministre constatant déjà l’existence de fortes inégalités géographiques et sociales en France 

dans l’accès aux soins et à la prévention 

Les conséquences sur les territoires de la politique globale engagée, ne sont que la forme extrême peut-être la 

plus visible d’un processus de dégradation de l’ensemble du service public : La circulaire budgétaire 2006 de la 

Haute Autorité de Santé (HAS) s’appliquant à l’ensemble des établissements, publics ou privés, impose une 

économie de 560 millions d’euros pour 2006 et 1600 millions dès l’an prochain, qui « Ne doivent pas être faites 

au détriment de la qualité de la prise en charge du malade » (sic !) mais par « l’amélioration des processus »…

                                                                                  27 

Pourtant, le Pr. Guy VALLANCIEN (Institut Montsouris, Paris , qui ne reçoit pas les urgences et 

sélectionne déjà sa clientèle) remettait le 3 avril 2006 un rapport dont les conclusions sont diffusées par le 

Conseil National de la Chirurgie : 

- Il concerne les «petits hôpitaux publics » et préconise la fermeture de 113 blocs opératoires : 

«Des fermetures doivent être envisagées sans délais » 

Car «il n’y a pas de conditions géoclimatiques qui, a elles-seules, puissent justifier le maintien d’un 

service de chirurgie au-dessous des normes d’activité de qualité »… 

- La méthodologie de ce rapport a été fortement contestée : 

Seulement quatre des établissements « condamnés » avaient été visités, 

D’autres avaient été récemment accrédités sans que soient observés de mauvais fonctionnements ou 

mauvaises pratiques. 

Le rapport concernait les petits hôpitaux mais excluait de porter un regard sur les cliniques privées des 

mêmes territoires. 

Le ministre Xavier Bertrand, confronté aux protestations d’élus locaux a essayé de temporiser, mais on peut 

déjà s’attendre à ce qu’après les maternités, les blocs opératoires et les services d’urgence disparaissent 

d’une large part du territoire. 

- L’association des petites villes de France (APVF www.apvf.asso.fr ) fustige le rapport VALLANCIEN ; 

son président Martin MALVY, également Président du Conseil Régional Midi Pyrénées dira que : 

« Parvenir à cette conclusion revient à nier totalement les problématiques d’aménagement du 

territoire ». 

Il se déclare « Ulcéré par la manière dont les problèmes sont abordés » (26 avril 2006) . 

Il affirme que « La dangerosité des établissements n’a pas été prouvée » et que « Ceux-ci sont renvoyés 

à la vindicte publique ». 

- Le but du rapport VALLANCIEN n’est pas véritablement d’améliorer la qualité du service public : 

Il s’agit de fournir une caution pseudo-scientifique à des fermetures de petits hôpitaux ou leur 

fusion avec des structures libérales, qui n’ont pas fait, elles, l’objet d’une évaluation similaire. 

Le secteur libéral sera le grand bénéficiaire de ce démantèlement programmé des hôpitaux 

publics. 

- Cette politique d’apartheid qui s’accommode d’une désertification sanitaire de certains territoires, si 

on analyse l’idéologie qui la sous-tend, est une politique de classe qui par les inégalités induites 

défavorise les zones territoriales les plus populaires ; elle aggrave les inégalités déjà existantes d’accès 

aux soins. 

- La T2A assassine le SROS ; elle assassine aussi la solidarité avec la population déjà la plus vulnérable.

                                                                            28 

CONCLUSION ET PERSPECTIVES 

                                                                 «  Si les médecins les premiers, qui ne sont pas tous et toujours les plus 

                                                                 lucides  sur  ce  point,  mais  aussi  tous  ceux  qui ont la parole dans les 

                                                                 médias,  à  commencer  par  les  journalistes,   qui  pêchent  surtout  par 

                                                                 ignorance,  par  indifférence  ou  par  conformisme, se donnaient le mot 

                                                                 pour dire ce que l’on dira  bientôt,  mais quand il sera trop tard, et que la 

                                                                 plupart de ceux  qui parlent ne veulent pas vraiment, rien ne serait perdu 

                                                                 et   nous   pourrions   peut-être   sauver  un  système  de  santé  vraiment 

                                                                 universel » 

                                                                                                                                       ( Pierre BOURDIEU 1999 ) 

 1 / - LE CONSTAT EST SEVERE : 

- 1 - Nous sommes en présence d’une contre réforme libérale globale 

- 2 - La logique du SROS est clairement sacrifiée à la logique de la T2A 

- 3 - Le secteur des assurances anticipe sur la dégradation du système pour offrir aux plus privilégiés 

des garanties inaccessibles au plus grand nombre 

- 4 - Même les libéraux reconnaissent le cynisme des lois du marché, confirmant le dogmatisme des 

politiques qui les soutiennent 

1  -   Une contre réforme libérale globale : 

- Bien sur le néolibéralisme n’a pas inventé les inégalités, ni tous les malheurs du monde. 

- Mais il est assez constant que les politiques néolibérales n’aient pas pour objectif de réduire ces inégalités. 

- Elles savent même les reproduire et mieux encore, utiliser la précarité elle-même pour perpétuer un système 

d’exploitation fondé sur l’appropriation des richesses dont la répartition s’avère de plus en plus inégalitaire. 

- Le « Coût social » de cette prédation n’est pas  pour autant ignoré, mais accepté, fondant même la nécessité 

d’un ordre autoritaire  pour prévenir et contrôler les révoltes prévisibles que suscite tout système injuste. 

- Le Plan Hôpital 2007, la nouvelle tarification T2A et le SROS de troisième génération, ne sont pas des 

nouvelles réformes dans la continuité de notre histoire hospitalière française ; 

- Ils représentent la déclinaison nationale d’une contre réforme libérale globale, affectant aussi le 

secteur de la santé. 

2 - La logique du SROS est clairement sacrifiée à la logique de la T2A 

- Dans cette entreprise la logique d’une couverture sanitaire optimale du territoire conforme aux 

intérêts de la population est clairement sacrifiée à la logique que sous-tend la nouvelle tarification. 

