Comment récompenser des responsables pour faire passer une loi !
(mhp) Dépêche APM : Légion d'honneur: Roselyne Bachelot décore Gérard
Vincent et Francis Fellinger au cours d'une cérémonie commune
Légion d'honneur: Roselyne Bachelot décore Gérard Vincent et Francis Fellinger au cours d'une cérémonie commune
PARIS, 30 avril 2009 (APM) - Roselyne Bachelot a décoré Gérard Vincent, délégué général de la Fédération hospitalière de France (FHF), et Francis
Fellinger, président de la Conférence des présidents de CME de centre hospitalier et responsable de l'unité de stimulation cardiaque de l'hôpital d'Haguenau (Bas-Rhin), des insignes de la légion d'honneur lors d'une cérémonie commune qui s'est déroulée mercredi soir au ministère de la santé.
Gérard Vincent a été fait officier de la légion d'honneur et Francis Fellinger chevalier.
Intervenant devant d'un parterre de responsables du monde hospitalier et de personnalités comme le président actuel de la FHF, Claude Evin, et de l'ancien président, Gérard Larcher, aujourd'hui président du Sénat, d'anciens ministres, de plusieurs membres du cabinet de Roselyne Bachelot, de responsables actuels ou anciens de l'administration centrale, dont Annie Podeur, directrice de la Dhos, et de ses prédécesseurs, Edouard Couty et Jean Castex, Roselyne Bachelot a salué la volonté des deux hommes d'avoir une cérémonie commune et estimé qu'elle montrait "la bonne entente entre les professionnels de la communauté hospitalière".
Cette cérémonie commune est effectivement le symbole de la "cohésion" qui doit exister entre les médecins et les gestionnaires des hôpitaux, a confirmé par la suite Gérard Vincent à l'APM. "L'alliance médico-administrative est indispensable pour bien gérer", a-t-il déclaré.
"L'avenir passe forcément par un travail commun", a indiqué à l'APM Francis Fellinger.
Ces déclarations interviennent alors que le débat reste vif entre le gouvernement et des médecins mais aussi entre les hospitaliers eux-mêmes sur les rôles respectifs du directeur d'hôpital et du président de CME dans la gouvernance des établissements, en particulier dans les nominations des chefs de pôle ou des membres médicaux du directoire, note-t-on.
Ce débat qui se déroule dans le cadre du projet de loi portant réforme de l'hôpital et relatif aux patients, à la santé et aux territoires (HPST), s'était d'ailleurs illustré quelques heures avant la cérémonie, lors d'un conseil d'administration de la Fédération hospitalière de France (FHF).
Au cours de ce conseil, cinq médecins présents ont refusé d'approuver une délibération sur la gouvernance. Cette délibération a été tout de même adoptée par 16 voix pour, a-t-on appris auprès de la FHF.
FAIRE PREVALOIR L'INTERET GENERAL
Lors de son discours prononcé à l'occasion de la cérémonie de remise de ses insignes d'officier, Gérard Vincent qui a dirigé l'Hôtel-Dieu à Paris puis été à la tête de la direction des hôpitaux au ministère de la santé, a insisté sur le fait que l'hôpital était une "entreprise de service public et non une administration" mais aussi une "machine complexe" qui a "besoin d'un pilote".
"Saluant" les directeurs d'hôpitaux qui font "un métier difficile", il a estimé que ce métier consistait à "servir" et à "prendre des décisions, à assumer ses responsabilités et à faire prévaloir l'intérêt général et non les intérêts particuliers".
Gérard Vincent a par ailleurs estimé qu'il était "temps" de s'engager dans "l'évaluation de la pertinence des actes d'intervention".
Francis Fellinger a estimé pour sa part que la décoration que lui remettait la ministre de la santé honorait l'ensemble des présidents de CME et du monde hospitalier public.
Après avoir rappelé qu'il avait succédé à Antoine Perrin en 2003 à la présidence de la Conférence des présidents de CME de CH, il a indiqué que
son instance avait "toujours essayé d'être un lieu de débat et de construction".
Pour Francis Fellinger, qui est également membre du Haut conseil pour l'avenir de l'assurance maladie, l'hôpital public doit s'orienter vers "la recherche d'efficience" ainsi que vers "la réflexion territoriale et la réflexion stratégique". Il a d'ailleurs considéré que les déficits enregistrés par une partie des établissements étaient sans doute liés à des carences dans ces domaines.
Francis Fellinger a aussi appelé à une "homogénéisation de la qualité des soins".
Roselyne Bachelot a salué en Francis Fellinger "l'homme de science et de dialogue" et un interlocuteur toujours "respectueux" malgré les "différences d'interprétation" qui existent parfois.
Elle a souligné la carrière "hors du commun" menée par Gérard Vincent et son engagement pour la défense et la promotion de l'hôpital public.