- La T2A impose une recherche de rentabilité et oblige à sanctionner même ceux qui voudraient 

s’éloigner du «moindre coût » pour se rapprocher du «juste besoin » dont la proximité est aussi une 

des conditions essentielle. 

3 - La protection des privilégiés s’organise : 

La qualité sacrifiée restera peut-être accessible à ceux qui bénéficieront des circuits «recommandés » par leur 

assurance complémentaire, qui œuvre déjà à mettre en place de tels réseaux au prix de cotisations inaccessibles 

au plus grand nombre. 

- En janvier 2006 l’assureur AGF, dont la branche santé est dirigée par Gilles JOHANNET (ancien conseiller 

du   Premier  ministre  socialiste  Pierre  MAUROY  en 1983-84  et  ancien  directeur de la Caisse Nationale

                                                                                29 

- d’Assurance Maladie ; CNAM !) élabore pour son nouvel employeur un projet baptisé « Excellence Santé » 

garantissant, moyennant une cotisation individuelle et annuelle de douze mille euros, plus quatre mille euros 

pour le conjoint et deux mille euros par enfant, un accès « privilégié » auprès de deux cent notables de la 

profession médicale, sélectionnés pour leur compétence… 

- L’indignation soulevée fera suspendre le projet sans l’abandonner (Communiqué du 14 avril 2006). 

4 - Le dogmatisme libéral est flagrant et assumé : 

                                                                             «  Le grand souhait de l’oligarchie : gouverner sans 

                                                                             peuple…gouverner sans politique » 

                                                                             Jacques RANCIERE, (La haine de la démocratie, 2005) 

Les conséquences des concessions faites au secteur libéral dans l’organisation du réseau sanitaire sont 

prévisibles et éloignées de tout « comportement vertueux » que seul le secteur public pouvait défendre . 

- En 2002 Mc KEE et HEALY écrivaient : 

« Les espoirs placés sur l’introduction de mécanismes compétitifs de marché…ne se sont pas réalisés. 

  Les forces du marché ont révélé les problèmes structurels mais ne pouvaient pas apporter de solution 

idoine, dans la mesure ou les marchés se préoccupent bien plus des intérêts privés que des besoins des 

populations ». 

- Philippe MANIERE, directeur général de l’Institut Montaigne reconnaît lui aussi : 

« Même en vue d’un bonheur supérieur, aucun agent privé ne sacrifiera de lui-même son intérêt privé 

en renonçant à agir en homo economicus parfait sur la base des signaux qu’il reçoit ». ( Enjeux, les 

Echos, septembre 2006) . 

Cet avis autorisé du représentant de notre plus influent « think tank » libéral sur les réformes en cours , 

en dit long sur la responsabilité et la compromission des politiques ou cadres de la fonction publique qui 

participent à brader notre système de santé 

- Jean Marie CLEMENT qui dénonçait en avril 2006 le « scientisme juridico-administratif » aux 

conséquences anti-éthiques confirmait ses craintes  « Le raisonnement intelligent s’en remettant à la 

technique…on peut aisément penser qu’une nouvelle barbarie apparaîtrait, tant la technique peut être 

manipulée par des intérêts particuliers. C’est la technique qui doit s’adapter aux principes moraux et non 

l’inverse…Veut-on des choix moraux imposés par des lois économiques ? On imagine, là encore, combien 

la barbarie menace si les parapets éthiques ne subsistent pas ». 

Le «A chacun selon ses moyens » remplace déjà  le «A chacun selon ses besoins », nous sommes au cœur de 

l’idéologie libérale…La pensée Hippocratique est morte avec le libéralisme. 

La logique de la T2A va donc tuer à très court terme la logique du SROS et renforcer les inégalités d’accès 

au soin. 

L’attaque systématique contre les services publics, selon Yves SALESSE : 

« Doit au dogmatisme libéral » et « Joue de trois registres habituels : 

La privatisation, 

  la libéralisation 

  et la dégradation organisée qui prépare les deux autres ». 

L’opinion contre le libéralisme : 

Malgré les difficultés programmées et les attaques  venues du pouvoir politique en place lui-même, visant 

à dénigrer les services publics, un sondage (TNS SOFRES) effectué pour la FHF le 11 mai 2006 montrait que : 

82% des Français ont une « bonne opinion » des hôpitaux publics (74% pour les cliniques) ; 

77% refusent la perspective d’une « privatisation » des hôpitaux ; 

82% jugent les moyens humains et financiers des établissements publics insuffisants. 

42% préfèrent les grands hôpitaux très bien équipés et 45% optent pour des centres de plus petite taille, 

même a équipes médicales limitées, mais proches du domicile.

                                                                                 30 

 2 /  - DES PISTES DE REFLEXION S’IMPOSENT : 

- 1 / Le territoire du soin est menacé et cela nous concerne tous 

- 2 / Mais aucune action isolée ou catégorielle ne suffirait à renverser la tendance 

- 3 / Il faut élaborer une nouvelle définition de l’offre de soin 

- 4 / Il convient de choisir entre deux définitions de la santé, dont l’une est politique 

                                                              «  Il va sans dire qu’il n’est pas de rapport de force sans engagement » 

                                                                                                                                   (Isabelle COUTANT 2006) 

                                                              «  Il n’est pas difficile de ne pas se tromper : Les barricades n’ont que 

                                                              deux côtés » 

                                                                                                                                                  ( Elsa TRIOLET) 

- 1 – OUI, LE TERRITOIRE DU SOIN EST MENACE ET CELA NOUS CONCERNE TOUS : 

L’organisation des territoires du soin n’est pas l’affaire des seuls idéologues de l’économie de la santé ; 

c’est l’affaire du corps social tout entier qui doit exiger la définition et l’application d’une politique 

conforme aux intérêts de tous, sans exclure les plus isolés et les plus précaires, dont la situation est 

révélatrice  de la valeur de nos institutions et de l’humanité de leur fondement. 

Pour Didier MENARD (1999) « C’est aux médecins de s’interroger sur le rôle que leur fait jouer aujourd’hui la 

société. Ont-ils pour mission de réparer les personnes malades pour qu’elles supportent mieux leur misère 

sociale ? Ou doivent-ils avoir l’ambition de guérir des personnes en les aidant à trouver leurs propres solutions, 

même si ces solutions, dans certains cas, réfutent le bien fondé du libéralisme économique » 

Un directeur d’ARH n’est pas un élu mais un relais du pouvoir exécutif nommé pour appliquer une 

politique, comme le sont les préfets. 

- Il doit donc «appliquer la T2A » avec toutes ses conséquences. 

- Mais il est aussi nommé à la tête du Conseil Exécutif de l’ARH qui rédige le SROS dont il ne peut ignorer 

les attentes. Le SROS proposé est soumis pour avis seulement consultatif aux instances, elles 

représentatives des collectivités locales, que sont le «Comité Régional de l’Organisation Sanitaire et 

Sociale » (CROSS) . 

- On peut craindre que cette consultation du CROSS ne devienne, dans le régime qui nous gouverne, un 

simulacre de démocratie sanitaire, tant les deux logiques qui s’affrontent (SROS et T2A) semblent 

inconciliables. 

- Si  la carte sanitaire est sacrifiée à la logique comptable il faudra la reconquérir, dans le cadre plus 

vaste d’une reconquête du service public et de l’état Social. 

Une Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité, a été fondée 

en avril 2004 à SAINT-AFFRIQUE qui fut un des établissements menacés de fermeture. L’action de ces comités 

se poursuit après la sixième rencontre nationale de SAINTE FOY LA GRANDE les 8 et 9 avril 2006, une 

septième rencontre est prévue à GISORS (Eure) en novembre 2006 ( Contact postmaster@coordination- 

nationale.org ;siège social Hôtel de Ville 12400 Sainte-Affrique,  www.coordination-nationale.org  ) 

L’accent des actions est porté sur l’importance de la sauvegarde des sites hospitaliers territoriaux de proximité, 

pour un « Réaménagement égalitaire de notre territoire national », refusant autant le plan hôpital 2007 que le 

SROS 3. Il faut tenir compte, disait Didier FASSIN (2002) de « La population, ou plus simplement des gens » et 

« Plutôt que de disqualifier un discours qu’eux-mêmes dévalorisent…s’interroger sur la pertinence des discours, 

des savoirs, des compétences qu’ils développent. Sans céder à une forme de populisme, il peut y avoir là une 

réelle dynamique…Bien des changements…dans les systèmes de soins et de protection sociale…procèdent de 

cette mobilisation de ceux dont on conçoit qu’ils ont le plus intérêt, au fond, à ce que leur santé soit mieux 

prise en charge ».

                                                                                       31 

- 2 – MAIS AUCUNE ACTION ISOLEE OU CATEGORIELLE NE POURRAIT RENVERSER LA 

TENDANCE : 

Les événements observés s’inscrivent dans une dérive idéologique libérale globale dont il convient de 

prendre la mesure pour lui opposer une résistance, elle aussi globale et la contrer par des projets 

alternatifs devant reconstituer les conditions d’un contrat social authentique . 

- Le sauvetage d’une santé publique qui réduirait les inégalités sociales de santé passe par le rejet du 

paradigme libéral dominant. 

Ce fut le cas déjà par la journée européenne de mobilisation contre la directive BOLKESTEIN et pour 

la défense des services publics le 10 juin 2006 et succédant au rejet par la France et la Hollande du 

projet de traité constitutionnel européen (TCE) le 29 mai 2005. 

La majorité de l’opinion avait perçu que « la mise en concurrence libre et non faussée » de l’ensemble 

des activités et services serait attentatoire à une construction sociale de l’Europe espérée par le plus 

grand nombre. 

- Il arrive que la prise de conscience de la « globalité d’un problème » émerge sur le terrain des 

revendications sociales, même catégorielles. 

Ce fut le cas lors des grandes grèves de 1995, 

Ce fut encore le cas en 2003 avec le slogan «  Culture, santé, éducation, emploi, même combat ! ». 

Ce fut le cas au printemps 2006 lors de la mobilisation qui a permis le retrait du Contrat Première 

Embauche (CPE) qui aurait effacé deux siècles d’acquis du Code du Travail. 

C’est un des mérites du courant altermondialiste d’avoir su, mieux que ne l’avaient fait certains 

politiques ou syndicalistes, populariser et légitimer une manière de « Agir local, mais penser global ». 

A ce stade et en matière de santé le risque serait de n’adopter que la moitié du slogan en restant sur des 

luttes défensives locales, dont la nécessité est évidente mais qui ne peuvent prétendre au succès durable 

dans le contexte de libéralisme dominant. : 

Le « Agir local », c’est celui qui fonde le succès de toutes les résistances de proximité, celui des 

« Comités de défense » des hôpitaux de proximité, des maternités, des dispensaires. Ce type d’actions 

mobilise des populations concernées venues d’horizons idéologiques divers, parfois la quasi-totalité 

d’une population, élus compris comme ce fut le cas à Decazeville ou Saint-Affrique ; les succès 

remportés se basent généralement sur une approche pragmatique en relation avec les attentes des 

populations, mais en évitant de « politiser » le débat pour ne pas faire apparaître des clivages 

idéologiques ou des contradictions lorsque, par exemple, certains élus dénoncent localement les effets 

d’un politique qu’ils approuvent nationalement. 

C’est bien le « Penser global et agir aussi global » qui est seul susceptible, en dehors de la référence à 

une situation précise qui n’a plus que valeur d’exemple illustratif, d’initier un changement des 

fondements politiques à l’origine de la situation que l’on désapprouve. Chaque conflit local doit 

devenir l’occasion et le lieu d’un « travail pédagogique » pour démontrer la nécessité et la possibilité 

d ‘un « Autre monde possible ». 

- Il s’agit clairement de « réhabiliter le politique » et d’encourager un engagement citoyen dépassant dans 

son champ d’exercice la seule problématique de la santé ; non par volonté d’instrumentalisation , mais par 

nécessité stratégique si on veut qu’aboutissent vraiment les luttes visant à la résistance contre le 

démantèlement du contrat social et à l’élaboration d’alternatives pour un « vivre ensemble » sur tout le 

territoire, ne sacrifiant aucune des solidarités fondamentales, particulièrement dans le domaine de la santé. 

- Parce que les injustices devant la maladie sont perçues comme les plus inacceptables, la bataille pour 

« les territoires du soin » est fondamentale. 

- Pour Yves SALESSE : « L’appropriation sociale de toute une partie de l’outil économique est nécessaire 

pour orienter autrement cet outil. Son champ dépasse celui des services publics » : 

. On ne peut éluder la question de la « propriété », publique ou privée des entreprises contribuant aux 

services 

  Et la « délégation de service public » ne peut être une solution si l’objectif de l’entreprise reste la 

valorisation du capital.

                                                                             32 

  L’approche sociale « Ne peut se résumer à la nationalisation, elle doit englober les modalités d’un 

véritable contrôle populaire de la gestion et des orientations des entreprises ». ; c’est la condition 

nécessaire d’une société démocratique et solidaire. 

Enfin la défense des services publics ne peut être dissociée de la promotion de leur amélioration et 

il faut refuser le dogme libéral qui, au nom de la concurrence, interdirait la subvention des 

services publics. 

Ce principe qui s’opposerait à la « redistribution à visée sociale » des revenus de l’impôt est 

inacceptable. Le service public est en réalité « Une redistribution non monétaire et collective » 

essentielle à la vie d’une démocratie et instrument de la citoyenneté, pour l’atténuation de toutes les 

inégalités, en particulier territoriales. Il est un facteur déterminant de la « transformation sociale » 

progressiste. 

Les dépenses de santé doivent être considérées, non comme un poids qu’il faut réduire, mais comme un 

investissement facteur de cohésion sociale et favorable au développement économique. 

- 3 – UNE RE-DEFINITION DE L’OFFRE DE SOINS DANS LES TERRITOIRES EST 

NECESSAIRE : Elle ne peut être ici approfondie, mais des orientations peuvent être proposées : 

- Prendre en compte les besoins des populations, c’est d’abord passer d’une logique de soin à une logique 

de santé. Ceci implique d’investir massivement dans l’éducation sanitaire et la prévention, y compris par 

une politique environnementale et un contrôle des conditions de travail. Ceci ne peut se concevoir que dans 

la proximité des territoires, mais avec un indispensable soutien d’une volonté politique nationale. La 

« décentralisation » ne doit pas être une cause de disparités territoriales. 

- L’offre de soins ne peut être fondée que sur les besoins réels des populations et non sur une approche 

dogmatique découlant d’une vision seulement économique en vue de la rentabilisation des activités. 

- Une « Carte Sanitaire » doit donc être rétablie. Aucun « désert sanitaire » ne doit être toléré ni 

discrimination de populations précarisées par leur condition socio-économique ou géographique. 

- La notion de Schéma Régional d’Organisation Sanitaire peut être conservée sous condition qu’elle 

autorise un véritable contrôle démocratique, ce qui suppose la fin des prérogatives  des ARH et leur 

transfert auprès des instances élues des territoires concernés. 

- Mais le Schéma Régional d’Organisation Sanitaire ne peut concerner le seul domaine des 

établissements de santé ; 

Il doit promouvoir en priorité un accès aux soins primaires, le développement de l’éducation sanitaire 

et la prévention. La prévention elle-même doit être pensée en terme de réduction des inégalités sociales 

et territoriales, et non seulement en terme d’accès au soin. 

Il doit  promouvoir un large développement des réseaux à orientation médico-psycho-sociale dans 

lesquels la pluridisciplinarité doit se substituer au pouvoir médical  actuellement hospitalo-centré ou 

otage d’une médecine libérale plus soucieuse d’activité lucrative que de promotion de la santé. Les 

« Centres de Santé » en proximité des populations doivent être développés. 

Les programmes locaux de santé de formes diverses doivent pouvoir s’intégrer dans les SROS et y 

trouver la garantie de leur financement. Des « Chambres de santé » doivent être créées pour permettre 

aux professionnels de santé, isolés ou en réseaux, de contribuer à l’estimation des besoins ressentis et , 

travaillant avec les services de santé publique, élaborer ensemble  les orientations et activités qui 

devront être soutenues ou développées dans chaque territoire. 

Certains réseaux thématiques autour de pathologies particulières gardent leur raison d’être mais ne 

peuvent représenter la seule modalité d’organisation ni justifier un hospitalocentrisme dans tous les cas.

                                                                          33 

- L’hôpital public dont les moyens et équipements doivent être renforcés ne doit rester le pivot que des soins 

requérant une haute technicité, mais sans renoncer à aucune de ses missions sociales ; pour garantir en 

particulier que l’accès aux soins ne soit jamais conditionné par des conditions socio-économiques des 

malades. Nul ne doit être contraint à avoir recours au secteur ou sont exigés des dépassements d’honoraires. 

Les « petits hôpitaux » dont le maintien dans les territoires doit être garanti doivent si nécessaire être 

mis aux normes de sécurité et renforcés dans leurs effectifs, comme des composants essentiels de 

l’aménagement des territoires pour des raisons qui débordent les seules raisons sanitaires, en particulier 

pour maintenir l’implantation des populations et des activités dans ces zones que la désertification des 

services publics fragilise irrémédiablement. 

Le « Plan hôpital 2007 » dans son orientation actuelle doit être immédiatement interrompu, ainsi 

que la tarification à l’activité ; le secteur privé hospitalier doit également être supprimé. 

Le retour  à un « budget global » peut être défendu sous condition d’une évaluation objective des 

besoins en acceptant qu’ils soient susceptibles de croître, avec une évaluation de la qualité des 

pratiques ; sous contrôle d’un observatoire régional de santé dans lequel les représentants des usagers 

auront leur place. 

- La crise « démographique médicale » qui sert d’alibi a une part importante des restructurations et 

fermetures d’établissements jugées inévitables ne sera résolue que par une triple mesure : 

Un déblocage très significatif du « numerus clausus » d’une part 

Une formation médicale initiale et continue qui doit préparer chaque professionnel à son intégration 

dans l’organisation sanitaire du territoire et à sa responsabilité sociale. 

Et d’autre part l’abrogation de la « liberté d’installation » pour qu’au terme d’études financées par 

l’Etat, les professionnels de santé soient répartis en fonction d’un choix sur les seuls postes définis 

comme correspondant aux besoins de santé publique. 

- Un « engagement de service public » doit concerner tous les professionnels. L’actuelle « liberté » laissée à 

la profession a pour corollaire l’impossibilité de garantir une couverture du territoire et une permanence des 

soins qui ne peut plus être tolérée. 

- L’intérêt général doit s’imposer devant les résistances corporatistes. 

- La concurrence actuelle entre les secteurs publics et lucratifs doit s’éteindre par la suppression du 

« paiement à l’acte » et la détermination du juste revenu des professionnels de santé. Ceci ne sera accessible 

que dans le cadre de rapports sociaux radicalement transformés écartant le dogmatisme libéral. 

Une large réflexion doit s’ouvrir pour l’intégration rapidement progressive des cliniques dans un 

système hospitalier public non lucratif.  Ce système serait incompatible avec une entrée en bourse et 

un détournement de profits au bénéfice d’actionnaires . 

Un seul secteur conventionnel devrait persister avec abrogation du secteur 2 et de toute forme de 

dépassement d’honoraires, l’objectif  à atteindre est celui de la gratuité. 

Toute forme de financement public, direct ou indirect, aux établissements lucratifs doit être 

interrompue ou négociée en contre partie de la réintégration dans un statut public exclusif, des 

établissements et des personnels, afin de ménager le maillage sanitaire performant existant. 

- Le statut des personnels de soins doit garantir leur indépendance actuellement bafouée, en 

contradiction avec le Code de Santé Publique : « Le médecin ne peut aliéner son indépendance 

professionnelle sous quelque forme que ce soit » (Art R4 127-5). 

Déjà actuellement le Conseil d’Etat a confirmé que lorsqu’une « convention » ne comportait pas de 

clause garantissant l’indépendance professionnelle, cela constituait une cause de nullité déontologique 

du contrat. Nous sommes très loin pourtant de cette prise en compte dans le statut nouveau des 

praticiens hospitaliers ! 

Un autre  article du Code de Santé Publique prévoit « Le médecin ne peut accepter que dans la 

convention qui le lie à l’établissement de santé…figure une clause qui, en faisant dépendre sa 

rémunération ou la durée de son engagement de critères liés à la rentabilité de l’établissement, aurait 

pour conséquence  de  porter  atteinte  à l’indépendance  de ses décisions ou à la qualité de ses soins » 

( Art R4 127-92) .

                                                                                     34 

- Ces éléments suffisent pour demander l’abrogation immédiate du « Plan Hôpital 2007 » et des décrets 

successifs organisant la gouvernance des établissements autour de l’assujettissement des personnels à 

une contractualisation contraire à la Loi ! 

- La promotion du rôle des acteurs doit être réintroduite à l’hôpital, basée sur la confiance et la motivation, 

avec abrogation d’une gouvernance autoritaire contre-productive et contraire à la culture et à l’éthique 

des soignants. 

- La déontologie médicale doit être réécrite, non par les seuls médecins mais aussi par les représentants des 

usagers et des pouvoirs publics. 

L’actuel Code de Déontologie prévoit bien déjà que « La médecine ne peut s’exercer comme un 

commerce » mais cette affirmation relève d’un constat humoristique au vu de l’absence de contrôle par 

un Ordre assujetti à l’idéologie libérale dominante. 

Le 20 juin 2006 le président Jacques ROLAND de l’Ordre National des médecins « s’inquiétait » bien 

auprès du ministre Xavier BERTRAND du processus de nomination des praticiens hospitaliers et de la 

« part variable de leur rémunération » indexée sur leur « productivité », mais sans condamnation 

formelle ni risque d’épreuve de force ; dans la même période l’Ordre était muet sur les prétentions 

exorbitantes des médecins libéraux à la dérégulation des honoraires. 

Rien ne permet d’espérer une régulation des comportements des professionnels par les professionnels 

eux-mêmes et l’Ordre des professions médicales doit être dissous sans délai. Les professionnels ne 

doivent répondre de leurs pratiques que devant des instances publiques et non des instances 

corporatistes issues d’un autre âge. (Voir contribution  nos 17 de l’auteur) 

- L’économie de la santé doit s’affranchir des contraintes de l’AGCS : Les missions de service public et 

en particulier de santé et protection sociale doivent échapper totalement au secteur marchand lucratif et 

spéculatif. 

- Le financement de ces activités doit être au centre d’une redéfinition de la fiscalité au niveau national 

comme au niveau européen pour garantir partout un haut niveau de protection et un service visant à atténuer 

puis faire disparaître les inégalités territoriales. 

- 4 –IL EXISTE DEUX CONCEPTIONS DE LA SANTE QUI PEUVENT SERVIR DE GUIDE ET DE 

CONCLUSION A CES REFLEXIONS : 

- La première, négative, correspond à « L’absence de maladie » ; elle incite à attendre le déclenchement 

d’une pathologie, parfois a en encourager le dépistage, pour lui opposer une médecine qui ne se veut que 

curative et représente un marché par nature lucratif, car basé sur la consommation de médicaments et 

prestations diverses. Dans cette approche il devient logique de « faire confiance » aux professionnels de 

santé et aux organisateurs présumés compétents et vertueux du système de soins. 

- C’est cette attitude qui nous a mené à la T2A et à l’hôpital-entreprise dévoyé par un SROS soumis 

aux lois du marché. 

- La seconde est positive, elle est plus proche de la définition de l’Organisation Mondiale de la Santé : 

« Bien être physique, mental et social ». Cette deuxième conception plus ambitieuse , voire utopique, ne 

refuse pas le soin mais ne prévoit son intervention qu’en cas de pathologie qui n’a pu être évitée ; la clef de 

la santé résidant en amont. 

- Toute l’attention doit donc légitimement être portée sur les déterminants du « mal être », physique, 

mental ou social. 

- Le meilleur système est donc celui qui évite les pathologies et assèche le marché du soin. 

- Il va de soi que dans cette approche, la santé n’est pas l’affaire des seuls médecins, mais de tous ceux qui 

portent une responsabilité dans le maintien de ce « bien être » ou dans sa dégradation. 

- La question de la santé devient dés lors une « question politique » centrale dans la société, appelant 

des propositions et mesures relevant des choix démocratiques . 

- La question de la santé doit  échapper à une  appropriation par les professionnels eux mêmes. 

- Elle doit aussi échapper à une appropriation par les acteurs « du marché ». L’idée même du 

partenariat public-privé, dans cette conception sonne comme un contresens.

                                                                                   35 

- C’est bien la dépolitisation des professionnels eux-mêmes et la dépossession des citoyens qui rend 

possible la prédominance du premier modèle. La faiblesse des résistances est une conséquence de la 

faiblesse des analyses, qui culmine même dans l’absence de  projet de société sérieux, concernant les 

problèmes sanitaires,  dans les programmes de partis politiques prétendants pourtant à l’alternance… 

- L’épisode du rejet du projet de traité constitutionnel européen nous a montré que la maturité d’un peuple 

pouvait dépasser celle de ses élus et que la résignation n’était pas de mise. 

- C’est le corps social tout entier qui doit se réapproprier un pouvoir d’élaboration, de décision et de 

contrôle conforme aux intérêts du plus grand nombre, en particulier pour le maintien des moyens de 

l’équité sur l’ensemble du territoire. L’objectif est une réduction des inégalités sociales de santé 

encore persistantes, mais aussi la promotion de la santé par l’amélioration des conditions 

d’environnement, de vie et de travail. 

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Revue Médicale de l’Assurance Maladie vol 33 nos 1 janvier-mars 2002 (37 ref) 

50. LAGUILLAUME Claude – Les habitants au cœur du réseau – Panorama du médecin, 10 avril 2006 

51. LANCRY PJ, SANDIER S – Rationing health care in France – Health Policy 1999- 50 p 23-28 

52. LANDRIEU Pierre – Cinq raisons contre la T2A – Quotidien du Médecin, 6 avril 2006 

53. LEFEBVRE Madeleine, PAGES Martine – Educateurs et soignants, le risque d’un désengagement – Empan 

nos 61 mars 2006 

54. LE GOFF Jean Pierre – Le mythe de l’entreprise, critique de l’idéologie managériale – Ed La découverte 

1996 

55. LE GOFF Jean Pierre – La barbarie douce , Ed La découverte 1999 

56. LORTAT-JACOB A – Les réformes à l’hôpital – Le serment d’Hippocrate nos 29 mai 2005 

57. MACE Jean Marc, KERVASDOUE Jean de – Des secteurs sanitaires aux territoires de santé – Quotidien du 

médecin, 5 avril 2006 

58. MAGOCA Jean Louis – Que faut-il faire du management ? – Empan nos 61 mars 2006 

59. MALINGRE Virginie – La complémentaire de luxe d’AGF suspendue- Le Monde 16 avril 2006 

60. MANTOVANI Jean – Politiques « globales » de la vieillesse et décentralisation – Empan nos 52 décembre 

2003 

61. MARIOTTI Jean Alain – Quels nouveaux besoins, quelle nouvelle organisation pour les services publics ? – 

Gazette de l’hôpital nos 61, avril 2006 

62. MATHO Yves, JANVIER Roland – Figures du directeur et enjeux de la fonction- Empan nos 61 mars 2006 

63. MENARD Didier – Libéralisme, une nouvelle pathologie ? – Pratiques nos 8, décembre1999 

64. MENARD Didier – Pourquoi les réseaux dérangent – Pratiques nos 8, décembre 1999

                                                                                 37 

65. MENARD Didier – Les réseaux de santé et la CNAM, une relation conflictuelle- Pratiques nos 17, avril 

2002 

66. MENARD Didier – Ces institutions qui sabotent les réseaux –Pratiques nos 22, juillet 2003 

67. MOLINIE Eric – Repenser l’hôpital public – La tribune 12 octobre 2005 

68. MULLER Patrice – Le local, tenant et aboutissant de la réforme de l’assurance maladie – Pratiques nos 17, 

avril 2002 

69. NATHAN Tobie, STENGERS Isabelle – Médecins et sorciers – Ed Les empêcheurs de penser en rond, 

Paris 1999 

70. OBENDORF Henri – La réforme des services de l’Etat sur le territoire ou l’Etat territorial – in Regards sur 

l’Actualité, la documentation française, nos 313 août-septembre 2005 

71. OURY Jean – Logique managériale ? – Empan nos 61 mars 2006 

72. PIGANEAU Karine – La CNAM débusque ses premières fraudes à la T2A – Quotidien du médecin, 21 juin 

2006 

73. PIGNARRE Philippe – Comment sauver vraiment la sécurité sociale – Ed La Découverte, 2004 

74. POLONY Natacha – Six remèdes de cheval pour sauver l’hôpital – Marianne 17 juin 2006 

75. RANCIERE Jacques – La haine de la démocratie – Ed La fabrique 2005 

76. RICHAUD Jacques – Formation des soignants : Au péril du libéralisme – Pratiques nos 9, avril 2000 

77. RICHAUD Jacques – Tel est médecin, tel est patient…télé-émotion – Pratiques nos 16, janvier 2002 

78. RICHAUD Jacques – Libéralisme et Santé, les trois offensives- Contribution nos 10, février 2000 

79. RICHAUD Jacques – Libéralisme-Santé-Protection Sociale : Un enjeu exemplaire. Alerte , la réforme est en 

marche – Contribution nos 13, février 2004 et Parcours, Cahiers du GREP nos 29-30 2003-2004 

80. RICHAUD Jacques – Santé-Protection Sociale. Contre réforme libérale : Les mots de l’imposture. Péril 

libéral-péril global- Contribution nos 14, mars 2004 

81. RICHAUD Jacques – 1994-2004- Une alternative globale à bâtir sans oublier les leçons du passé- 

Contribution nos 15, mars-avril 2004 

82. RICHAUD Jacques – Société cancérigène : Fatalité ou enjeu politique ?- Contribution nos 16, décembre 

2004 et Pratiques nos 25 avril 2004,26 juillet 2004 et 28 janvier 2005 et La Revue de Santé Publique et de 

Protection Sociale, pcf ,Nos 6 mars 2005 

83. RICHAUD Jacques – Déontologie et citoyenneté : Pour une résistance et une alternative – Contribution nos 

17, juin 2005 et in Parcours , Cahiers du GREP nos 23-24, 2000-2001 

84. RICHAUD Jacques- Réforme de l’hôpital public, la fuite en avant idéologique- Contribution nos 18, 

septembre 2005 

85. RICHAUD Jacques – Docteur SROS et Mister T2A, le territoire assassiné – Pratiques nos 35, octobre 2006 

86. SALESSE Yves – Etendre et démocratiser les services publics – in Les notes de la fondation Copernic : 

Pour sortir du libéralisme 2006 Ed Syllepse p 77-86 

87. SERRE Marina – De l’économie médicale à l’économie de la santé- Genèse d’une discipline scientifique et 

transformation de l’action publique- Actes de la Recherche en Sciences Sociales nos 143 juin 2002 

88. TANTI-HARDOUIN Nicolas – La recomposition de l’offre hospitalière – Cahiers français nos 324, la 

documentation Française, janvier-février 2005, p 60-65 

89. SILBER Denise – Hôpital, le modèle invisible – Note Ed Institut Montaigne, juin 2005 

90. VOLLAIRE Christiane – L’espace public entre libéralisme et totalitarisme – Pratiques nos 22, juillet 2003 

91. VOLLAIRE Christiane – Rationalité économique et réalité sociale – Pratique nos 23, septembre 2003 

92. WORMS Jean Pierre – Le management sauvera-t-il le service public ? – Empan nos 61 mars 2006 

Textes législatifs : 

1. Ordonnance no 2003-850 du 4 septembre 2003 « Portant simplification de l’organisation et du 

fonctionnement du système de santé ainsi que des procédures de création d’établissements ou services 

sociaux ou médico-sociaux ». 

2. Circulaire DHOS/O no 2004-101 du 5 mars 2004 relative à « L’élaboration du SROS de troisième 

génération ». 

3. Arrêté du 27 avril 2004 fixant la liste des matières devant figurer dans les SROS. 

4. Loi  no 2002-2003 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé 

5. Loi  no 2004-806 du 9 août  2004 relative à la politique de santé publique. 

6. Loi  no 2004-810 du 13 août 2004 relative à l’assurance maladie. 

7. Décret  no  2005-76 du 31 janvier 2005 relatif aux objectifs quantifiés de l’offre de soins. 

8. Décret  no  2005-434 du 6 mai 2005 relatif à l’organisation et à l’équipement sanitaires.

                                                                                38 

9. Circulaire DHOS/O  no  2005-254  du 27 mai 2005 relative « A l’élaboration des objectifs quantifiés de 

l’offre de soins » 

Dans les revues : 

- Esprit , novembre 2003, nouvelles inégalités et protection sociale 

- Manière de voir- Le Monde Diplomatique nos 33 février/mars 2004 : Apartheid Médical. 

- Actes de la recherche en sciences sociales – Politique des espaces urbains, penser, classer, administrer la 

pauvreté – Nos 159 , septembre 2005 

- Cahiers Français, la Santé – nos 324 , la documentation française janvier-février 2005 

- La documentation Française nos 885- février 2003, Droits des malades, vers une démocratie sanitaire ? 

- La documentation Française nos 895 – décembre 2003 – Décentralisation et expérimentations locales 

- La documentation Française- Regards sur l’actualité- nos 313 aout-septembre 2005 – La réforme de l’Etat 

territorial 

- La documentation Française nos 913- juin 2005, La gouvernance de la Sécurité sociale 

- Empan, Espaces du Social et du Soin, lieu/non-lieux , nos 54 juin 2004 

- Empan, Management et idéologie managériale, nos 61 mars 2006 

- Pratiques, L’hôpital, nos 39 1er trimestre 1995 

- Pratiques- Les cahiers de la médecine utopique : Nos 8 La santé n’est pas à vendre, décembre 1999/ Nos 

9,L’hôpital en crise, entre contrôle technocratique, pouvoir médical et logique marchande, avril 2000/ Nos 

13, La médecine et l’argent, avril-mai 2001/ Nos 17 Des remèdes pour la sécu, avril 2002/ Nos 22 La santé 

un enjeu public, juillet 2003/ Nos 23 Ils vont tuer la sécu, septembre 2003/ Nos 27 Faire autrement pour 

soigner, du soin vers la santé, des alternatives maintenant, octobre 2004/ Nos 28 Les pouvoirs en médecine, 

collusions et contre-pouvoirs, janvier 2005/ Nos 29 Guide pratique contre les méfaits de la réforme de 

l’assurance maladie, avril 2005/ Nos 35 Espaces, mouvements et territoires du soin, octobre 2006 

- Les notes de la Fondation Copernic – L’appropriation sociale- Ed Syllepse 2002 

- Les notes de la Fondation Copernic – Assurance-Maladie : la privatisation programmée, résister et 

reconstruire un système de santé efficace et solidaire – Ed Syllepse 2005 

- Les notes de la Fondation Copernic – Pour sortir du libéralisme – Ed Syllepse 2006 

- Site de référence : http://www.sante.gouv.fr (Politiques de santé) ; http://www.parhtage.sante.fr (Etudes 

thématiques) ; http://www.assemblee-nationale.fr (Rapports divers) 

- Observatoire des inégalités- Editeur d’une lettre périodique d’information : www.inegalites.fr 

Rapports : 

1. ANAES – Les coûts de la qualité et de la non-qualité des soins dans les établissements de santé : Etat des 

lieux et propositions. – ANAES juillet 2004 

2. AUDRIC Sophie, BUISSON Guillemette, HAURY Brigitte – La spécialisation des établissements de santé 

en 2003 – Direction de la Recherche des Etudes de l’Evolution et des Statistiques (DREES) nos 374 février 

2005 

3. BRUCKER G, CANIARD E – Rapport des Etats Généraux de la Santé septembre 1998-avril 1999, comité 

National d’orientation, Paris 1999 

4. CANIARD Etienne – La place des usagers dans le système de santé- Rapport du secrétaire du comité 

d’orientation nationale des Etats Généraux de la Santé, secrétariat d’Etat à la santé, 2000 

5. Colloque : Premières rencontres des villes pour la santé publique – Ministère de la santé, Paris 23 novembre 

2005 

6. COHUE Sylvie, LEQUET-SLAMA Diane et VOLOVITCH Pierre – Réformes des systèmes de santé 

allemand, néerlandais et suisse et introduction de la concurrence- Direction de la Recherche des Etudes de 

l’Evaluation et des Statistiques (DREES) nos 455 novembre 2005 

7. CORNILLEAU Gérard – Rapport de l’observatoire français des conjonctures économiques pour 

l’Assemblée Nationale, 2004 

8. COUANAU René – L’organisation interne de l’hôpital – Rapport d’information à l’Assemblée Nationale, 

nos 358 mars 2003 

9. DEBROSSE Denis, PERRIN Antoine, VALLANCIEN Guy – Mission sur la modernisation des statuts de 

l’hôpital public et de sa gestion sociale – Rapport Ministère de la santé, de la famille et des personnes 

handicapées, 2003 

10. DRESS, Etudes et résultats -  Etat de santé et recours aux soins des bénéficiaires de la CMU - nos 294 , mars 

2004

                                                                              39 

11. DRESS, Etudes et résultats – Les bénéficiaires de la CMU au 30 décembre 2003 – nos 381 , mars 2005 

12. JEGOU Jean Jacques – Rapport sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2006 – 

Rapport Sénat nos 71, 9 novembre 2005 

13. MOLINIE Eric – L’hôpital public en France : Bilan et perspectives – Avis et rapport du Conseil 

Economique et Social, 2005 

14. La Tarification à l’activité- Modèle d’allocation des ressources et modalités de mise en œuvre- Hôpital 

2007-Mission T2A- Ministère de la santé de la famille et des personnes handicapées, octobre 2003 (52 

pages) 

15. Fédération Hospitalière de France – Analyse des reports de charges 2003 dans les hôpitaux – Rapport 2004 

16. Haut Conseil pour l’Avenir de l’Assurance Maladie – Analyse des coûts à l’hôpital – Rapport mai 2004 

17. Hôpital 2007 – Conséquences régionales de la nouvelle tarification sur les organisations et les pratiques 

médicales – ICARE Formation (Interactive Concrète et Adaptée aux Réalités Economiques), Toulouse 20 

octobre 2004 

18. LAIGUILLON  - AGCS , Maintenant ou jamais plus ! ! juillet 2006  www.e-torpedo.net 

19. TASCA Catherine – Pour les services publics en Europe- Une directive cadre sur les services d’intérêt 

général – Rapport du Sénat nos 257, 17 mars 2005 

20. VALLANCIEN Guy – L’évaluation de la sécurité, de la qualité et de la continuité des soins chirurgicaux 

dans les petits hôpitaux publics en France – Rapport à l’attention de Monsieur Xavier Bertrand, ministre de 

la santé et des solidarités- Paris 3 avril 2006 

21. Hôpitaux publics et cliniques privées- Une convergence tarifaire faussée- FHF, novembre 2005 (29 pages) 

22. VASSELLE Alain – Réforme de l’assurance maladie, les nouveaux outils de la régulation – Rapport Sénat 

nos 11 2005/2006

                                                                           40 

SOMMAIRE : 

PREAMBULE : Malaise dans les territoires du soin ; les deux logiques de la T2A et du SROS sont-elles 

compatibles ?                                                                                                                                                          1 

RESUME 

CHAPITRE I   :  LA CONSTRUCTION DES TERRITOIRES DU SOIN                                                            3 

- 1/ - La vision historique longue 

- 2/ - La rupture conceptuelle libérale                                                                                                                  5 

Aspects historiques 

Conséquences politiques et philosophiques                                                                                                6 

- 3/ - L’histoire singulière des réseaux                                                                                                                 7 

CHAPITRE II :   LE NOUVEAU PARADIGME LIBERAL                                                                                  9 

- 1/ - Une rupture dans le contexte de la mondialisation 

- 2/ -  Les outils mis en place, l’ hôpital entreprise                                                                                            10 

- 3/ -  Les autres analyses possibles                                                                                                                    11 

1 – En santé publique 

2 -  En sociologie                                                                                                                                      12 

3 -  Un enjeu démocratique 

- 4/ - Le territoire local n’est plus une priorité                                                                                                   13 

CHAPITRE III : La mise en œuvre a été progressive                                                                                             14 

- 1/ - Les SROS un et deux 

- 2/ - Le SROS de troisième génération 

- 3/ - Une évolution qui a demandé de profonds changements culturels                                                            15 

1 – L’idéologie managériale 

2 – Le formatage de la pensée des acteurs                                                                                                16 

3 -  Un formatage juridique singulier 

4 – Une autonomie des professionnels reniée 

- 4/ - Une contre réforme appuyée sur une succession de réformes législatives                                                17 

- 5/ - La dimension européenne du débat est primordiale                                                                                  19 

CHAPITRE IV : L’ ERE DE LA T2A EST ARRIVEE                                                                                         22 

- 1/ - Une ambition 

- 2/ - Des principes 

- 3/ - Des inquiétudes                                                                                                                                          24 

- 4/ - Une menace particulière sur les MIGAC                                                                                                   25 

- 5/ - La fuite en avant idéologique se poursuit                                                                                                  26 

CONCLUSIONS ET PERSPECTIVES                                                                                                                  28 

- 1/ - Le constat est sévère 

- 2/ - Des pistes de réflexion s’imposent                                                                                                            30 

1- Oui, le territoire du soin est menacé 

2- Aucune action isolée ou catégorielle ne peut renverser la tendance                                                    31 

3- Une redéfinition de l’offre de soins dans les territoires impose des changements multiples               32 

4- Il existe bien deux conceptions de la santé, dont l’une est politique                                                    34 

BIBLIOGRAPHIE                                                                                                                                                  35 

- Articles 

- Textes législatifs 

- Dans les revues 

- Rapports 

SOMMAIRE                                                                                                                                                           40


Date de création : 07/04/2009 @ 03:32
Dernière modification : 07/04/2009 @ 05:12
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